lundi 28 décembre 2015

Que penser des "prévisions improbables" de Saxo Bank pour 2016 ? (2/2)

La météorite Trump pulvérise le paysage politique américain
Cliquez ici pour lire la première partie

5. Hillary Clinton devient la présidente des États-Unis, et les Démocrates reprennent le Congrès  Très probable

L'événement est cette fois politique, mais il pourrait avoir des conséquences particulièrement importantes. Depuis 2008 et John McCain, les Républicains n'ont présenté que des candidats repoussoirs, très populaires dans une certaine frange de l'Amérique, mais handicapés par leur profil peu consensuel. 2016 ne devrait pas faire exception: le trublion Trump séduit particulièrement l'électorat le plus à droite, celui du Midwest conservateur américain. Ses électeurs se retrouvent dans ses déclarations racistes, ou insultantes (comme interdire l'entrée des Etats-Unis à tout individu musulman), qui assouvissent des pulsions xénophobes primaires; cependant, s'il est en passe de remporter la primaire républicaine, il est conspué par l'électorat démocrate, et risque d'effrayer la masse des "sans-parti", ceux qui oscillent et font basculer l'élection.

samedi 26 décembre 2015

Faut-il rendre le vote obligatoire ?



“Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique”. Cette célèbre expression semble aujourd’hui avoir perdu de sa substance. L'abstentionnisme est le premier parti de France lors de la plupart des élections. Pis encore, il ne cesse de gagner du terrain. Les Français se désintéresseraient-ils de la politique ? C’est une évidence.

vendredi 25 décembre 2015

FN, pourquoi tant de haine?


À la question "40% des Français voteraient-ils pour une arnaque?", le Premier ministre a répondu "Oui, oui, il faut leur dire", avant d'ajouter : "Les Français qui font ce choix, bien sûr, je les respecte, parce que quand il y a un vote de colère, il faut l'entendre, mais il votent pour un parti antisémite, raciste, qui n'aime pas la République... et qui en plus trompe les Français ». Manuel Valls ne se risque pas à penser par lui-même, comme un grand nombre de Français, il s’arrête à la théorie apolitique que lui dicte la bien-pensance. Comment raisonner, débattre et se défendre dans une démocratie où la haine pour un parti se transmet, inconsciemment peut-être, mais sans véritable raison? La France ignore 6,82 millions des Français. Les politiques stigmatisent constamment les membres du Front National et caricaturent leurs idées. Les médias se moquent sans arrêt de l’extrême droite et conditionnent nous conditionnent à penser correctement. Pourquoi tant de haine?

jeudi 24 décembre 2015

Que penser des "prévisions improbables" de Saxo Bank pour 2016 ? (1/2)

L'année écoulée, Saxo Bank a estimé probable le risque de "Brexit" en 2017
Chaque année, à l'approche des fêtes, le service économique de la banque d'investissement Saxo Bank livre son rapport intitulé à juste titre Outrageous Predictions. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une liste de dix événements chocs, mais tout à fait possibles, voire probables, qui pourraient bousculer l'économie mondiale. Ce sont, en quelque sorte, des prévisions improbables (folkloriques) d'événements probables. Pourtant vulgarisateur, ce rapport est très mal connu du grand public.

mercredi 23 décembre 2015

Seul contre tous, Daech peut-il gagner?

Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de Daech
« Nous éradiquerons le terrorisme ». C’est ce qu’a promis François Hollande le 16 novembre dernier, après les attentats de Paris. François Fillon avait beau le prévenir dans son dernier succès : Faire, notre président, ainsi que ses homologues, retombent dans l’erreur traditionnelle de parler au lieu d’agir. L’Etat Islamique ne ressemble à aucun de nos anciens ennemis et aucune de nos stratégies ne paraît fonctionner. Bombardé militairement, asphyxié économiquement, il semble pourtant continuer à avancer et à s’étendre. Analyse d’une puissance inédite et mystérieuse qu’il ne faut pas sous-estimer.


Un atout précieux : l’inconscience.

L’Etat Islamique est né le 13 octobre 2006 lors du Conseil consultatif des moudjahidines en Irak. Il est donc encore jeune et peut paraître inexpérimenté face à de vieilles nations comme la France et le Royaume-Uni. Paradoxalement, ce manque d’expérience lui réussit. L’inconscient qui lutte contre le raisonnable aura toujours beaucoup de chances de gagner. Pourquoi? D’abord parce que pour Daech, la fin justifie les moyens. Ses méthodes de guerre nous dépassent et l’héroïsme funeste de ses combattants contraste avec notre goût pour la vie. Grâce à son inconscience, l’Etat Islamique est capable de tuer 130 personnes sans scrupules, puisque ce n’est qu’un moyen pour atteindre son objectif final : étendre l’Oumma à toutes les régions visées. Vif, efficace et rapide, Daech est constamment en avance sur les lentes puissances réfléchies que nous sommes. La mentalité et l’idéologie de cette organisation sont en décalage complet avec la sensibilité des Occidentaux. L’Etat Islamique l’a rapidement compris : il se sert des failles de ses ennemis pour asseoir sa puissance.

mardi 22 décembre 2015

La nouvelle bipolarisation française

Après les élections départementales, et encore plus avec les régionales, les observateurs du paysage politique français ont insisté sur la fin du bipartisme : désormais nous sommes entrés dans l’ère du “tripartisme”.

La formule fait écho pour beaucoup de Français à l’après-guerre, où communistes du PCF, socialistes de la SFIO et démocrates-chrétiens du MRP gouvernèrent ensemble jusqu’en 1947 et l’exclusion des communistes.
Aujourd’hui, l’usage du terme tripartisme désigne une toute autre réalité ; les trois partis majoritaires que sont le Front national, le Parti socialiste et les Républicains ne semblent nullement disposés à gouverner ensemble. Chaque parti s’oppose aux deux autres. Quoique.

