dimanche 29 novembre 2015

L’UE va-t-elle enfin avancer ?


« Nous voulons une Europe qui parle d’une seule et même voix, mais dans toutes ses langues, de toutes ses âmes. »
Ce rêve du poète portugais Fernando Pessoa semble bien lointain. En effet les grandes ambitions européennes des années 90 et 2000 incarnées par le traité de Maastricht et l’Eurozone ont été quelque peu balayées par les problèmes économiques qui touchent les pays depuis 2008.

Si l’union fait la force, c’est la désunion de cette Union Européenne qui pose problème. Avec un Royaume-Uni qui semble de plus en plus divisé par la question, l’Espagne, le Portugal et l’Italie rongés pas les problèmes économiques, et plusieurs pays comme la Hongrie et la Slovaquie qui semblent loin des directives des technocrates de Bruxelles, seules la France et l’Allemagne semblent encore entretenir ce doux rêve européen.





Cette désunion se ressent aussi niveau de la population avec un désintérêt profond pour la question et un taux d’abstention de 56,91 % aux dernières élections européennes, montant même jusqu’à 87 % en Slovaquie ainsi qu’une montée des partis eurosceptiques (FN, PVV, Syriza, KNP, UKip).

Les 28 ont eu l’occasion d’étaler aux yeux du monde ce manque de cohésion politique sur la question ukrainienne avec une absence totale de politique européenne commune, seul la France et l’Allemagne ont négocié les accords de Minsk, qui ont profité à la Russie ; un membre potentiel de l’UE a ainsi été totalement abandonné par les pays desquels il souhaitait se rapprocher.

Mais la crise des migrants qui touche l’Europe et les récents attentats qui ont frappé Paris pourraient remettre en marche cette UE qui n'avance plus.

Les centaines de milliers, voire les millions de réfugiés qui affluent vers l’Europe sont une occasion de montrer que l’UE peut régler des problèmes que chaque État serait incapable de gérer sans elle. Il faut pour cela prendre de vraies décisions européennes et dépasser les simples intérêts nationaux : répartition des migrants, intervention commune en Syrie (ou financement par les autres pays des frappes menées par la France), et surveillance des frontières et des mers communes. Le ministre de l’économie Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, son homologue allemand ont abondé dans ce sens en proposant un fond de 10 milliards d’euros pour financer l’accueil des réfugiés et la protection des frontières de l’UE.

De plus, les attentats qui ont endeuillé la France pourraient avoir un impact sur l’UE. Le président François Hollande a officiellement demandé l’aide des membres pour assurer la sécurité de la France, il serait temps de se rendre compte que, sans parler d’armée commune, une coopération accrue des armées européennes au sein d’un comité permanent est indispensable. Cette avancée serait doublement bénéfique dans la mesure où elle réduirait les coûts militaires des pays possédant déjà une force armée puissante et permettrait à ceux qui n'en ont pas d'en développer une à moindre frais. Enfin, cette coopération donnerait une plus grande efficacité aux interventions coordonnées.

Enfin, l'UE pourrait s'appuyer sur la base déjà existante de l'Interpol européen, pour créer un commandement des polices qui coordonnerait et dirigerait les forces de sécurité de l'Union dans les luttes contre les crimes et le terrorisme.


Comme l’a dit Jean Monnet, un des pères fondateurs de l’UE, « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ». Espérons dès lors que les crises qui touchent actuellement l’Europe auront au moins le bénéfice de relancer une UE de plus en plus menacée par les eurosceptiques.

2 commentaires:

  1. Ok, mais il faut revenir aux fondements de l'Europe, celle des Pères fondateurs. POur cela, nous devons nous poser une simple question : Pourquoi voulons-nous unir nos peuples ? Est-ce une raison uniquement économique : si c'est cela, il suffit d'avoir une simple coopération économique comme l'ALENA. Par contre, avons-nous une Histoire et une Culture commune ? La réponse est dans la question. Notre culture Greco-chrétienne, l'histoire de nos Nations, nous invitent à ne plus nous diviser dans nos guerres fratricides mais à unir nos talents (et à les partager) pour continuer l'Histoire. Aujourd'hui, la France ne peut se penser seule sans les autres pays de l'Europe (relisons notre Histoire), mais surtout le monde a besoin d'une Europe fidèle à ses valeurs afin qu'elle porte une vision tournée vers l'Homme et non uniquement sur les marchandises et la Richesse. Oui à une Europe des valeurs et non à une Europe anglo-saxonne reposant sur a seule composante économique.

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