dimanche 15 novembre 2015

L'islam ne doit pas être intouchable




Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, l'heure est venue de tirer des conclusions. Cet article se décline en trois parties et sur trois jours :


1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur.

Ces trois articles sont à retrouver sur De l'émotion à l'action


Arrêtons avec l'islam intouchable



Les terroristes se sont tous revendiqués comme musulmans. C'est un fait.
Bien sûr, tous les musulmans ne sont pas terroristes. Par contre, tous les terroristes sont musulmans. On aura beau dire que ce sont des faux musulmans, qu'ils salissent leur religion, qu'ils vont brûler en enfer, etc..., il n'empêche que si l'on reprend la définition d'une religion, ils sont effectivement musulmans.
La définition d'une religion comprend la notion d'adhésion. On fait partie d'une religion dans la mesure où l'on adhère à une croyance, à un dogme, et à tout ce qui en découle et en premier lieu, des règles de vie.
Les trois religions monothéistes ont dans leur texte sacré des principes devant guider leur vie. L'islam ne déroge pas à la règle, d'autant plus que la religion musulmane est très stricte et littéraliste et ne laisse donc aucune place pour l'interprétation. Un musulman qui suit les principes et règles énoncés dans le Coran va au paradis.
Penchons-nous désormais sur les principes qu'Allah aurait dictés à Mahomet.

A chaque attentat, des passages du Coran reviennent, diffusant un soi-disant message de paix, qui protégerait donc l'islam de toute accusation de violence intrinsèque. Ainsi la Sourate 5, verset 32 : "Celui qui tue un homme, c'est comme s'il tuait l'humanité. De même celui qui le sauve, c'est comme s'il sauvait tout le genre humain".




Le problème est que le Coran est un texte très ambigu. Il regorge aussi bien de message de paix que d'appels à la destruction des autres religions et des infidèles. Et de fait, le Jihad, guerre sainte, est véritablement un pilier de l'islam. Le salafisme, qui se revendique d'une interprétation très littéraliste du Coran, énonce ainsi le Jihad et la Dawa comme les deux moyens d'établir le règne du Royaume de Dieu sur terre. Or si la Dawa correspond à un prêche pacifique (le fameux dialogue), le Jihad préconise une lutte armée contre les Infidèles (en l'occurrence, nous).

De même, le témoignage de Joseph Fadelle, irakien converti au catholicisme, est édifiant sur la brutalité de l'islam. Ce jeune homme a été victime d'un attentat commis par sa propre famille qui refusait que celui-ci se convertisse. Dans Le Prix à payer, il retrace son effroyable chemin qui l'a mené aujourd'hui en France, où ses nombreuses conférences, dans lesquelles il dénonce la violence de l'islam, le mettent en danger de mort.

On peut également citer Magdi Allam, citoyen italien d'origine égyptienne, converti au catholicisme et baptisé en 2008 par Benoit XVI, qui passera le reste de sa vie sous protection policière en raison de son témoignage. Il a en effet affirmé s'être « affranchi de l'obscurantisme d'une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, la mort violente qui conduit à l'homicide et au suicide » et espère dès lors que son baptême serve d'exemple « à des milliers de musulmans convertis au christianisme obligés de cacher leur nouvelle foi par peur d'être assassinés par les terroristes islamistes alors que des milliers de convertis à l'islam vivent sereinement leur foi ». C'est plus que ce que les islamistes peuvent en supporter.

Lisons également quelques extraits du Coran qui remettent légèrement en cause le message pacifique de l'islam : "Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre" ou encore "Il m'a été ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent qu'il n'y a de dieu que Dieu" aurait dit Mahomet. Le Coran ajoute ensuite : "Et si vous êtes tués dans le sentier d’Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d’Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu’ils amassent", d'où la croyance couramment répandue chez les jihadistes que tuer des infidèles les mènera au paradis. 


Les défenseurs de l'islam (qui sont souvent aussi des détracteurs du christianisme) objecteront que la Bible comporte aussi des passages violents. La différence réside dans l'interprétation qu'en a fait Jésus lorsqu'il est venu sur terre. Ainsi, le Nouveau Testament (qui ne comporte absolument aucun appel à la violence) consiste en une interprétation de l'Ancien Testament. Cessons donc de comparer l'islam et le christianisme. L'une est intrinsèquement pacifique, l'autre intrinsèquement violente.

D'autres préfèrent attendre que l'islam, comme le christianisme, parvienne à maturité. Il est vrai que le christianisme a connu des obstacles majeurs et que son évolution n'est ni linéaire ni totalement pacifique. Les massacres lors des guerres de religion, tout comme l'Inquisition, ont existé.

Y a-t-il donc une différence avec l'islam ?
Oui. Le fait est que le christianisme a toujours eu une autorité terrestre supérieure : le Pape - ce que l'islam n'a pas. Et ce n'est sûrement pas le ridicule Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), créé par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur qui va mettre un terme au terrorisme, aider l'islam à s'adapter au XXIème siècle et à se franciser comme le souhaitait son créateur. Eric Zemmour le rappelle tristement dans Le Suicide français :

"(Sarkozy) a donné à l'islam la protection d'une religion d'Etat, sans aucune contrepartie. (...) Après ce loupé historique, les sujets de querelles s'accumuleront : polémiques autour du port du voile à l'école, débats autour de l'identité française, exigences islamiques à l'hôpital, à l'école, dans l'entreprise, dans les cantines scolaires ou pénitentiaires."