Malgré le refus de Nicolas Sarkozy de fusionner les listes LR et PS dans l’entre-deux-tours, cette option n’avait pas été écartée par Manuel Valls. Mais face à la position de LR, le PS s’est piteusement retiré en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en PACA. En fait, c’est ce retrait qui met véritablement à mal la thèse du tripartisme : le PS est prêt à agir en faveur de LR pour faire barrage au FN.


Cette attitude très critiquable a le mérite d’appuyer une thèse que je partage : loin d’être entrée dans une ère de tripartisme, la politique est de nouveau bipolarisée. Seulement, les pôles ont changé. Désormais, le clivage est celui Front national contre front républicain. Front contre front.

lundi 21 décembre 2015

Refonder la République


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    Démocratie, République.... Ce sont des mots profondément inscrits dans le cœur des Français. Vous remarquerez que dans les débats politiques de bas étage, certains se défendent à grands coups de : « Je suis un républicain moi » , l'ancienne UMP s'est même attribué ce qualificatif car l'on peut difficilement se déclarer anti-républicain. Un certains nombre d'entre eux ne connaissent même pas les différences entre ces termes et ce qu'ils définissent. On oublie que la plupart des régimes dictatoriaux du monde (URSS, Corée du Nord...) sont des républiques... Mais voilà, pourquoi se cramponne t-on à un système mou qui a déjà échoué quatre fois et qui stagne aujourd'hui dans un bi(tri)partisme qui ne mène à rien. Arrêtons de penser la démocratie telle que nous la connaissons comme une évidence sacro-sainte où le peuple doit être présent à chaque échelon décisionnel. Ne mystifions pas un système qui empêche aujourd'hui toute progression.. Hollande nous scandait volontiers ses grandes idées de changement, Sarkozy ses petites réformes. Mais pourquoi ne pas repenser le système politique français en profondeur ?

Erdogan l'équilibriste

En 2007 s'engageait une série de négociations entre l'UE et la Turquie pour étudier la candidature de celle-ci, qui n'a abouti à rien. Depuis,  ces négociations sont au point mort et un rapprochement entre l'UE et la Turquie semble être une utopie sinon une pure folie lorsque l'on voit le virage à 180 degrés qu'a pris ce pays. Il y a 10 ans la Turquie était érigée en modèle des démocraties du monde arabo-musulman: libérale, flamboyante économiquement, classe moyenne prospère... Aujourd'hui, le président Erdogan, au pouvoir depuis 2003, s'est tourné vers un régime autoritaire, conservateur et mène une politique (étrangère et intérieure) obscure et dangereuse. A force de jouer avec le feu, il pourrait bien finir par se brûler.

Un bien piètre paysage politique

 

  Après les régionales, la commedia dell'arte offerte par nos politiciens est pitoyable: alors que la droite pouvait sortir renforcée, comme à l'issue des municipales, la fête n'était pas au rendez-vous chez les pontes. Nicolas Sarkozy, au Parc des Princes après une allocution éclair, affichait une mine tirée. Marine Le Pen ne pavanait pas non plus, étant donné le succès (relatif, nous le verrons) du "front républicain" en PACA et dans la région Nord-Picardie. Le PS s'est pris une énième claque, passant de l'hégémonie (26 régions sur 27) à la minorité (5 sur 13). C'est peut-être La Croix qui résumait au mieux la situation, en titrant "La défaite pour tous" le 14 novembre. Cela a aussi été l'occasion pour les partis traditionnels d'étaler leurs divergences et leur faiblesse idéologique. La cerise sur le gâteau est arrivée ce vendredi: un sondage Ifop pour Atlantico donnerait, en termes d'intentions de vote pour 2017, Le Pen en tête à 27%, suivie de Hollande à 22% et Sarkozy à 21% et enfin Bayrou à 12%. Qui, il y a seulement quelques mois, aurait pu imaginer une telle situation ?

dimanche 20 décembre 2015

Conflit israélo-palestinien : les solutions (2/2)

Trois solutions majeures aux problèmes que j'ai étudiés dans la première partie de l'article Les problèmes (1/2), s’offrent à nous, avec leurs avantages et leurs limites respectives.

Un point est certain : ces solutions ne sont réalisables qu’à condition que les deux parties décident de se préoccuper non plus de leurs intérêts personnels (électoraux), mais qu’ils embrassent le problème avec une vision courageuse, sur le long terme. De mon point de vue, Nétanyahou n’en est pas capable. C’est plus compliqué pour Abbas. 

Nétanyahou et Abbas, une poignée de main tout sauf cordiale

vendredi 18 décembre 2015

Conflit israélo-palestinien : les problèmes (1/2)


Depuis la reprise début octobre des violences entre Israéliens et Palestiniens dans les principaux points de tension que sont la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la poudrière de la bande de Gaza, le silence des puissances occidentales est assourdissant. Et c’est regrettable.

Mais ce conflit est loin d’être nouveau , ce qui rend la situation d’autant plus complexe. En fait, plusieurs points majeurs posent de graves problèmes et appellent une réponse rapide, efficace et juste. Ces problèmes sont de différentes natures, à des niveaux différents.



vendredi 11 décembre 2015

Pourquoi les lobbies bruxellois menacent la démocratie


30 000. C’est le nombre ahurissant de lobbyistes présents à Bruxelles. 



