vendredi 2 janvier 2015

Rétrospective 2014 (1): International

2014 en Syrie
  Pour certains, ce fut l'année du futebol et de la défaite du Brésil. Si 2014 a été catastrophique pour la Seleçao, l'année n'a pas été bien meilleure pour le reste du monde. Rétrospective.

  Sur le plan des droits de l'homme et des conflits du Moyen-Orient, les douze mois écoulés ont fait des ravages. Les "Printemps arabes", à l'heureuse exception de la Tunisie, sont tous revenus à leur point de départ. En Syrie, au moins 76 000 morts ont été recensés rien que sur l'année: c'est la plus meurtrière depuis le début du conflit. Et pour cause: les groupes djihadistes se sont approprié la lutte contre Bachar-el-Assad et terrorisent les populations. A ce titre, l'Etat Islamique remporte la palme: l'ascension de ce groupuscule a été fulgurante: il a maintenant sous son contrôle une partie de la Syrie et de l'Irak, territoire qu'il nomme "califat"; et les frappes de la coalition occidentale ne semblent pas gêner Daech outre mesure.



Le califat
  A ce jour, la progression de l'Etat Islamique semble toutefois être stoppée grâce à trois facteurs:
  • Les frappes occidentales qui permettent de perturber la logistique bien rodée de Daech
  • La chute des cours du pétrole, principale ressource financière du Califat
  • La résistance des Kurdes qui, après s'être enfui vers le Nord suite aux persécutions - en particuliers envers les Kurdes chrétiens (ou Yézzidis) - s'organisent et défendent leur territoire, surnommé Kurdistan.
  Reste que, d'une part, l'Etat Islamique massacre et terrorise les populations, et d'autre part, son établissement en Syrie profite à Bachar-el-Assad: en effet, Daech lui donne une certaine légitimité pour combattre les rebelles et la communauté internationale s'interroge sur le bien-fondé d'une aide occidentale contre le régime, qui pourrait favoriser le califat.
Le bilan des révolutions arabes est donc très médiocre: en Egypte, l'armée a rétabli l'ordre dans le sang et a conduit au pouvoir un nouveau dictateur, Al-Sissi; quant à la Lybie, son Premier Ministre Abdallah Al-Thani est incapable d'empêcher les milices armées de ravager le pays.

  Le problème des pays arabes semble ainsi provenir d'une offre politique trop pauvre: d'un côté, l'armée qui assure l'ordre et mate les islamistes en instaurant une dictature et de l'autre, des partis islamistes plus soucieux d'établir la Charia que de rétablir l'ordre. Un régime démocratique laïc ne pourra s'installer que lorsque les pays arabes auront fait leur révolution religieuse.

  Toujours au Moyen-Orient, le conflit entre Israël et la Palestine s'est ravivé en 2014. Suite à la mort barbare de deux adolescents israëliens tués par des Palestiniens, la lutte armée reprend avec des tirs de roquettes contre Israël et des missiles envoyés en riposte. L'état hébreu possède en effet une armée très bien équipée et surentrainée, à tel point que le nombre de morts est particulièrement élevé du côté palestinien: 2140 au moins contre 70 chez les Israëliens. La situation est aussi de plus en plus tendue dans Jérusalem, à cause d'explosions récurrentes sur l'esplanade des Mosquées, par exemple.
2014 à Gaza
  La stratégie militaire agressive d'Israël fait écho à sa stratégie diplomatique de plus en plus... "insolite". Le pays semble glisser vers l'extrême droite nationaliste, alors que Benyamin Netanyahou accorde tout à son aile droite. L'établissement de colonies en territoire palestinien n'a pas cessé, et c'est même tout le contraire qui se déroule. La position israëlienne est par conséquent de plus en plus difficile à soutenir et l'isolement de l'état hébreu s'accentue, à commencer son allié historique, les Etats-Unis. Israël souffre de la timide stratégie diplomatique d'Obama, bien plus en retrait que ses prédécesseurs.
A l'inverse, le gouvernement palestinien suit une ligne d'ouverture diplomatique: le Président Mahmoud Abbas multiplie les déplacements pour rencontrer des chefs d'Etat et se donner une légitimité internationale. Il ne faut toutefois pas oublier que le Hamas, bras armé du Fatwa, le parti au pouvoir, est classé organisation terroriste et a expliqué que le massacre d'enfants israëliens était une bonne chose. La reconnaissance d'un Etat palestinien doit donc être conditionnée à l'annihilation du Hamas.


  L'actualité géopolitique a également été riche en Russie et en Ukraine. Le refus du président ukrainien Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'Union Européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie provoque des manifestations importantes à Kiev. Le pays est en effet historiquement scindé en deux parties: l'une occidentale et l'autre, russophile et russophone en majorité. Des milices pro-russes se forment alors dans la partie orientale du pays, sans doute aidées par le gouvernement de Vladimir Poutine, des soldats des forces spéciales russes ayant été aperçus. A cette accusation, Poutine répondra que ces soldats étaient des volontaires, partis aider les séparatistes au lieu "d'aller en vacances sur les plages". Très vite, les forces séparatistes ont le contrôle de la Crimée et de la bordure de la frontière russe. Ils organisent un référendum d'appartenance à la Russie, à l'issue certaine.
2014 à Sébastopol
  Alors que la Russie s'enfonce dans la récession (-5 points de PIB prévu en 2014), Poutine joue la carte du nationalisme à tout va en profitant de l'inaction occidentale. S'il sait très bien que l'armée russe, très mal équipée, n'est pas de taille à lutter contre les grandes armées occidentales, il danse sur la ligne jaune sans la franchir. Il a toutefois un atout de taille: le gaz. La Russie alimente en effet l'Europe continentale, y compris l'Ukraine et l'Allemagne, le principal interlocuteur du Kremlin. Toutefois, la baisse des cours des hydrocarbures réduit la puissance de cet atout. Poutine veut donc maintenir l'influence russe dans le monde, qui n'est plus qu'une illusion.

Pour finir ce chapitre international avec une note d'espoir, tournons nous vers Hong Kong, où des manifestations estudiantines ont bien failli avoir raison du pouvoir en place. Elles sont le symptôme d'une Chine qui se développe, se mondialise et aspire à plus de démocratie.
2014 à Hong Kong

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