lundi 28 décembre 2015

Que penser des "prévisions improbables" de Saxo Bank pour 2016 ? (2/2)

La météorite Trump pulvérise le paysage politique américain
Cliquez ici pour lire la première partie

5. Hillary Clinton devient la présidente des États-Unis, et les Démocrates reprennent le Congrès  Très probable

L'événement est cette fois politique, mais il pourrait avoir des conséquences particulièrement importantes. Depuis 2008 et John McCain, les Républicains n'ont présenté que des candidats repoussoirs, très populaires dans une certaine frange de l'Amérique, mais handicapés par leur profil peu consensuel. 2016 ne devrait pas faire exception: le trublion Trump séduit particulièrement l'électorat le plus à droite, celui du Midwest conservateur américain. Ses électeurs se retrouvent dans ses déclarations racistes, ou insultantes (comme interdire l'entrée des Etats-Unis à tout individu musulman), qui assouvissent des pulsions xénophobes primaires; cependant, s'il est en passe de remporter la primaire républicaine, il est conspué par l'électorat démocrate, et risque d'effrayer la masse des "sans-parti", ceux qui oscillent et font basculer l'élection.

samedi 26 décembre 2015

Faut-il rendre le vote obligatoire ?



“Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique”. Cette célèbre expression semble aujourd’hui avoir perdu de sa substance. L'abstentionnisme est le premier parti de France lors de la plupart des élections. Pis encore, il ne cesse de gagner du terrain. Les Français se désintéresseraient-ils de la politique ? C’est une évidence.

vendredi 25 décembre 2015

FN, pourquoi tant de haine?


À la question "40% des Français voteraient-ils pour une arnaque?", le Premier ministre a répondu "Oui, oui, il faut leur dire", avant d'ajouter : "Les Français qui font ce choix, bien sûr, je les respecte, parce que quand il y a un vote de colère, il faut l'entendre, mais il votent pour un parti antisémite, raciste, qui n'aime pas la République... et qui en plus trompe les Français ». Manuel Valls ne se risque pas à penser par lui-même, comme un grand nombre de Français, il s’arrête à la théorie apolitique que lui dicte la bien-pensance. Comment raisonner, débattre et se défendre dans une démocratie où la haine pour un parti se transmet, inconsciemment peut-être, mais sans véritable raison? La France ignore 6,82 millions des Français. Les politiques stigmatisent constamment les membres du Front National et caricaturent leurs idées. Les médias se moquent sans arrêt de l’extrême droite et conditionnent nous conditionnent à penser correctement. Pourquoi tant de haine?

jeudi 24 décembre 2015

Que penser des "prévisions improbables" de Saxo Bank pour 2016 ? (1/2)

L'année écoulée, Saxo Bank a estimé probable le risque de "Brexit" en 2017
Chaque année, à l'approche des fêtes, le service économique de la banque d'investissement Saxo Bank livre son rapport intitulé à juste titre Outrageous Predictions. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une liste de dix événements chocs, mais tout à fait possibles, voire probables, qui pourraient bousculer l'économie mondiale. Ce sont, en quelque sorte, des prévisions improbables (folkloriques) d'événements probables. Pourtant vulgarisateur, ce rapport est très mal connu du grand public.

mercredi 23 décembre 2015

Seul contre tous, Daech peut-il gagner?

Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de Daech
« Nous éradiquerons le terrorisme ». C’est ce qu’a promis François Hollande le 16 novembre dernier, après les attentats de Paris. François Fillon avait beau le prévenir dans son dernier succès : Faire, notre président, ainsi que ses homologues, retombent dans l’erreur traditionnelle de parler au lieu d’agir. L’Etat Islamique ne ressemble à aucun de nos anciens ennemis et aucune de nos stratégies ne paraît fonctionner. Bombardé militairement, asphyxié économiquement, il semble pourtant continuer à avancer et à s’étendre. Analyse d’une puissance inédite et mystérieuse qu’il ne faut pas sous-estimer.


Un atout précieux : l’inconscience.