Ces hommes et femmes sont des véritables prédateurs : il rôdent, restent dans l’ombre la plupart du temps, puis attaquent, harcèlent sans relâche lorsqu’ils ont trouvé une proie. Qui sont ces proies ? Que veulent ces prédateurs ? En somme, pourquoi menacent-ils la démocratie ? 

Décryptage du lobbying bruxellois, plaie officieuse mais plus réelle que jamais de l’Union européenne.




mercredi 9 décembre 2015

Les crèches de Noël n'ont pas leur place dans les mairies

Robert Ménard devant sa crèche de Béziers
C'est maintenant une tradition depuis une dizaine d'années, à l'approche de Noël, les crèches fleurissent dans les mairies d'extrême droite, et même parfois de droite républicaine. La résurgence de ce phénomène est assez curieux, puisqu'il n'est que récent (à quelques exceptions près), et ne relève donc pas d'une quelconque tradition. Malgré l'adoption quasi unanime de la loi de 1905 dans le coeur des Français depuis un siècle, on assiste ces dernières années à une contestation ou tout du moins à une "reformulation" de ces principes fondateurs. C'est le signal assez inquiétant de la fin de la laïcité à la française, "anticléricale" selon ses contempteurs, "intransigeante" selon ses partisans (dont je fais partie). Le porte-étendard de ce mouvement est bien entendu Robert Ménard, le maire de Béziers apparenté au Front National, personnage très (trop ?) médiatique par rapport à sa fonction. Comme les trois quarts des actions de ce charmant homme, l'installation d'une crèche à Béziers a pour unique but de faire polémique, et de de faire titrer au Figaro l'année dernière: Ces crèches que l'on veut enlever. Celui-ci nous a donc promis cette année "une très belle et très grande crèche à l'entrée de la mairie".

lundi 7 décembre 2015

Répondre à l'inégalité par l'inégalité ou la politique de l'erreur (3/3)



Retrouver le sens de l’impôt (3/3)



« L’impôt sur le revenu français est un fromage plein de trous qui ne rapportent presque plus rien. Rajouter une tranche supplémentaire, c’est mettre un cautère sur une jambe de bois. C’est toute notre fiscalité qu’il faut rebâtir. Mais sur quels principes? Avec quels objectifs? Un sujet idéal pour une présidentielle. » Encore une fois, Eric Zemmour cerne la question à laquelle il nous faut répondre pour éclairer le débat et trouver des solutions : à quoi l’impôt doit-il servir?


dimanche 6 décembre 2015

Répondre à l'inégalité par l'inégalité ou la politique de l'erreur (2/3)


Entre préjugés et caricatures : l’impôt proportionnel, un impôt juste (2/3)

Pour bien cerner le débat, il est d’abord nécessaire de savoir que l’impôt proportionnel est un prélèvement obligatoire qui a un taux d’imposition à pourcentage fixe et qui s’impose à la base de toute imposition, quel que soit le montant de celle-ci. Très loin de l’impôt de capitation, un impôt constant qui ne varie pas selon les revenus, il se rapproche plutôt de l’impôt progressif puisque la valeur absolue du prélèvement augmente avec le revenu. Ainsi, l’impôt proportionnel, appelé également Impôt à Taux Unique, combine les deux autres impôts qui existent, admettant une progressivité en fonction des revenus et exigeant la participation de tous au bien-être commun.

        Aujourd’hui, cet impôt est de plus en plus rare. Nous rencontrons pourtant tous les jours deux des derniers impôts progressifs dans la TVA et la CSG en question. Ces prélèvements obligatoires proportionnels rapportent en réalité beaucoup plus que ceux qui relèvent d’un système progressif. A titre indicatif, en 2013, la part de la CSG et de la TVA dans le PIB français s’élevait à 11,2% tandis que l’impôt sur le revenu ne participait qu’à 3,2% de ce PIB. Le système d’imposition proportionnelle est celui qui rapporte les plus à l’Etat, mais, paradoxalement, notre président annonce qu’il souhaite, d’ici la fin de son mandat, fusionner l’ISR avec l’un des derniers et l’un des plus efficaces impôts proportionnels : la CSG. Pourquoi demeurons-nous dans l’erreur depuis si longtemps? Pourquoi ne cherchons-nous pas à nous rendre à l’évidence?




vendredi 4 décembre 2015

Réquisitoire contre le FN

Dédicace spéciale à Elie Collin.
Dimanche prochain ont lieu les élections régionales. Si celles-ci ne conditionnent pas l'avenir de la France - Dieu merci -, l'importance de la "vague Front national" consacrera, ou non, la première place du parti de Marine Le Pen dans le paysage politique français. Si les sondages, tous plus alarmants les uns que les autres, se confirment, la situation sera inédite. Cependant, il ne faut pas céder aux sirènes du FN, pour les raisons suivantes:

Répondre à l'inégalité par l'inégalité ou la politique de l'erreur (1/3)

Jeudi 12 novembre, un évènement d’une grande importance s’est déroulé à l’Assemblée Nationale, rapidement étouffé par la nouvelle des événements tragiques du Bataclan. L’amendement déposé dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2016 par l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le député socialiste Pierre-Alain Muet visant à rendre la Contribution Sociale Généralisée plus progressive a été adopté par les députés. Mais à peine adopté, l’ « amendement Ayrault » est critiqué par l’exécutif. En dehors du problème de constitutionnalité et de la complexité croissante du système fiscal français, une limite plus grave apparaît et dénonce involontairement les erreurs de notre politique actuelle qui tente de répondre à l’inégalité par l’inégalité. Il est temps d’éclaircir le débat entre progressif et proportionnel à la lumière de ce projet de réforme dangereux.
Cet article se décline en trois temps :
1/3 : La progressivité de l’impôt : l’illusion d’une égalité.
2/3 : Entre préjugés et caricatures : l’impôt proportionnel, un impôt juste.
3/3 : Retrouver le sens de l’impôt.


