vendredi 25 décembre 2015

FN, pourquoi tant de haine?


À la question "40% des Français voteraient-ils pour une arnaque?", le Premier ministre a répondu "Oui, oui, il faut leur dire", avant d'ajouter : "Les Français qui font ce choix, bien sûr, je les respecte, parce que quand il y a un vote de colère, il faut l'entendre, mais il votent pour un parti antisémite, raciste, qui n'aime pas la République... et qui en plus trompe les Français ». Manuel Valls ne se risque pas à penser par lui-même, comme un grand nombre de Français, il s’arrête à la théorie apolitique que lui dicte la bien-pensance. Comment raisonner, débattre et se défendre dans une démocratie où la haine pour un parti se transmet, inconsciemment peut-être, mais sans véritable raison? La France ignore 6,82 millions des Français. Les politiques stigmatisent constamment les membres du Front National et caricaturent leurs idées. Les médias se moquent sans arrêt de l’extrême droite et conditionnent nous conditionnent à penser correctement. Pourquoi tant de haine?




Haïr le FN ou comment bien penser.
Depuis que le Front National est né, il y a une quarantaine d’années, les politiques de notre pays n’ont cessé de le caricaturer pour induire les Français en erreur et s’attirer ainsi les électeurs indécis. Le parti, réputé pour être fasciste, a été progressivement éloigné des débats, subissant outrageusement l’endoctrinement des citoyens selon le principe répandu de la bien-pensance. Toute opinion politique qui se forme se voit rapidement accablée par des clichés soigneusement dictés qui lui imposent de rejoindre la grande communauté des anti-FN. La démocratie est faussée et donc profondément injuste puisqu’elle souffre d’une tyrannie de l’esprit. Etre en accord avec les idées du Front National apparait comme surprenant, voire choquant. Voilà pourquoi le vote ne reflète pas toujours la volonté des Français.


Cette tyrannie de l’esprit fait reculer les citoyens qui seraient attirés par le Front National. Les Français ont peur d’avoir leur propre opinion. Pour les plus lâches, ils se réfugient dans le confort du politiquement correct, terme qui, bien que très critiqué, prend ici tout son sens. Pour les plus courageux, ils s’attirent la haine, le dégout et la critique de leur entourage. Devant ce bien piètre paysage politique, le choix est rapidement fait. Les Français, sous le poids de la menace, agissent par peur et non plus par conviction. Notre société nous habitue à la facilité, au moindre effort. Voter contre le FN, c’est s’éviter de devoir penser par soi-même. Si bien que l’anti-FN est en train de devenir un parti, avec comme seul objectif de noircir l’image du parti et d’enlever, par la même occasion, tout sens à la démocratie. Mungo Shematsi, ex-partisan du Parti Socialiste et d’origine congolaise, a soudainement ouvert les yeux lors d’un discours plein d’« honnêteté » de Marine Le Pen.
« Dans mon quartier, beaucoup sont déçus par Hollande, mais ils n'osent pas voter UMP et voter FN leur fait encore peur », livre-t-il.
Cette peur de voter FN ralentit, pour le moment, la progression possible du parti, bien qu’il soit, aujourd’hui, plus élu que jamais.


Dédicace à Elie Bataille
« Le vote Front national est aussi et surtout un vote qui veut amener Marine Le Pen au pouvoir. Plus qu’un vote de la colère, c’est bien un vote de l’adhésion. »
Claire Checcaglini, journaliste qui a infiltré le FN pendant plusieurs mois, résume bien la situation, mal comprise par les politiques après les élections régionales. Le vote FN n’est pas le signe d’un mécontentement, comme a pu le marteler le gouvernement. Le Front National n’est pas non plus un parti anti-système même s’il est, comme trois quarts des partis de France, un parti dit d’opposition. Ce parti d’opposition tient depuis quarante-trois ans et rassemble de plus en plus de voies. Il faudra sans doute le compter parmi les principaux partis de France, comme le montre intelligemment l’article La nouvelle bipolarisation française.

Mais une question demeure. Pourquoi ses voies, attribuées à des causes perdues, à l’« effet attentat » ou encore à l’argument « essayons-les », ne représenteraient-elles pas une volonté politique comme elle existe dans les autres partis? Pourquoi le FN devrait-il toujours être dans l’exception et ses électeurs devraient-ils systématiquement être anormaux? Les Français qui ont voté Front National l’ont fait car ils voient, dans le programme de ce parti, des réponses à leurs questions et à leur mécontentement. Ce parti est stigmatisé et diabolisé sans que sa défense ne soit écoutée. Il est freiné par une démocratie en crise, une haine générale et irréfléchie d’un peuple qu’il essaie pourtant de protéger et une bien-pensance toujours plus cruelle qui ne laisse pas les électeurs libres d’exprimer leur opinion.


