lundi 30 novembre 2015

Repenser les alliances


Mardi dernier, un Sukhoï SU-24 russe a été abattu par des avions de chasse F16 turcs. Alors que les tensions entre la Russie et la Turquie sont exacerbées, que l'avion en question se soit trouvé ou non sur le territoire turc (oui pour Erdogan, non pour Poutine), cet ultime incident est une preuve supplémentaire, s'il en faut, que la France doit repenser ses alliances diplomatiques. Il ne s'agit évidemment pas de remettre en cause des partenariats indispensables, comme avec les Etats-Unis, mais bien de sélectionner plus attentivement les puissances alliées au Proche et Moyen-Orient. En quête permanente de contrats d'armements, la France s'est acoquinée avec le Qatar, l'Arabie Saoudite, la Turquie, etc. au point d'oublier la vraie nature de ces nations. C'est bien connu, la diplomatie est l'art de ne fâcher personne, mais le numéro d'équilibriste auquel se livrent la France et une bonne partie des Nations Unies est particulièrement ardu, et réduit ainsi la marge de manœuvre et l'indépendance de la nation vis-à-vis des conflits à gérer (on pense bien sûr à Daech). De Sarkozy à Hollande, la realpolitik a régné sans partage dans le choix des alliances: les conséquences risquent d'être désastreuses, du point de vue des valeurs et principes humanistes, comme de celui de l'efficience. Les effets secondaires pervers de notre politique, loin de faire primer les intérêts stratégiques des pays, comme la realpolitik le devrait, bloque notre capacité d'action, par peur d'écorcher tel ou tel allié. Nos accointances délétères doivent cesser. Revue en détail.


dimanche 29 novembre 2015

L’UE va-t-elle enfin avancer ?


« Nous voulons une Europe qui parle d’une seule et même voix, mais dans toutes ses langues, de toutes ses âmes. »
Ce rêve du poète portugais Fernando Pessoa semble bien lointain. En effet les grandes ambitions européennes des années 90 et 2000 incarnées par le traité de Maastricht et l’Eurozone ont été quelque peu balayées par les problèmes économiques qui touchent les pays depuis 2008.

Si l’union fait la force, c’est la désunion de cette Union Européenne qui pose problème. Avec un Royaume-Uni qui semble de plus en plus divisé par la question, l’Espagne, le Portugal et l’Italie rongés pas les problèmes économiques, et plusieurs pays comme la Hongrie et la Slovaquie qui semblent loin des directives des technocrates de Bruxelles, seules la France et l’Allemagne semblent encore entretenir ce doux rêve européen.


mardi 24 novembre 2015

Le TiSA, ou les nouvelles dérives du libre échange



Les négociations du traité de libéralisation des échanges, ou TiSA, acronyme pour Trade in Services Agreement (traduit sobrement par Accord sur les échanges de service), ont débuté en février 2012, mais ils ont une origine plus ancienne. De fait, en 1994, dans les traités instaurant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se trouve une annexe promettant une « libéralisation progressive » de toutes les activités de service à travers des « négociations successives qui auront lieu périodiquement en vue d’élever progressivement le niveau de libéralisation ».

Mais l’incapacité de l’OMC a fini par décourager une cinquantaine d’Etats qui ont décidé de débuter des négociations multilatérales, c’est-à-dire hors du cadre de l’OMC. C’est le premier problème du TiSA : ses négociations ne se déroulent pas dans un cadre démocratique mondial. Car ce qui fait la force (mais aussi la faiblesse) de l’OMC, c’est bel et bien le fait qu’il est démocratique et respecte le principe du “un pays égal une voix”. Cette règle de fonctionnement suppose que les pays se mettent d’accord tous ensemble. Las, les pays du Nord ont pris l’initiative de négocier le TiSA et en ont exclu les pays émergents, qu’ils jugent trop différents. Et pour cause : ces derniers ne souhaitent pas suivre la voie de libéralisation excessive engagée sous l’impulsion des Etats-Unis. Peut-être ont-ils compris que l’inondation des marchés locaux par des produits américains de mauvaise qualité mais à des prix empêchant tout concurrence, ne serait ni bénéfique à leur économie, ni à leur bien-être.