mercredi 2 décembre 2015

Petit Manuel de Trumpisme

Qu'on l'adore ou qu'on le déteste, Donald Trump, candidat à la primaire républicaine, ne laisse personne indifférent. Alors si vous êtes né sur le sol américain et briguez la Maison Blanche ou si vous voulez simplement comprendre le personnage, voici un petit guide de l'ascension fulgurante de Donald Trump.

mardi 1 décembre 2015

Éloge du Pikettysme



En 2013, paraissait Le Capital au XXIème, livre-phare du jeune économiste français Thomas Piketty. En France, ce livre ne fut reçu que modestement en comparaison du triomphe qu'il connut aux États-Unis! Ou plutôt, du débat qu'il suscita.


D'une part, les libéraux accusèrent le livre d'être marxiste (une insulte étrange venant d'un pays qui n'a jamais connu le socialisme). D'autre part, un nouveau courant de pensée économique vint au monde : le Pikettysme
Son porte étendard était le célèbre Paul Krugman, Nobel en 2008, qui dans ses éditoriaux dans le New York Times, défendit de toutes ses forces l'étude du Français. Mais que disait cette étude pour qu'elle fasse couler tant d'encre ?


lundi 30 novembre 2015

Repenser les alliances


Mardi dernier, un Sukhoï SU-24 russe a été abattu par des avions de chasse F16 turcs. Alors que les tensions entre la Russie et la Turquie sont exacerbées, que l'avion en question se soit trouvé ou non sur le territoire turc (oui pour Erdogan, non pour Poutine), cet ultime incident est une preuve supplémentaire, s'il en faut, que la France doit repenser ses alliances diplomatiques. Il ne s'agit évidemment pas de remettre en cause des partenariats indispensables, comme avec les Etats-Unis, mais bien de sélectionner plus attentivement les puissances alliées au Proche et Moyen-Orient. En quête permanente de contrats d'armements, la France s'est acoquinée avec le Qatar, l'Arabie Saoudite, la Turquie, etc. au point d'oublier la vraie nature de ces nations. C'est bien connu, la diplomatie est l'art de ne fâcher personne, mais le numéro d'équilibriste auquel se livrent la France et une bonne partie des Nations Unies est particulièrement ardu, et réduit ainsi la marge de manœuvre et l'indépendance de la nation vis-à-vis des conflits à gérer (on pense bien sûr à Daech). De Sarkozy à Hollande, la realpolitik a régné sans partage dans le choix des alliances: les conséquences risquent d'être désastreuses, du point de vue des valeurs et principes humanistes, comme de celui de l'efficience. Les effets secondaires pervers de notre politique, loin de faire primer les intérêts stratégiques des pays, comme la realpolitik le devrait, bloque notre capacité d'action, par peur d'écorcher tel ou tel allié. Nos accointances délétères doivent cesser. Revue en détail.


dimanche 29 novembre 2015

L’UE va-t-elle enfin avancer ?


« Nous voulons une Europe qui parle d’une seule et même voix, mais dans toutes ses langues, de toutes ses âmes. »
Ce rêve du poète portugais Fernando Pessoa semble bien lointain. En effet les grandes ambitions européennes des années 90 et 2000 incarnées par le traité de Maastricht et l’Eurozone ont été quelque peu balayées par les problèmes économiques qui touchent les pays depuis 2008.

Si l’union fait la force, c’est la désunion de cette Union Européenne qui pose problème. Avec un Royaume-Uni qui semble de plus en plus divisé par la question, l’Espagne, le Portugal et l’Italie rongés pas les problèmes économiques, et plusieurs pays comme la Hongrie et la Slovaquie qui semblent loin des directives des technocrates de Bruxelles, seules la France et l’Allemagne semblent encore entretenir ce doux rêve européen.


mardi 24 novembre 2015

Le TiSA, ou les nouvelles dérives du libre échange



Les négociations du traité de libéralisation des échanges, ou TiSA, acronyme pour Trade in Services Agreement (traduit sobrement par Accord sur les échanges de service), ont débuté en février 2012, mais ils ont une origine plus ancienne. De fait, en 1994, dans les traités instaurant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se trouve une annexe promettant une « libéralisation progressive » de toutes les activités de service à travers des « négociations successives qui auront lieu périodiquement en vue d’élever progressivement le niveau de libéralisation ».

Mais l’incapacité de l’OMC a fini par décourager une cinquantaine d’Etats qui ont décidé de débuter des négociations multilatérales, c’est-à-dire hors du cadre de l’OMC. C’est le premier problème du TiSA : ses négociations ne se déroulent pas dans un cadre démocratique mondial. Car ce qui fait la force (mais aussi la faiblesse) de l’OMC, c’est bel et bien le fait qu’il est démocratique et respecte le principe du “un pays égal une voix”. Cette règle de fonctionnement suppose que les pays se mettent d’accord tous ensemble. Las, les pays du Nord ont pris l’initiative de négocier le TiSA et en ont exclu les pays émergents, qu’ils jugent trop différents. Et pour cause : ces derniers ne souhaitent pas suivre la voie de libéralisation excessive engagée sous l’impulsion des Etats-Unis. Peut-être ont-ils compris que l’inondation des marchés locaux par des produits américains de mauvaise qualité mais à des prix empêchant tout concurrence, ne serait ni bénéfique à leur économie, ni à leur bien-être.