L’Etat Islamique est né le 13 octobre 2006 lors du Conseil consultatif des moudjahidines en Irak. Il est donc encore jeune et peut paraître inexpérimenté face à de vieilles nations comme la France et le Royaume-Uni. Paradoxalement, ce manque d’expérience lui réussit. L’inconscient qui lutte contre le raisonnable aura toujours beaucoup de chances de gagner. Pourquoi? D’abord parce que pour Daech, la fin justifie les moyens. Ses méthodes de guerre nous dépassent et l’héroïsme funeste de ses combattants contraste avec notre goût pour la vie. Grâce à son inconscience, l’Etat Islamique est capable de tuer 130 personnes sans scrupules, puisque ce n’est qu’un moyen pour atteindre son objectif final : étendre l’Oumma à toutes les régions visées. Vif, efficace et rapide, Daech est constamment en avance sur les lentes puissances réfléchies que nous sommes. La mentalité et l’idéologie de cette organisation sont en décalage complet avec la sensibilité des Occidentaux. L’Etat Islamique l’a rapidement compris : il se sert des failles de ses ennemis pour asseoir sa puissance.

mardi 22 décembre 2015

La nouvelle bipolarisation française

Après les élections départementales, et encore plus avec les régionales, les observateurs du paysage politique français ont insisté sur la fin du bipartisme : désormais nous sommes entrés dans l’ère du “tripartisme”.

La formule fait écho pour beaucoup de Français à l’après-guerre, où communistes du PCF, socialistes de la SFIO et démocrates-chrétiens du MRP gouvernèrent ensemble jusqu’en 1947 et l’exclusion des communistes.
Aujourd’hui, l’usage du terme tripartisme désigne une toute autre réalité ; les trois partis majoritaires que sont le Front national, le Parti socialiste et les Républicains ne semblent nullement disposés à gouverner ensemble. Chaque parti s’oppose aux deux autres. Quoique.

Malgré le refus de Nicolas Sarkozy de fusionner les listes LR et PS dans l’entre-deux-tours, cette option n’avait pas été écartée par Manuel Valls. Mais face à la position de LR, le PS s’est piteusement retiré en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en PACA. En fait, c’est ce retrait qui met véritablement à mal la thèse du tripartisme : le PS est prêt à agir en faveur de LR pour faire barrage au FN.


Cette attitude très critiquable a le mérite d’appuyer une thèse que je partage : loin d’être entrée dans une ère de tripartisme, la politique est de nouveau bipolarisée. Seulement, les pôles ont changé. Désormais, le clivage est celui Front national contre front républicain. Front contre front.

lundi 21 décembre 2015

Refonder la République


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    Démocratie, République.... Ce sont des mots profondément inscrits dans le cœur des Français. Vous remarquerez que dans les débats politiques de bas étage, certains se défendent à grands coups de : « Je suis un républicain moi » , l'ancienne UMP s'est même attribué ce qualificatif car l'on peut difficilement se déclarer anti-républicain. Un certains nombre d'entre eux ne connaissent même pas les différences entre ces termes et ce qu'ils définissent. On oublie que la plupart des régimes dictatoriaux du monde (URSS, Corée du Nord...) sont des républiques... Mais voilà, pourquoi se cramponne t-on à un système mou qui a déjà échoué quatre fois et qui stagne aujourd'hui dans un bi(tri)partisme qui ne mène à rien. Arrêtons de penser la démocratie telle que nous la connaissons comme une évidence sacro-sainte où le peuple doit être présent à chaque échelon décisionnel. Ne mystifions pas un système qui empêche aujourd'hui toute progression.. Hollande nous scandait volontiers ses grandes idées de changement, Sarkozy ses petites réformes. Mais pourquoi ne pas repenser le système politique français en profondeur ?

Erdogan l'équilibriste

En 2007 s'engageait une série de négociations entre l'UE et la Turquie pour étudier la candidature de celle-ci, qui n'a abouti à rien. Depuis,  ces négociations sont au point mort et un rapprochement entre l'UE et la Turquie semble être une utopie sinon une pure folie lorsque l'on voit le virage à 180 degrés qu'a pris ce pays. Il y a 10 ans la Turquie était érigée en modèle des démocraties du monde arabo-musulman: libérale, flamboyante économiquement, classe moyenne prospère... Aujourd'hui, le président Erdogan, au pouvoir depuis 2003, s'est tourné vers un régime autoritaire, conservateur et mène une politique (étrangère et intérieure) obscure et dangereuse. A force de jouer avec le feu, il pourrait bien finir par se brûler.