samedi 21 novembre 2015

Pourquoi il faut rééditer Mein Kampf


"Devoir de mémoire": cette simple alliance de mot signifie tout pour un pays. Le propre de l'homme, c'est le souvenir. Mais celui d'une civilisation, c'est la mémoire. Le 30 avril 1945, Hitler se suicidait dans son bunker de Berlin. Le 30 avril dernier, son livre Mein Kampf, écrit alors qu'il croupissait dans les prisons de la République de Weimar après le coup d'Etat raté de la brasserie de Munich, est passé dans le domaine public, 70 ans après la mort de son auteur. La maison Fayard prépare une nouvelle édition critique de cette oeuvre antisémite, raciste, et annonciatrice de la "solution finale". Tandis que les rééditions critiques d'ouvrages antisémites pullulent, à l'instar des Décombres de Lucien Rebatet, la sphère intellectuelle se déchire sur le bien-fondé de cette publication. Pourtant, si l'Occident veut en finir avec l'antisémitisme latent, pluri-millénaire, il faut nettoyer la plaie à l'alcool.


mercredi 18 novembre 2015

Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, l'heure est venue de tirer des conclusions. Cet article se décline en trois parties : 

1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable 

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Ces trois articles sont à retrouver sur De l'émotion à l'action


Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Nous étions prévenu. 

De "Ce que je veux dire aux Français, c'est que nous sommes en guerre" (Manuel Valls) à "Notre politique extérieure doit intégrer le fait que nous sommes en guerre." (Nicolas Sarkozy) en passant par "la France et les Français ne sont plus en sécurité" (Marine Le Pen), la classe politique dans son ensemble nous a rappelé que nous sommes en guerre. Une guerre n'implique-t-elle pas un certain nombre de risques ?
Donc pourquoi sommes-nous surpris d'être attaqué ? Le principe d'une guerre est d'anéantir un adversaire. Nous savions donc pertinemment qu'attaquer l'Etat islamique en Syrie nous faisait courir des risques. Bien entendu, cela n'enlève rien à la barbarie des attentats. 
Après Charlie Hebdo, on a disserté sur l'atteinte à la liberté d'expression, fierté du pays des Lumières et de la démocratie. Après l'Hyper Cacher, on a parlé d'antisémitisme. Cessons de nous voiler la face. 
Les attentats du 13-Novembre nous montrent de manière terrifiante qu'ils ont bel et bien déclaré la guerre à la France. Or la plupart des terroristes étaient pourtant français. Le constat en est d'autant plus terrifiant : nous sommes attaqués par des individus à qui nous avons accordé la nationalité. Celle-ci, qui devrait avoir pour but de les intégrer, de les faire aimer la France, n'a plus d'impact sur eux. Rien ne sert de nier : certains musulmans possédant la nationalité française haïssent la France de toute leur force et travaillent dans l'ombre pour la détruire. Refuser cette réalité ne leur laisse que plus de temps pour se préparer. Il est temps d'agir.


lundi 16 novembre 2015

Traitons le probleme de l'immigration avec courage et sans tabou

Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, l'heure est venue de tirer des conclusions. Cet article se décline en trois parties et sur trois jours : 


1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable 

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur



Ces trois articles sont à retrouver sur De l'émotion à l'action
       

Traitons le probleme de l'immigration avec courage et sans tabou




Comme le dit Pierre Manent: « le politiquement correct est la langue des gens qui tremblent à l'idée de ce qui pourrait arriver s'ils arrêtaient de se mentir ». Les criminels sont parmi nous, nous le savons, mais nous refusons d'y penser. Et dès que nous fermons les yeux, ils ouvrent le feu. Nous sommes responsables de la peur qui nous envahit, parce que nous accueillons ceux qui nous terrorisent et parce que nous permettons et amplifions leur action.
Deux hommes recherchés par la police française dans le cadre des attentats ont été enregistrés en Grèce comme demandeurs d'asile cette année, a annoncé la police grecque samedi. Est-ce vraiment une surprise?