samedi 21 novembre 2015

Pourquoi il faut rééditer Mein Kampf


"Devoir de mémoire": cette simple alliance de mot signifie tout pour un pays. Le propre de l'homme, c'est le souvenir. Mais celui d'une civilisation, c'est la mémoire. Le 30 avril 1945, Hitler se suicidait dans son bunker de Berlin. Le 30 avril dernier, son livre Mein Kampf, écrit alors qu'il croupissait dans les prisons de la République de Weimar après le coup d'Etat raté de la brasserie de Munich, est passé dans le domaine public, 70 ans après la mort de son auteur. La maison Fayard prépare une nouvelle édition critique de cette oeuvre antisémite, raciste, et annonciatrice de la "solution finale". Tandis que les rééditions critiques d'ouvrages antisémites pullulent, à l'instar des Décombres de Lucien Rebatet, la sphère intellectuelle se déchire sur le bien-fondé de cette publication. Pourtant, si l'Occident veut en finir avec l'antisémitisme latent, pluri-millénaire, il faut nettoyer la plaie à l'alcool.


mercredi 18 novembre 2015

Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, l'heure est venue de tirer des conclusions. Cet article se décline en trois parties : 

1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable 

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Ces trois articles sont à retrouver sur De l'émotion à l'action


Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Nous étions prévenu. 

De "Ce que je veux dire aux Français, c'est que nous sommes en guerre" (Manuel Valls) à "Notre politique extérieure doit intégrer le fait que nous sommes en guerre." (Nicolas Sarkozy) en passant par "la France et les Français ne sont plus en sécurité" (Marine Le Pen), la classe politique dans son ensemble nous a rappelé que nous sommes en guerre. Une guerre n'implique-t-elle pas un certain nombre de risques ?
Donc pourquoi sommes-nous surpris d'être attaqué ? Le principe d'une guerre est d'anéantir un adversaire. Nous savions donc pertinemment qu'attaquer l'Etat islamique en Syrie nous faisait courir des risques. Bien entendu, cela n'enlève rien à la barbarie des attentats. 
Après Charlie Hebdo, on a disserté sur l'atteinte à la liberté d'expression, fierté du pays des Lumières et de la démocratie. Après l'Hyper Cacher, on a parlé d'antisémitisme. Cessons de nous voiler la face. 
Les attentats du 13-Novembre nous montrent de manière terrifiante qu'ils ont bel et bien déclaré la guerre à la France. Or la plupart des terroristes étaient pourtant français. Le constat en est d'autant plus terrifiant : nous sommes attaqués par des individus à qui nous avons accordé la nationalité. Celle-ci, qui devrait avoir pour but de les intégrer, de les faire aimer la France, n'a plus d'impact sur eux. Rien ne sert de nier : certains musulmans possédant la nationalité française haïssent la France de toute leur force et travaillent dans l'ombre pour la détruire. Refuser cette réalité ne leur laisse que plus de temps pour se préparer. Il est temps d'agir.


lundi 16 novembre 2015

Traitons le probleme de l'immigration avec courage et sans tabou

Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, l'heure est venue de tirer des conclusions. Cet article se décline en trois parties et sur trois jours : 


1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable 

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur



Ces trois articles sont à retrouver sur De l'émotion à l'action
       

Traitons le probleme de l'immigration avec courage et sans tabou




Comme le dit Pierre Manent: « le politiquement correct est la langue des gens qui tremblent à l'idée de ce qui pourrait arriver s'ils arrêtaient de se mentir ». Les criminels sont parmi nous, nous le savons, mais nous refusons d'y penser. Et dès que nous fermons les yeux, ils ouvrent le feu. Nous sommes responsables de la peur qui nous envahit, parce que nous accueillons ceux qui nous terrorisent et parce que nous permettons et amplifions leur action.
Deux hommes recherchés par la police française dans le cadre des attentats ont été enregistrés en Grèce comme demandeurs d'asile cette année, a annoncé la police grecque samedi. Est-ce vraiment une surprise?


Descente en flammes du politiquement (in)correct

Petit portrait du penseur "politiquement incorrect", à travers quelques caractéristiques que l'on retrouvera à coup sûr, y compris dans les virulents articles de mes co-auteurs du Prisme:

1. Il se déclare persécuté en permanence: son ennemi phare, les médias, qu'il manipule souvent à la perfection, est le vecteur numéro un de la "bien-pensance". Alors qu'il occupe, voire encombre, les chaînes de télévision, les radios, les tribunes de journaux (encore que cela dépende du niveau intellectuel du penseur en question; le FN n'écrit pas), le penseur "politiquement incorrect" est harcelé, honni, pestiféré, tout cela parce qu'il "dénonce des vérités qui dérangent".  Celui-ci serait la victime permanente d'un système dont il jouit avec une maestria sans pareille.

2. Il est de droite dure et obsédé par les tabous. Quand il n'a plus d'idée, il sort des abysses des phrases de comptoir pré-mâchées quelques banalités comme "de toute façon, on ne peut plus rien dire aujourd'hui". La société serait pleine de tabous, de pensées interdites, et seules ses idées, pourtant très répandues, se démarqueraient de la masse en étant "politiquement incorrectes".  Pourtant, en écoutant quelques minutes la radio, il est évident que les pensées extrêmes, violentes et virulentes, ont acquis la première place dans le panorama culturel. C'est ce que montre avec justesse Patrick Besson dans sa chronique du Point du jeudi 12 novembre: les intellectuels de gauche, jadis hégémoniques, ont disparu des écrans radars, sauf à ne lire que Libération. Les meilleures ventes d'essais politiques sont réalisées par Villiers, Zemmour, Polony, Onfray, etc. Patrick Besson conclut son texte avec humour, en déclarant à propos des intellectuels de droite old fashion (type Glucksmann): "Le plus agaçant, c'est d'avoir raison trop tôt".