Clichés et préjugés : la maladie du Front National
Le parti de Marine Le Pen est nourri de préjugés que nous allons étudier avec un peu d’attention.

« Le Front National est un parti raciste », nous dit Manuel Valls. Qu’est-ce qu’un parti raciste? On parlerait plutôt d’un mouvement politique qui prônerait dans le monde la suprématie de groupes ethniques ou de certaines races supposées sur d’autres. Par sa politique de contrôle de l’immigration en France ou par sa logique de priorité aux nationaux face à l’emploi et au logement, le Front National est souvent considéré comme raciste. Voilà l’exemple parfait des raccourcis odieux que l’on fait subir au FN. On part d’un simple constat dénué de toute ambition discriminatoire pour en faire une caricature grossière et loin de la réalité. Les idées du Front National ne sont pas racistes et ses dirigeants non plus. Le racisme est devenu une menace qui, utilisée si souvent à mauvais escient dans la vie courante, n’a pas de sens. La notion de race est devenue une vérité intouchable, comme le montre le récent scandale de l’affaire Morano. Manuel Valls va à l’encontre de la nouvelle théorie qu’il s’applique lui-même à défendre. Parler de racisme dans le cas du Front National, c’est admettre qu’il existe plusieurs races différentes. Le premier ministre n’a pourtant pas été soumis au même sort que madame Morano car, au fond, il avait une bonne intention, une intention correcte : souiller, une fois de plus, l’image du FN. Sofiane Ghoubali, membre d’origine algérienne du Front National, candidat aux municipales de mars, ayant participé à plusieurs réunions du parti, défend vigoureusement son opinion. Pour lui, « le FN n’est pas raciste ». Pourtant, c’est un argument qui revient sans cesse dans les débats. Le Front National est malade, et son virus dangereux, le moralement correct, le fera souffrir tant que la bien-pensance parlera à la place des Français.


« Le Front National est un parti fasciste », selon Jean-Luc Mélenchon. La simplicité d’esprit que demande cet argument préconçu nécessite une réponse très pragmatique. Il est d’abord essentiel de préciser que le fascisme s’applique en premier lieu au régime dictatorial établi par Mussolini en Italie de 1922 à 1945. Le terme est donc très maladroitement utilisé. Pour généraliser, une seconde définition suit parfois et indique que le fascisme correspond à une doctrine visant à établir un régime comparable au fascisme italien. Ce dernier se caractérisait par une autorité arbitraire, dictatoriale et violente. Le Front National ne remplit aucun de ces critères, comme le précise Marion Maréchal Le Pen elle-même : « Parmi ces définitions, il y a l'antiparlementarisme, l'autoritarisme et la doctrine basée sur la race. Nous ne répondons à aucun de ces critères. » Elle ajoute : « Moi je ne me considère ni d'extrême droite, ni fasciste et je trouve que c'est de la paresse intellectuelle de la part des adversaires. C'était une recommandation de Staline d'ailleurs aux communistes français, de dire : 'Traitez vos adversaires de fascistes'. On se base sur la morale et ainsi ça permet d'éviter d'aller sur le fond politique. » Traiter le Front National de fasciste est un mensonge, un contre-sens et une erreur politique.



Marion-Maréchal Le Pen, après sa victoire en PACA au premier tour


« Le Front national n'est pas un parti républicain » répète Manuel Valls. Cet argument a encore pour objectif d’exclure le FN de la politique. Ne répétons pas paresseusement les clichés sur lesquels s’appuie notre premier ministre, mais interrogeons-nous plutôt. Qu’est-ce qu’un parti républicain? Un parti républicain est un parti qui appartient à une République et qui respecte donc ses valeurs. Mais qu’entend-t-on par République? Si l’on considère la République comme une forme de gouvernement, par opposition à la monarchie, le FN, comme l'ensemble des partis représentés au Parlement, est républicain. Si l’on réfléchit en terme de valeurs, si protégées par notre République, la décision est très subjective, et le Front National n’est pas plus républicain que le PS ou Les Républicains. Le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, affirme que : « le vote FN n’est pas un vote contre la République ». Le défenseur revendiqué de la République reconnaît lui-même que le Front National en fait partie, que faut-il de plus?