Descente en flammes du politiquement (in)correct

Petit portrait du penseur "politiquement incorrect", à travers quelques caractéristiques que l'on retrouvera à coup sûr, y compris dans les virulents articles de mes co-auteurs du Prisme:

1. Il se déclare persécuté en permanence: son ennemi phare, les médias, qu'il manipule souvent à la perfection, est le vecteur numéro un de la "bien-pensance". Alors qu'il occupe, voire encombre, les chaînes de télévision, les radios, les tribunes de journaux (encore que cela dépende du niveau intellectuel du penseur en question; le FN n'écrit pas), le penseur "politiquement incorrect" est harcelé, honni, pestiféré, tout cela parce qu'il "dénonce des vérités qui dérangent".  Celui-ci serait la victime permanente d'un système dont il jouit avec une maestria sans pareille.

2. Il est de droite dure et obsédé par les tabous. Quand il n'a plus d'idée, il sort des abysses des phrases de comptoir pré-mâchées quelques banalités comme "de toute façon, on ne peut plus rien dire aujourd'hui". La société serait pleine de tabous, de pensées interdites, et seules ses idées, pourtant très répandues, se démarqueraient de la masse en étant "politiquement incorrectes".  Pourtant, en écoutant quelques minutes la radio, il est évident que les pensées extrêmes, violentes et virulentes, ont acquis la première place dans le panorama culturel. C'est ce que montre avec justesse Patrick Besson dans sa chronique du Point du jeudi 12 novembre: les intellectuels de gauche, jadis hégémoniques, ont disparu des écrans radars, sauf à ne lire que Libération. Les meilleures ventes d'essais politiques sont réalisées par Villiers, Zemmour, Polony, Onfray, etc. Patrick Besson conclut son texte avec humour, en déclarant à propos des intellectuels de droite old fashion (type Glucksmann): "Le plus agaçant, c'est d'avoir raison trop tôt".

3. Pas besoin de preuves, de chiffres, de statistiques, ni même de raisonnement s'apparentant de près ou de loin à une démonstration, puisque c'est l'arme de la "bien-pensance". Les références au peuple, à l'immigration, bien que les plus sujettes aux distorsions de chiffres, sont assénées au hasard, toute honte bue, sur les plateaux de télévision. Les phrases suivantes nous viennent d'Eric Zemmour: "La France est envahie par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d'Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent" puis "Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques". Mieux que les études sociologiques compliquées, et ô horreur, pleines de chiffres, il suffit de faire un tour à Aubervilliers pour en déduire que la France est envahie.

Puisque le politiquement incorrect fait office de blanc-seing intellectuel, et que le seul critère pour faire partie du très large cercle des penseurs "politiquement incorrects" est d'écraser toute nuance avec des gros sabots, je vais adopter moi-même ce mode de pensée:
Je ne reproche rien à la personne qui a inventé le terme mais l'usage qui en est fait est lui hautement condamnable: l'expression en a chassé une autre, très usitée dans les médias il y a à peine quelques années: la langue de bois. Il y a toutes les raisons de la regretter:

1. Elle est beaucoup plus amusante et imagée que le très abstrait "politiquement correct".

2. Elle est bien plus précise, puisqu'il s'agit de dénoncer le parler trop conceptuel et vide de sens de nos personnages politiques, c'est-à-dire le jargon administratif qu'ils emploient, surtout quand ils se trouvent au pouvoir (cette tendance est assez révélatrice d'ailleurs).

3. La "langue de bois" ne sert pas à renvoyer au placard toute pensée pas assez extrême, populiste, ou condensée en quelques mots agressifs.