3. Pas besoin de preuves, de chiffres, de statistiques, ni même de raisonnement s'apparentant de près ou de loin à une démonstration, puisque c'est l'arme de la "bien-pensance". Les références au peuple, à l'immigration, bien que les plus sujettes aux distorsions de chiffres, sont assénées au hasard, toute honte bue, sur les plateaux de télévision. Les phrases suivantes nous viennent d'Eric Zemmour: "La France est envahie par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d'Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent" puis "Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques". Mieux que les études sociologiques compliquées, et ô horreur, pleines de chiffres, il suffit de faire un tour à Aubervilliers pour en déduire que la France est envahie.

Puisque le politiquement incorrect fait office de blanc-seing intellectuel, et que le seul critère pour faire partie du très large cercle des penseurs "politiquement incorrects" est d'écraser toute nuance avec des gros sabots, je vais adopter moi-même ce mode de pensée:
Je ne reproche rien à la personne qui a inventé le terme mais l'usage qui en est fait est lui hautement condamnable: l'expression en a chassé une autre, très usitée dans les médias il y a à peine quelques années: la langue de bois. Il y a toutes les raisons de la regretter:

1. Elle est beaucoup plus amusante et imagée que le très abstrait "politiquement correct".

2. Elle est bien plus précise, puisqu'il s'agit de dénoncer le parler trop conceptuel et vide de sens de nos personnages politiques, c'est-à-dire le jargon administratif qu'ils emploient, surtout quand ils se trouvent au pouvoir (cette tendance est assez révélatrice d'ailleurs).

3. La "langue de bois" ne sert pas à renvoyer au placard toute pensée pas assez extrême, populiste, ou condensée en quelques mots agressifs.

4. Elle ne sert pas de chèque en blanc à tous nos guignols du "politiquement incorrect"; ces derniers, bourrins de la pire espèce, débitent leur philosophie de bistrot sur tous tous les plateaux, Don Quichotte séniles de la politique.

Encore une fois, l'idée présente derrière le concept de "politiquement incorrect" n'est pas ridicule, mais le terme est devenu contreproductif, employé à des fins de néantisation de la pensée et du débat.

P.S. Face aux réactions vis-à-vis de cet article, j'apporte quelques précisions. L'objet de ce pamphlet n'est pas de condamner toutes les utilisations du "politiquement incorrect" mais celles, très en vogue, qui consistent à s'affranchir de penser en rabaissant les autres au rang de "penseurs politiquement corrects". Il est évident que d'autres qualificatifs assénés à la masse comme "réac" ou "bobo" m'énervent tout autant.

dimanche 15 novembre 2015

L'islam ne doit pas être intouchable




Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, l'heure est venue de tirer des conclusions. Cet article se décline en trois parties et sur trois jours :


1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur.

Ces trois articles sont à retrouver sur De l'émotion à l'action


Arrêtons avec l'islam intouchable



Les terroristes se sont tous revendiqués comme musulmans. C'est un fait.
Bien sûr, tous les musulmans ne sont pas terroristes. Par contre, tous les terroristes sont musulmans. On aura beau dire que ce sont des faux musulmans, qu'ils salissent leur religion, qu'ils vont brûler en enfer, etc..., il n'empêche que si l'on reprend la définition d'une religion, ils sont effectivement musulmans.
La définition d'une religion comprend la notion d'adhésion. On fait partie d'une religion dans la mesure où l'on adhère à une croyance, à un dogme, et à tout ce qui en découle et en premier lieu, des règles de vie.
Les trois religions monothéistes ont dans leur texte sacré des principes devant guider leur vie. L'islam ne déroge pas à la règle, d'autant plus que la religion musulmane est très stricte et littéraliste et ne laisse donc aucune place pour l'interprétation. Un musulman qui suit les principes et règles énoncés dans le Coran va au paradis.
Penchons-nous désormais sur les principes qu'Allah aurait dictés à Mahomet.

A chaque attentat, des passages du Coran reviennent, diffusant un soi-disant message de paix, qui protégerait donc l'islam de toute accusation de violence intrinsèque. Ainsi la Sourate 5, verset 32 : "Celui qui tue un homme, c'est comme s'il tuait l'humanité. De même celui qui le sauve, c'est comme s'il sauvait tout le genre humain".


samedi 14 novembre 2015

L'islam, grand corps malade


Voilà douze heures que des attentats ont frappé durement la France: après Charlie Hebdo et l'attaque d'une usine chimique près de Lyon, l'horreur, irréelle, impensable dans une ville comme Paris, a encore meurtri le pays des Lumières, de la laïcité, bref, d'une certaine idée de la société. On pourrait dire que c'est à ce symbole que se sont attaqué les terroristes, prenant pour cible le pays qui défend à la schlague la séparation absolue de l'Etat et des Eglises; on reprendrait ainsi le schème de Charlie Hebdo, de sorte que tous les Todd, Plenel, Manent, et consorts expliquent à nouveau que nous devons adopter un pacte social avec l'islam, religion des opprimés.


Face au terrorisme, restons unis

"Dire que pour moi ces explosions étaient des feux d'artifices... C'étaient en fait des gens qui mouraient." Le vendredi 13 novembre 2015, Paris était de nouveau touchée par des attentats islamistes. Panique pour toute la ville, trois fusillades, trois bombes autour du stade de France, une prise d'otages au Bataclan, 128 morts et une centaine de blessés graves.

