lundi 21 décembre 2015

Refonder la République


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    Démocratie, République.... Ce sont des mots profondément inscrits dans le cœur des Français. Vous remarquerez que dans les débats politiques de bas étage, certains se défendent à grands coups de : « Je suis un républicain moi » , l'ancienne UMP s'est même attribué ce qualificatif car l'on peut difficilement se déclarer anti-républicain. Un certains nombre d'entre eux ne connaissent même pas les différences entre ces termes et ce qu'ils définissent. On oublie que la plupart des régimes dictatoriaux du monde (URSS, Corée du Nord...) sont des républiques... Mais voilà, pourquoi se cramponne t-on à un système mou qui a déjà échoué quatre fois et qui stagne aujourd'hui dans un bi(tri)partisme qui ne mène à rien. Arrêtons de penser la démocratie telle que nous la connaissons comme une évidence sacro-sainte où le peuple doit être présent à chaque échelon décisionnel. Ne mystifions pas un système qui empêche aujourd'hui toute progression.. Hollande nous scandait volontiers ses grandes idées de changement, Sarkozy ses petites réformes. Mais pourquoi ne pas repenser le système politique français en profondeur ?


    Attention, mon but ici n'est pas de prôner un système comme la monarchie, qui ne peut s'adapter à l'ensemble des Français mais plutôt de proposer un système qui s'appuie tout de même sur certains fondements, notamment ceux acquis par les droits de l'homme et du citoyen.
Ma première objection au système actuel est une incapacité du gouvernement à pouvoir manoeuvrer et mettre en place des lois et réformes fluidement. Une des causes principales est un système législatif complexe. A quoi bon avoir deux chambres ? De toutes les manières, si le Sénat s'oppose à une loi, après trois renvois, ce sera l'Assemblée Nationale qui emportera le dernier mot... Quelle utilité à part la possibilité de garantir une bonne retraite aux anciens des partis ?
  
    De plus, le calendrier électoral fait en sorte que les élections législatives se déroulent seulement un mois après les présidentielles... A quoi bon ? Les français ont déjà donné leur opinion sur le dirigeant qu'ils voulaient pour la France. Ces élections ne peuvent qu'entacher le semblant de pouvoir dont dispose le gouvernement sur son territoire (rappelons la dépendance à Bruxelles...) en instaurant une faible majorité (ou pas de majorité du tout) à l'assemblée, ce qui implique donc une dépendance aux petits partis et parfois aux extrêmes. Et dès qu'une proposition de loi qui sort un peu des codes « gauche-droite » est proposée (loi Macron), une sorte de barrière idéologique se met en place et le gouvernement doit utiliser le 49.3, qui provoque une insurrection médiatique au point que certains parlent d'action anti-démocratique... Mais si le peuple a élu un homme, c'est pour que celui ci fasse bouger les choses et non pas pour qu'on le blâme ou qu'on l’empêche de manœuvrer, pour l'accuser à la fin de son mandat de n'avoir rien fait. Le gouvernement ne devrait pas avoir besoin de recourir à des mesures exceptionnelles pour appliquer sa ligne de conduite. On ne peut voir dans ces assemblées que des obstacles à des prises de décision efficaces en amont.
   Le rôle des assemblées étant de parfaire et de voter les lois, on peut s'attendre à ce que les ministères concernés par les domaines de la loi puissent eux mêmes proposer un texte adapté et applicable sans passer par une autre entité qui ralentit la procédure.

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     Le système du quinquennat est lui aussi à revoir. On ne peut avoir un gouvernement en place qui se travestit un an avant la fin de son mandat, à des fins électorales... De plus la plupart des mesures, notamment économiques, se mettent en place et s'appliquent sur des périodes plus importantes qu'une demi-décennie. Un gouvernement doit donc se battre à travers tout le système électoral complexe pour obtenir une mesure qu'il verra destituée par le gouvernement à suivre... L'alternance pose ce problème de la marche en arrière permanente : détruire ce que l'autre a construit. Rappelons que le passage du septennat au mandat actuel fut une décision de Chirac à des fins personnelles (il avait déjà quelques problèmes de santé importants). Pourquoi ne pas mettre en place un mandat de 10 ans qui assurerait un cap à suivre pour les dix prochaines années ?

    Un autre problème dont les Français ont pris conscience est la décentralisation. Il faut laisser une marge de manœuvre aux municipalités et aux régions sans pour autant complexifier le système de 
 pouvoir. Je laisse ce sujet de côté car il est souvent abordé par les médias.

    Si la France veut donc un avenir sur la scène internationale, il lui faut un système et une équipe qui lui permettent de prendre des mesures rapidement et efficacement, et qui puissent s'appliquer sur un long terme. Un pouvoir exécutif plus fort, des assemblées remplacées par des conseillers ou ministres spécialisés, des prises de décisions aux plus petites échelles sont nécessaires aujourd'hui au fonctionnement de notre système. La France est une république, et la possibilité d'un pouvoir décisionnel plus fort ne contraste pas avec les valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité qui construisent notre pays. Pour ce faire, il faut évidemment un changement des mentalités, la fin de la politicaillerie française et du clivage entre la gauche et la droite. L' état d'esprit qui consiste à englober les idées sociales et politico-économiques dans un même ensemble étiqueté à droite ou a gauche est désormais dépassé. Il faut fonder l'avenir en refondant la République.

2 commentaires:

  1. J'aime le:
    "Mais si le peuple a élu un homme c'est pour que celui ci fasse bouger les choses et non pas pour qu on le blâme ou qu'on l’empêche de manœuvrer pour enfin l'accuser à la fin de son mandat de n'avoir rien fait."

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  2. Intéressant comme optique. Toute la complexité réside dans le fait que si demain un homme réforme les institutions, il sera comparé à tous les dictateurs ou à Poutine.

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