4. Elle ne sert pas de chèque en blanc à tous nos guignols du "politiquement incorrect"; ces derniers, bourrins de la pire espèce, débitent leur philosophie de bistrot sur tous tous les plateaux, Don Quichotte séniles de la politique.

Encore une fois, l'idée présente derrière le concept de "politiquement incorrect" n'est pas ridicule, mais le terme est devenu contreproductif, employé à des fins de néantisation de la pensée et du débat.

P.S. Face aux réactions vis-à-vis de cet article, j'apporte quelques précisions. L'objet de ce pamphlet n'est pas de condamner toutes les utilisations du "politiquement incorrect" mais celles, très en vogue, qui consistent à s'affranchir de penser en rabaissant les autres au rang de "penseurs politiquement corrects". Il est évident que d'autres qualificatifs assénés à la masse comme "réac" ou "bobo" m'énervent tout autant.

dimanche 15 novembre 2015

L'islam ne doit pas être intouchable




Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, l'heure est venue de tirer des conclusions. Cet article se décline en trois parties et sur trois jours :


1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur.

Ces trois articles sont à retrouver sur De l'émotion à l'action


Arrêtons avec l'islam intouchable



Les terroristes se sont tous revendiqués comme musulmans. C'est un fait.
Bien sûr, tous les musulmans ne sont pas terroristes. Par contre, tous les terroristes sont musulmans. On aura beau dire que ce sont des faux musulmans, qu'ils salissent leur religion, qu'ils vont brûler en enfer, etc..., il n'empêche que si l'on reprend la définition d'une religion, ils sont effectivement musulmans.
La définition d'une religion comprend la notion d'adhésion. On fait partie d'une religion dans la mesure où l'on adhère à une croyance, à un dogme, et à tout ce qui en découle et en premier lieu, des règles de vie.
Les trois religions monothéistes ont dans leur texte sacré des principes devant guider leur vie. L'islam ne déroge pas à la règle, d'autant plus que la religion musulmane est très stricte et littéraliste et ne laisse donc aucune place pour l'interprétation. Un musulman qui suit les principes et règles énoncés dans le Coran va au paradis.
Penchons-nous désormais sur les principes qu'Allah aurait dictés à Mahomet.

A chaque attentat, des passages du Coran reviennent, diffusant un soi-disant message de paix, qui protégerait donc l'islam de toute accusation de violence intrinsèque. Ainsi la Sourate 5, verset 32 : "Celui qui tue un homme, c'est comme s'il tuait l'humanité. De même celui qui le sauve, c'est comme s'il sauvait tout le genre humain".


samedi 14 novembre 2015

L'islam, grand corps malade


Voilà douze heures que des attentats ont frappé durement la France: après Charlie Hebdo et l'attaque d'une usine chimique près de Lyon, l'horreur, irréelle, impensable dans une ville comme Paris, a encore meurtri le pays des Lumières, de la laïcité, bref, d'une certaine idée de la société. On pourrait dire que c'est à ce symbole que se sont attaqué les terroristes, prenant pour cible le pays qui défend à la schlague la séparation absolue de l'Etat et des Eglises; on reprendrait ainsi le schème de Charlie Hebdo, de sorte que tous les Todd, Plenel, Manent, et consorts expliquent à nouveau que nous devons adopter un pacte social avec l'islam, religion des opprimés.


Face au terrorisme, restons unis

"Dire que pour moi ces explosions étaient des feux d'artifices... C'étaient en fait des gens qui mouraient." Le vendredi 13 novembre 2015, Paris était de nouveau touchée par des attentats islamistes. Panique pour toute la ville, trois fusillades, trois bombes autour du stade de France, une prise d'otages au Bataclan, 128 morts et une centaine de blessés graves.