On sent un arrière goût de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Ces attentats avaient marqué le pays, tous les français, même les musulmans. On se souviendra de ce musulman, qui se tenait à l'écart lors des manifestations à Rennes avec une petite pancarte "Je Suis Charlie".


mercredi 11 novembre 2015

La dette, notre épée de Damoclès ?





Il y a maintenant quelques mois que la barre symbolique des deux mille milliards d’euros de dette publique a été franchi dans notre pays. Ce seuil, qui représente plus de 95% de notre production annuelle, doit nous alerter. D’années en années s’accumulent les déficits, sans qu’aucun personnage politique d’envergure ne mène un travail de fond sur cette ressource nationale, qui n’est pas exempte d’incertitudes. Depuis la mise en place de la “règle d’or européenne” (terme inexact puisqu’il s’agit en réalité simplement des plafonds préconisés lors des accords de Maastricht de 1992 et du traité d’Amsterdam de 1997) qui stipule que la dette publique ne doit pas dépasser 60% du PIB, et le déficit 3% de ce même indicateur, nous n’avons jamais tenu cet engagement, dénoncé par certains comme un « diktat ». La crise financière de 2007 et 2008, accompagnée de la prise de conscience des marchés sur les risques de certains actifs, a révélé l’ampleur de la question de l’endettement structurel. La situation de la Grèce, dont le PIB a diminué de 25% en un an à la suite de la crise, doit provoquer un réveil de nos politiques quant aux emprunts d’État qu’ils reconduisent à chaque budget voté.
Sans la vouer aux gémonies, la dette doit nous questionner : quel sont son bien-fondé, son efficacité et ses dangers ? Au cœur des controverses capitalistiques, quel rôle joue-t-elle dans les circuits économiques ? Utile, ou dangereuse ?

Malgré les dangers évidents qu’une dette trop élevée crée (à partir de quel seuil peut-on la qualifier de trop élevée ?), cette question est toujours reléguée au second plan, au profit de discours belliqueux ou démagogiques. Ainsi, elle reste l’apanage des instances technocratiques comme la Commission européenne, la Cour des comptes, et autres sub-commissions. Pour mieux décrire cette réalité, on peut rappeler que chaque français porte trente mille euros de dette publique. Si ce chiffre est faible en comparaison des montants de dette privée, il faut rappeler que personne n’est prêt à débourser mille euros par an pour rembourser une dette qu’il ne juge pas être la sienne, et que toute hausse d’impôt se répercute immédiatement sur la croissance et le moral des Français.


Ainsi, on se moque des Allemands, qui se contorsionnent pour afficher un budget à l’équilibre (ce qui n’est bien sûr pas une fin en soi) ; on se réjouit quand telle ou telle instance « passe dans le vert », et même quand le déficit diminue d’un demi-point. On ne s’attend même pas à une baisse de la dette, un déficit qui se contracte légèrement suffit pour lancer une salve de communiqués enthousiastes. Ni la gauche, ni la droite (pourtant réputée plus économe), n’ont su endiguer l’hémorragie.


Le Moyen-Orient: terrain de jeu des Grands.


                    Le 30 septembre, la Russie s’engage officiellement dans le conflit syrien, rendant une nouvelle fois la situation plus complexe et difficilement compréhensible. Cette intervention met en lumière le motif qui anime les relations internationales de ces dernières années: nous sommes d’éternels solitaires, fascinés par la puissance, au service de nos intérêts, souvent contraires, toujours cachés, et terrorisés par notre avenir. Aujourd’hui, les grandes figures inévitables d’Occident, d’Amérique et de Russie placent leurs pions sur le terrain de jeu arabe qui, si fragmenté et divisé, devient facile à manipuler.

Les Etats-Unis ont un tour d’avance

Longtemps la présence des Etats-Unis au Moyen-Orient fut une preuve de  l’unilatéralisme de son action à travers le monde et de sa volonté impérialiste incessante. Quand la définition française du Moyen-Orient distingue ce dernier du Proche-Orient, les Américains entendent pour leur part l’ensemble des pays arabes du continent asiatique: l’Arabie Saoudite, le Yemen, l’Oman, les mini Etats du Golfe Persique, l’Irak, la Syrie, le Liban et la Jordanie; Israël et les territoires palestiniens: la Cisjordanie et Gaza; et les trois pays les plus influents de la région: l’Iran, la Turquie et l’Egypte. L’implantation américaine sur le sol arabe date des années 1924-1926, implantation que l’on doit principalement à la soif de pétrole qui naît dans l’entre-deux guerres. Les Etats-Unis firent signer le pacte de Bagdad le 24 février 1955 par un grand nombre de pays orientaux,  poursuivant la constitution du « grand Moyen-Orient américain ». Depuis, cette arrivée subite ne cessa d’être contestée. Ce sentiment d’exploitation illégitime du territoire et des populations par la suprématie américaine sera toujours compensé par l’apport culturel, économique et social qui résulta de l’arrivée de la civilisation occidentale. On nota par la suite que les principales interventions militaires américaines depuis 1990 se déroulent au Moyen-Orient: Koweït en 1991, Afghanistan en 2001, Irak en 2003 et Syrie en 2014. Mais, depuis l’entrée dans le XXIème siècle, les Grands veulent moins le pétrole pour la ressource énergétique qu’il représente que pour le point de pression qu’il peut devenir. La guerre du pétrole est une nouvelle guerre froide qui s’ignore.


En attendant la COP 21...

A l'approche de la Conférence de Paris, qui s'ouvrira le 30 novembre, le développement durable est revenue au centre de l'actualité, pour au moins quelques semaines. Les débats se multiplient devant cette question primordiale qui risque de déterminer notre futur. Il convient donc de comprendre les enjeux qui vont se jouer lors de cette COP 21, en analysant de vue le cœur du sujet qui tient en deux mots, nés du remarquable rapport Brundtland : le développement durable.