« Le Front National n’a aucun programme » entend-t-on souvent à la radio ou dans la bouche d’hommes politiques à court d’argument. D’abord, très simplement, cette phrase est fausse. Ce cliché est à ajouter à la longue liste, puisque le Front National, comme tout autre parti, a un programme. Pour ce qui est de son programme économique, très critiqué pour être sans fond et sans intérêt, il faut d’abord s’entendre sur la place que l’on donne à l’économie dans notre société. La croissance pour la croissance ou la croissance pour le développement? En fait, son programme économique n’est pas irréprochable et celui du PS et des républicains ne l’est pas non plus. Mais dire qu’il n’a pas de sens ou qu’il est irréalisable est faux. Les grandes lignes de son programme économique, parfois très socialiste, se résument souvent à la sortie de l’euro, la retraite à 60 ans, la semaine de 35 heures. Là encore, ses projets sont radicalisés et caricaturés par le totalitarisme et l’endoctrinement médiatique. Marine Le Pen veut avant tout que le peuple français, soumis à un référendum, fasse ses propres choix. Le FN travaille, rectifie son programme, pour mieux l’adapter à la situation. La semaine de 35 heures est en train de devenir celle de 39 heures et la retraite n’est plus à 60 ans mais à 63 ans. Quand à la sortie de l’euro, une étude a démontré que 105 économistes, dont 5 prix Nobels, n’ayant aucune affinité avec le parti de Marine Le Pen, prônent néanmoins une sortie de l’euro qui guérirait notre économie de nombreux de ses maux ( http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/105-economistes-envisagent-la-152083 ). « It’s the economy, stupid! » pourrait lancer Marine Le Pen à François Hollande comme Bill Clinton, à l’époque, le faisait à George W.Bush. La débâcle économique actuelle est due au programme économique inefficace du gouvernement. Comment est-il possible de critiquer celui du Front National lorsque le sien est désastreux? Encore cette haine injustifiée pour le FN, maladie sans doute incurable.



Le combat pathétique de la politique contre le FN.

Le retour improbable de Bernard Tapie en politique pour contrer le FN, la campagne menée par Manuel Valls contre le Front National, l’acharnement de l’ex-ministre Cuvillier, tête de liste du PS pour les départementale dans le Pas-de-Calais, contre Marine Le Pen, l’appel dérisoire de Robert Badinter à voter contre le FN, le parallèle inacceptable du journaliste Jean-Jacques Bourdin entre Daech et le FN : tant de signes qui témoignent de l’impasse politique actuelle. Aujourd’hui, le phénomène de la politique pour la politique est en train de se répandre. Nos dirigeants ne cherchent plus à répondre aux problèmes de la cité, ils veulent seulement discréditer et contredire, à tout prix, le Front National. Sa présidente, Marine Le Pen, l’évoquait récemment :
"La principale préoccupation du gouvernement, c'est le Front national. Il passe sa vie à lutter contre le Front national ». Mais, selon elle, "ce n'est pas ce que les Français attendent de lui. Les Français attendent de lui qu'il agisse contre le chômage, contre l'insécurité, contre l'effondrement du pouvoir d'achat, la concurrence internationale déloyale, le terrorisme, le djihadisme", a-t-elle énuméré.

Marine Le Pen, après sa victoire dans le Nord-Pas-De-Calais au premier tour

Le tableau politique français fait peine à voir. Un coalition immense se forme contre un parti : notre démocratie est tombée dans la tyrannie de la majorité. L’expression est du philosophe Alexis de Tocqueville qui, dans De la démocratie en Amérique, énonce pour la première fois cette dérive.
« Les démocraties sont naturellement portées à concentrer toute la force sociale dans les mains du corps législatif. Celui-ci étant le pouvoir qui émane le plus directement du peuple, est aussi celui qui participe le plus de sa toute-puissance. On remarque donc en lui une tendance habituelle qui le porte à réunir toute espèce d’autorité dans son sein. Cette concentration des pouvoirs, en même temps qu’elle nuit singulièrement à la bonne conduite des affaires, fonde le « despotisme de la majorité ». »
La majorité se sert de la moralité, aujourd’hui intouchable, et impose implicitement une norme aux citoyens. Le gouvernement a réussi à rassembler la majorité contre la minorité. La bien-pensance a vaincu l’opinion. La démocratie a perdu la diversité qui faisait sa richesse et la politique s’enfonce dans des débats stériles et des combats inéquitables autour du FN.


Le FN : seul dans le règne du mensonge

Haïr le FN est devenu une obligation morale, une mode. Cette haine, nous n’en sommes pas toujours les responsables. Elle nous est transmise par nos dirigeants, par les médias, par notre entourage. Aujourd’hui, la pression sociale est à son comble et, pour s’insérer dans la société, il faut mentir sur soi-même et penser comme les autres. Ce déni de la personnalité, ce refus du particulier ne favorise pas, comme les socialistes l’auraient souhaité, la communauté. Il la détruit. Rejeter automatiquement le Front National nous abrutie et pervertie nos relations. Dans le règne du mensonge et de la banalité, comment espérer accomplir la volonté des Français si une grande partie d’entre eux n’osent pas l’exprimer? Notre société est vouée à exclure ceux qui se différencient et à se mentir pour se protéger. La haine du Front National est moins due aux désaccords qu’engendre son programme qu’aux caricatures mensongères dont il est la victime. Il faut refouler cette haine injuste si nous ne voulons pas que notre belle société démocratique s’effondre.

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