On sent un arrière goût de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Ces attentats avaient marqué le pays, tous les français, même les musulmans. On se souviendra de ce musulman, qui se tenait à l'écart lors des manifestations à Rennes avec une petite pancarte "Je Suis Charlie".


mercredi 11 novembre 2015

La dette, notre épée de Damoclès ?





Il y a maintenant quelques mois que la barre symbolique des deux mille milliards d’euros de dette publique a été franchi dans notre pays. Ce seuil, qui représente plus de 95% de notre production annuelle, doit nous alerter. D’années en années s’accumulent les déficits, sans qu’aucun personnage politique d’envergure ne mène un travail de fond sur cette ressource nationale, qui n’est pas exempte d’incertitudes. Depuis la mise en place de la “règle d’or européenne” (terme inexact puisqu’il s’agit en réalité simplement des plafonds préconisés lors des accords de Maastricht de 1992 et du traité d’Amsterdam de 1997) qui stipule que la dette publique ne doit pas dépasser 60% du PIB, et le déficit 3% de ce même indicateur, nous n’avons jamais tenu cet engagement, dénoncé par certains comme un « diktat ». La crise financière de 2007 et 2008, accompagnée de la prise de conscience des marchés sur les risques de certains actifs, a révélé l’ampleur de la question de l’endettement structurel. La situation de la Grèce, dont le PIB a diminué de 25% en un an à la suite de la crise, doit provoquer un réveil de nos politiques quant aux emprunts d’État qu’ils reconduisent à chaque budget voté.
Sans la vouer aux gémonies, la dette doit nous questionner : quel sont son bien-fondé, son efficacité et ses dangers ? Au cœur des controverses capitalistiques, quel rôle joue-t-elle dans les circuits économiques ? Utile, ou dangereuse ?

Malgré les dangers évidents qu’une dette trop élevée crée (à partir de quel seuil peut-on la qualifier de trop élevée ?), cette question est toujours reléguée au second plan, au profit de discours belliqueux ou démagogiques. Ainsi, elle reste l’apanage des instances technocratiques comme la Commission européenne, la Cour des comptes, et autres sub-commissions. Pour mieux décrire cette réalité, on peut rappeler que chaque français porte trente mille euros de dette publique. Si ce chiffre est faible en comparaison des montants de dette privée, il faut rappeler que personne n’est prêt à débourser mille euros par an pour rembourser une dette qu’il ne juge pas être la sienne, et que toute hausse d’impôt se répercute immédiatement sur la croissance et le moral des Français.


Ainsi, on se moque des Allemands, qui se contorsionnent pour afficher un budget à l’équilibre (ce qui n’est bien sûr pas une fin en soi) ; on se réjouit quand telle ou telle instance « passe dans le vert », et même quand le déficit diminue d’un demi-point. On ne s’attend même pas à une baisse de la dette, un déficit qui se contracte légèrement suffit pour lancer une salve de communiqués enthousiastes. Ni la gauche, ni la droite (pourtant réputée plus économe), n’ont su endiguer l’hémorragie.


Le Moyen-Orient: terrain de jeu des Grands.


                    Le 30 septembre, la Russie s’engage officiellement dans le conflit syrien, rendant une nouvelle fois la situation plus complexe et difficilement compréhensible. Cette intervention met en lumière le motif qui anime les relations internationales de ces dernières années: nous sommes d’éternels solitaires, fascinés par la puissance, au service de nos intérêts, souvent contraires, toujours cachés, et terrorisés par notre avenir. Aujourd’hui, les grandes figures inévitables d’Occident, d’Amérique et de Russie placent leurs pions sur le terrain de jeu arabe qui, si fragmenté et divisé, devient facile à manipuler.