La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?

Il est incontestable que la croissance a des effets pervers, notamment sur l'environnement. Tous les rapports du GIEC ont confirmé ce problème et, dans le même temps, remis en cause le principe du "toujours-plus de croissance". Que ce soit par le biais de la déforestation, de la surexploitation des ressources aquatiques, du réchauffement climatique ou du rapide épuisement des ressources non-renouvelables, la croissance économique est terriblement néfaste à l'environnement.
Pire encore, la croissance a des effets pervers sur elle-même. Le méconnu rapport Stern, commandé en 2006 par le Royaume-Uni, met ainsi en lumière les risques du changement climatique : les risques liés au changement climatique coûteraient au moins 5% du PIB mondial chaque année. Ce qui est colossal quand on sait que 1% du PIB mondial pourrait stabiliser immédiatement les émissions de gaz à effet de serre.


jeudi 5 novembre 2015

Pourquoi la politique intérieure israélienne est injuste et grave




Depuis plusieurs mois, les affrontements violents entre jeunes palestiniens et soldats israéliens ont repris, au point que certains observateurs n’hésitent pas à parler de “troisième Intifada”. Comment ne pas s’insurger devant la possibilité qu’il existe encore dans des pays développés, occidentalisés, démocratisés, des affrontements si graves et si injustes ?

Une répression disproportionnée


La réponse des Israéliens est tout à fait ridicule et sanguinaire : on leur lance des pierres, ils répliquent par des balles réelles. Une attaque au couteau ne pourrait-elle pas être empêché sans effusion de sang (notons inversement le comportement remarquable des CRS français qui maîtrisent à la perfection l’art de désarmer l’adversaire sans utiliser d’armes à feu) ? Est-il normal que les militaires, pourtant si entraînés de Tsahal, soient réduits à ouvrir le feu sur des enfants comme si c’était du gibier ? Chaque jour des Palestiniens meurent sous les balles d’une armée censée protéger les plus faibles, et personne ne s’insurge.


mercredi 11 février 2015

Google, géant trop puissant ?

  Alors qu'une motion vient d'être votée au Parlement européen en faveur d'un démantèlement de Google, celui-ci s'impose de plus en plus au coeur de nos vies. Chaque jour, nous utilisons ses services, du moteur de recherche à Youtube, de Google Maps à l'article que vous lisez (oui, Blogger est une filiale de Google!). Malgré une part de marché en léger recul au second semestre 2014, le géant de Mountain View s'est construit depuis sa création en 1998 un véritable monopole, particulièrement en Europe, où 90% des recherches sont effectuées sur Google. Visionnaires, Sergueï Brin et Larry Page avaient compris qu'Internet allait bientôt recenser des milliards de pages web, et qu'un outil bien conçu pour y naviguer serait indispensable. Leur algorithme, aussi jalousement gardée que la recette - pourtant bien connue - du Coca-Cola, n'a cessé de se complexifier, au cours de nombreuses et secrètes mises à jour.


dimanche 4 janvier 2015

Rétrospective 2014 (2): France

  
 
2014 en France: une année humide
  Humide: c'est sans doute le qualificatif que François Hollande retiendra pour décrire son année 2014. Peut-être horrible aussi. Les adjectifs en H sont décidément à l'honneur à l'Elysée. Les embruns de l'île de Sein ont sans doute une valeur symbolique ici, celle du président le plus détesté de la Vème République. Nicolas Sarkozy avait pris des coups, lui aussi, mais il restait appuyé sur une base solide de sympathisants UMP. Hollande, à force de zigzags, a trouvé le moyen de dégoûter les sympathisants PS, dont le nombre a d'ailleurs fondu comme neige au soleil.

  Bref, 2014 est une année atroce pour l'ensemble de la classe politique française, à l'exception toutefois de Marine le Pen, qui peut se féliciter de succès électoraux. Le Front National s'est hissé à la première place lors des élections européennes en remportant 25% des suffrages, cinq points devant l'UMP et loin devant le PS. Au grand dam de la démocratie européenne, les partis populistes progressent dans tout le Vieux Continent; un point commun les rassemblent: le rejet de l'Europe et de l'immigration. Heureusement, les litiges idéologiques et l'origine nauséabonde de certains partis (dont le FN) font que la création d'un unique groupe au Parlement européen échoue. Reste que la voix de la France est fortement réduite par la progression de l'extrême droite, laissant le champ libre à l'Allemagne pour imposer ses décisions.


vendredi 2 janvier 2015

Rétrospective 2014 (1): International

2014 en Syrie
  Pour certains, ce fut l'année du futebol et de la défaite du Brésil. Si 2014 a été catastrophique pour la Seleçao, l'année n'a pas été bien meilleure pour le reste du monde. Rétrospective.

  Sur le plan des droits de l'homme et des conflits du Moyen-Orient, les douze mois écoulés ont fait des ravages. Les "Printemps arabes", à l'heureuse exception de la Tunisie, sont tous revenus à leur point de départ. En Syrie, au moins 76 000 morts ont été recensés rien que sur l'année: c'est la plus meurtrière depuis le début du conflit. Et pour cause: les groupes djihadistes se sont approprié la lutte contre Bachar-el-Assad et terrorisent les populations. A ce titre, l'Etat Islamique remporte la palme: l'ascension de ce groupuscule a été fulgurante: il a maintenant sous son contrôle une partie de la Syrie et de l'Irak, territoire qu'il nomme "califat"; et les frappes de la coalition occidentale ne semblent pas gêner Daech outre mesure.