Philippe de Villiers dresse comme son ami Zemmour un constat alarmiste : l'islamisation de la France est en marche. Dans son excellent dernier livre, intitulé Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, il fait preuve d'une extrême lucidité quant aux tabous qui touchent aujourd'hui à l'islam et aux erreurs de Sarkozy :

"On a livré au public un impeccable syllogisme. Certes, l'islam radical existe. Mais l'islam modéré ne demande qu'à le vaincre. Il faut donc encourager l'islam modéré. L'islam radical est plutôt dans les caves. L'islam modéré est plutôt dans les mosquées. Il faut donc sortir des caves et construire des mosquées. En développant ainsi l'islam, on fera reculer le terrorisme, "dont les musulmans sont les premières victimes" .
Aujourd'hui on constate que c'est le plus souvent dans les mosquées, au contact de certaines prêches de feu extrémistes que se forme la nébuleuse des terroristes, ainsi endoctrinés au jour le jour."

Evidemment, ce discours absolument pas "moralement correct" lui attirera des ennuis de la part de toute la "bien-pensance". Il objectera que "la christianophobie est une opinion ; l'islamophobie, un délit". C'est cela le terrorisme intellectuel, décrit par Jean Sévillia dans son ouvrage du même titre. Désormais, la pensée unique tend à devenir totalitaire.



Le problème de l'islam est extrêmement préoccupant. Il est temps que nos dirigeants prennent la question à bras le corps. Regrettons au passage que le débat sur la place de l'islam soit aspiré par la crainte du Front national. Entre la peur de faire le jeu du Front national et celle d'être accusé d'islamophobe par la "bien-pensance" française, le débat sur l'islam est paralysé. Dommage pour un problème devenu aussi capital à long terme à cause de l'immigration.





3 commentaires:

  1. Un article engagé (et bien rédigé en plus!).
    Il donne à penser. C'est certain que l'islam va devoir s'interroger sur le fait que le Coran puisse être brandi pour justifier une telle barbarie. Oui, il faudra s'interroger sur la manière dont on transmet et enseigne l'islam.
    Par contre, je conteste l'expression "intrinsèquement violente" pour parler de l'islam. Il faudrait beaucoup plus le justifier et je ne suis pas certain que j'arriverais à la même conclusion que toi. Comment de l'intrinsèquement mauvais pourrait donner des musulmans si pieux et si droits qu'il m'est arrivé de croiser? En plus, une telle expression ne peut que nourrir la désunion et fermer à tout dialogue. Personne ne dialogue avec quelqu'un qui l'insulte!
    Je termine sur un dernier point: l'islam n'est pas intouchable, j'ai bien compris ton point et c'est vrai que la communauté musulmane va devoir travailler à enseigner une autre voie interprétative du Coran que celle qui a cours dans les milieux fanatiques. Mais notre société non plus n'est pas intouchable! Qu'est-ce qui pousse des jeunes français à sombrer dans le fanatisme? Pourquoi nos valeurs républicaines ne réussissent-elles pas fournir un idéal de vie à ces jeunes? Notre société matérialiste donne du bien-être mais apporte-t-elle cette transcendance dont le cœur humain a soif? Dénier cela à l'homme et il ira toujours le chercher quelque part... Si ce n'est pas nous qui créons les fanatiques, j'ose tout de même affirmer que nous préparons un terrain favorable à la croissance du fanatisme!

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    1. Cher ami,
      je suis tout à fait d'accord concernant le dernier point : il est évident que le nihilisme de notre société actuelle fait monter les extrémismes. Les islamistes sont d'ailleurs perplexe devant tant d'athés et d'agnostiques dans notre pays... Surtout que l'islam est aux antipodes de notre société en tant que religion prônant des valeurs que l'Occident a oublié telles que la virilité par la violence, l'autorité paternel quasi-dictatorial
      Pour la violence de la religion musulmane, je pense que dès le moment où on reconnaît comme modèle un homme ayant tué des milliers d'autres hommes, ayant violé des femmes et assassinés des enfants, il est malheureusement logique qu'une partie conséquente de l'islam tombe dans la violence.
      Je voudrai finir sur un dernier point : le Coran ne peut que très difficilement être questionné, contesté et donc interprété dans la mesure où il s'agit de la parole de Dieu transmis directement à Mahomet. C'est une différence fondamentale avec le christianisme dont les textes n'ont été "que" inspirés par Dieu, et non la retranscription directe. Qu'en penses-tu ?

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  2. Je comprends les points. Néanmoins, concernant la violence dans l'islam, la théologie chrétienne reconnaît qu'il y a, dans toutes cultures, des "semences du Verbe" (l'expression est de saint Justin) qui donnent, à ceux qui s'y accrochent, de se sanctifier. Le Christ et son Évangile apporte la lumière pour discerner ce qui, dans ces cultures, relève des semences du Verbe et ce qui doit encore être purifié et converti. Parler d'une violence intrinsèque, c'est se rendre incapable d'établir un tel discernement et c'est empêcher aux musulmans tout chemin de progression. En effet, c'est en approfondissant ce qu'il y a de vrai et beau dans leur religion que l'on peut espérer qu'ils trouvent enfin le Christ qui est la Vérité.
    Quant à l'interprétation du Coran, je suis d'accord avec toi. Certains courants en font des lectures fondamentalistes qui se ferment à toute herméneutique. Cependant, il existe de nombreux penseurs musulmans qui ne sont pas de cet avis et qui utilisent les outils de l'herméneutique moderne pour interpréter le Coran. C'est vers cette voie qu'il faut aller et qu'il faut encourager la communauté musulmane. Il n'y a que l'éducation qui éduque à l'esprit critique et à la liberté!

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