Un bien piètre paysage politique

 

  Après les régionales, la commedia dell'arte offerte par nos politiciens est pitoyable: alors que la droite pouvait sortir renforcée, comme à l'issue des municipales, la fête n'était pas au rendez-vous chez les pontes. Nicolas Sarkozy, au Parc des Princes après une allocution éclair, affichait une mine tirée. Marine Le Pen ne pavanait pas non plus, étant donné le succès (relatif, nous le verrons) du "front républicain" en PACA et dans la région Nord-Picardie. Le PS s'est pris une énième claque, passant de l'hégémonie (26 régions sur 27) à la minorité (5 sur 13). C'est peut-être La Croix qui résumait au mieux la situation, en titrant "La défaite pour tous" le 14 novembre. Cela a aussi été l'occasion pour les partis traditionnels d'étaler leurs divergences et leur faiblesse idéologique. La cerise sur le gâteau est arrivée ce vendredi: un sondage Ifop pour Atlantico donnerait, en termes d'intentions de vote pour 2017, Le Pen en tête à 27%, suivie de Hollande à 22% et Sarkozy à 21% et enfin Bayrou à 12%. Qui, il y a seulement quelques mois, aurait pu imaginer une telle situation ?

dimanche 20 décembre 2015

Conflit israélo-palestinien : les solutions (2/2)

Trois solutions majeures aux problèmes que j'ai étudiés dans la première partie de l'article Les problèmes (1/2), s’offrent à nous, avec leurs avantages et leurs limites respectives.

Un point est certain : ces solutions ne sont réalisables qu’à condition que les deux parties décident de se préoccuper non plus de leurs intérêts personnels (électoraux), mais qu’ils embrassent le problème avec une vision courageuse, sur le long terme. De mon point de vue, Nétanyahou n’en est pas capable. C’est plus compliqué pour Abbas. 

Nétanyahou et Abbas, une poignée de main tout sauf cordiale

vendredi 18 décembre 2015

Conflit israélo-palestinien : les problèmes (1/2)


Depuis la reprise début octobre des violences entre Israéliens et Palestiniens dans les principaux points de tension que sont la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la poudrière de la bande de Gaza, le silence des puissances occidentales est assourdissant. Et c’est regrettable.

Mais ce conflit est loin d’être nouveau , ce qui rend la situation d’autant plus complexe. En fait, plusieurs points majeurs posent de graves problèmes et appellent une réponse rapide, efficace et juste. Ces problèmes sont de différentes natures, à des niveaux différents.



vendredi 11 décembre 2015

Pourquoi les lobbies bruxellois menacent la démocratie


30 000. C’est le nombre ahurissant de lobbyistes présents à Bruxelles. 



Ces hommes et femmes sont des véritables prédateurs : il rôdent, restent dans l’ombre la plupart du temps, puis attaquent, harcèlent sans relâche lorsqu’ils ont trouvé une proie. Qui sont ces proies ? Que veulent ces prédateurs ? En somme, pourquoi menacent-ils la démocratie ? 

Décryptage du lobbying bruxellois, plaie officieuse mais plus réelle que jamais de l’Union européenne.




mercredi 9 décembre 2015

Les crèches de Noël n'ont pas leur place dans les mairies

Robert Ménard devant sa crèche de Béziers
C'est maintenant une tradition depuis une dizaine d'années, à l'approche de Noël, les crèches fleurissent dans les mairies d'extrême droite, et même parfois de droite républicaine. La résurgence de ce phénomène est assez curieux, puisqu'il n'est que récent (à quelques exceptions près), et ne relève donc pas d'une quelconque tradition. Malgré l'adoption quasi unanime de la loi de 1905 dans le coeur des Français depuis un siècle, on assiste ces dernières années à une contestation ou tout du moins à une "reformulation" de ces principes fondateurs. C'est le signal assez inquiétant de la fin de la laïcité à la française, "anticléricale" selon ses contempteurs, "intransigeante" selon ses partisans (dont je fais partie). Le porte-étendard de ce mouvement est bien entendu Robert Ménard, le maire de Béziers apparenté au Front National, personnage très (trop ?) médiatique par rapport à sa fonction. Comme les trois quarts des actions de ce charmant homme, l'installation d'une crèche à Béziers a pour unique but de faire polémique, et de de faire titrer au Figaro l'année dernière: Ces crèches que l'on veut enlever. Celui-ci nous a donc promis cette année "une très belle et très grande crèche à l'entrée de la mairie".

lundi 7 décembre 2015

Répondre à l'inégalité par l'inégalité ou la politique de l'erreur (3/3)



Retrouver le sens de l’impôt (3/3)



« L’impôt sur le revenu français est un fromage plein de trous qui ne rapportent presque plus rien. Rajouter une tranche supplémentaire, c’est mettre un cautère sur une jambe de bois. C’est toute notre fiscalité qu’il faut rebâtir. Mais sur quels principes? Avec quels objectifs? Un sujet idéal pour une présidentielle. » Encore une fois, Eric Zemmour cerne la question à laquelle il nous faut répondre pour éclairer le débat et trouver des solutions : à quoi l’impôt doit-il servir?


dimanche 6 décembre 2015

Répondre à l'inégalité par l'inégalité ou la politique de l'erreur (2/3)