Les Etats-Unis ont un tour d’avance

Longtemps la présence des Etats-Unis au Moyen-Orient fut une preuve de  l’unilatéralisme de son action à travers le monde et de sa volonté impérialiste incessante. Quand la définition française du Moyen-Orient distingue ce dernier du Proche-Orient, les Américains entendent pour leur part l’ensemble des pays arabes du continent asiatique: l’Arabie Saoudite, le Yemen, l’Oman, les mini Etats du Golfe Persique, l’Irak, la Syrie, le Liban et la Jordanie; Israël et les territoires palestiniens: la Cisjordanie et Gaza; et les trois pays les plus influents de la région: l’Iran, la Turquie et l’Egypte. L’implantation américaine sur le sol arabe date des années 1924-1926, implantation que l’on doit principalement à la soif de pétrole qui naît dans l’entre-deux guerres. Les Etats-Unis firent signer le pacte de Bagdad le 24 février 1955 par un grand nombre de pays orientaux,  poursuivant la constitution du « grand Moyen-Orient américain ». Depuis, cette arrivée subite ne cessa d’être contestée. Ce sentiment d’exploitation illégitime du territoire et des populations par la suprématie américaine sera toujours compensé par l’apport culturel, économique et social qui résulta de l’arrivée de la civilisation occidentale. On nota par la suite que les principales interventions militaires américaines depuis 1990 se déroulent au Moyen-Orient: Koweït en 1991, Afghanistan en 2001, Irak en 2003 et Syrie en 2014. Mais, depuis l’entrée dans le XXIème siècle, les Grands veulent moins le pétrole pour la ressource énergétique qu’il représente que pour le point de pression qu’il peut devenir. La guerre du pétrole est une nouvelle guerre froide qui s’ignore.


En attendant la COP 21...

A l'approche de la Conférence de Paris, qui s'ouvrira le 30 novembre, le développement durable est revenue au centre de l'actualité, pour au moins quelques semaines. Les débats se multiplient devant cette question primordiale qui risque de déterminer notre futur. Il convient donc de comprendre les enjeux qui vont se jouer lors de cette COP 21, en analysant de vue le cœur du sujet qui tient en deux mots, nés du remarquable rapport Brundtland : le développement durable.


La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?

Il est incontestable que la croissance a des effets pervers, notamment sur l'environnement. Tous les rapports du GIEC ont confirmé ce problème et, dans le même temps, remis en cause le principe du "toujours-plus de croissance". Que ce soit par le biais de la déforestation, de la surexploitation des ressources aquatiques, du réchauffement climatique ou du rapide épuisement des ressources non-renouvelables, la croissance économique est terriblement néfaste à l'environnement.
Pire encore, la croissance a des effets pervers sur elle-même. Le méconnu rapport Stern, commandé en 2006 par le Royaume-Uni, met ainsi en lumière les risques du changement climatique : les risques liés au changement climatique coûteraient au moins 5% du PIB mondial chaque année. Ce qui est colossal quand on sait que 1% du PIB mondial pourrait stabiliser immédiatement les émissions de gaz à effet de serre.


jeudi 5 novembre 2015

Pourquoi la politique intérieure israélienne est injuste et grave




Depuis plusieurs mois, les affrontements violents entre jeunes palestiniens et soldats israéliens ont repris, au point que certains observateurs n’hésitent pas à parler de “troisième Intifada”. Comment ne pas s’insurger devant la possibilité qu’il existe encore dans des pays développés, occidentalisés, démocratisés, des affrontements si graves et si injustes ?

Une répression disproportionnée


La réponse des Israéliens est tout à fait ridicule et sanguinaire : on leur lance des pierres, ils répliquent par des balles réelles. Une attaque au couteau ne pourrait-elle pas être empêché sans effusion de sang (notons inversement le comportement remarquable des CRS français qui maîtrisent à la perfection l’art de désarmer l’adversaire sans utiliser d’armes à feu) ? Est-il normal que les militaires, pourtant si entraînés de Tsahal, soient réduits à ouvrir le feu sur des enfants comme si c’était du gibier ? Chaque jour des Palestiniens meurent sous les balles d’une armée censée protéger les plus faibles, et personne ne s’insurge.