Entre préjugés et caricatures : l’impôt proportionnel, un impôt juste (2/3)

Pour bien cerner le débat, il est d’abord nécessaire de savoir que l’impôt proportionnel est un prélèvement obligatoire qui a un taux d’imposition à pourcentage fixe et qui s’impose à la base de toute imposition, quel que soit le montant de celle-ci. Très loin de l’impôt de capitation, un impôt constant qui ne varie pas selon les revenus, il se rapproche plutôt de l’impôt progressif puisque la valeur absolue du prélèvement augmente avec le revenu. Ainsi, l’impôt proportionnel, appelé également Impôt à Taux Unique, combine les deux autres impôts qui existent, admettant une progressivité en fonction des revenus et exigeant la participation de tous au bien-être commun.

        Aujourd’hui, cet impôt est de plus en plus rare. Nous rencontrons pourtant tous les jours deux des derniers impôts progressifs dans la TVA et la CSG en question. Ces prélèvements obligatoires proportionnels rapportent en réalité beaucoup plus que ceux qui relèvent d’un système progressif. A titre indicatif, en 2013, la part de la CSG et de la TVA dans le PIB français s’élevait à 11,2% tandis que l’impôt sur le revenu ne participait qu’à 3,2% de ce PIB. Le système d’imposition proportionnelle est celui qui rapporte les plus à l’Etat, mais, paradoxalement, notre président annonce qu’il souhaite, d’ici la fin de son mandat, fusionner l’ISR avec l’un des derniers et l’un des plus efficaces impôts proportionnels : la CSG. Pourquoi demeurons-nous dans l’erreur depuis si longtemps? Pourquoi ne cherchons-nous pas à nous rendre à l’évidence?




vendredi 4 décembre 2015

Réquisitoire contre le FN

Dédicace spéciale à Elie Collin.
Dimanche prochain ont lieu les élections régionales. Si celles-ci ne conditionnent pas l'avenir de la France - Dieu merci -, l'importance de la "vague Front national" consacrera, ou non, la première place du parti de Marine Le Pen dans le paysage politique français. Si les sondages, tous plus alarmants les uns que les autres, se confirment, la situation sera inédite. Cependant, il ne faut pas céder aux sirènes du FN, pour les raisons suivantes:

Répondre à l'inégalité par l'inégalité ou la politique de l'erreur (1/3)

Jeudi 12 novembre, un évènement d’une grande importance s’est déroulé à l’Assemblée Nationale, rapidement étouffé par la nouvelle des événements tragiques du Bataclan. L’amendement déposé dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2016 par l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le député socialiste Pierre-Alain Muet visant à rendre la Contribution Sociale Généralisée plus progressive a été adopté par les députés. Mais à peine adopté, l’ « amendement Ayrault » est critiqué par l’exécutif. En dehors du problème de constitutionnalité et de la complexité croissante du système fiscal français, une limite plus grave apparaît et dénonce involontairement les erreurs de notre politique actuelle qui tente de répondre à l’inégalité par l’inégalité. Il est temps d’éclaircir le débat entre progressif et proportionnel à la lumière de ce projet de réforme dangereux.
Cet article se décline en trois temps :
1/3 : La progressivité de l’impôt : l’illusion d’une égalité.
2/3 : Entre préjugés et caricatures : l’impôt proportionnel, un impôt juste.
3/3 : Retrouver le sens de l’impôt.


mercredi 2 décembre 2015

Petit Manuel de Trumpisme

Qu'on l'adore ou qu'on le déteste, Donald Trump, candidat à la primaire républicaine, ne laisse personne indifférent. Alors si vous êtes né sur le sol américain et briguez la Maison Blanche ou si vous voulez simplement comprendre le personnage, voici un petit guide de l'ascension fulgurante de Donald Trump.

mardi 1 décembre 2015

Éloge du Pikettysme



En 2013, paraissait Le Capital au XXIème, livre-phare du jeune économiste français Thomas Piketty. En France, ce livre ne fut reçu que modestement en comparaison du triomphe qu'il connut aux États-Unis! Ou plutôt, du débat qu'il suscita.


D'une part, les libéraux accusèrent le livre d'être marxiste (une insulte étrange venant d'un pays qui n'a jamais connu le socialisme). D'autre part, un nouveau courant de pensée économique vint au monde : le Pikettysme
Son porte étendard était le célèbre Paul Krugman, Nobel en 2008, qui dans ses éditoriaux dans le New York Times, défendit de toutes ses forces l'étude du Français. Mais que disait cette étude pour qu'elle fasse couler tant d'encre ?