dimanche 31 janvier 2016

L'Iran, un Etat toujours plus voyou

La visite d'Hassan Rohani en Europe cette semaine a fait beaucoup couler d'encre. Certains se félicitaient de rétablir enfin les liens commerciaux et diplomatiques - on leur vend des Airbus et on récupère du pétrole tout en s'assurant un soutien essentiel contre l'Etat islamique. D'autres fustigeaient une alliance abjecte avec un pays qui bafoue ouvertement les Droits de l'Homme. C'est cette tendance que je compte défendre dans cet article. George Bush avait raison lorsqu'il dénonçait l'Iran comme un Etat voyou. Des Airbus n'effaceront jamais les crimes commis par l'Iran, pour lesquels il doit payer.  

Le président iranien, Hassan Rohani, en déplacement en France, reçu par le président François Hollande.

Au nom d'une prétendue real politik, inspirée tout droit des stratégies américaines pendant la Guerre froide, nous avons renoué avec l'Iran. Mal nous en a pris. 
L'incohérence dont font preuve les diplomates occidentaux éclate aujourd'hui au grand jour. Rappelez-vous en 2001 et en 2003, les Etats-Unis formaient une grande coalition internationale pour abattre les Etats voyous : on reprochait au gouvernement taliban d'Afghanistan de laisser Al Qaida prospérer et à l'Irak dictatorial de Saddam Hussein de violer le droit international en cherchant à se doter de l'arme atomique.
L'Histoire, cet éternellement recommencement, nous a donné profondément tord. La plupart des observateurs et du grand public s'accordent à dire que les deux interventions successives au Moyen-Orient furent un cuisant échec. La situation actuelle provient de notre incompétence passée (Cf. Le Moyen-Orient, terrain de jeu des grands).
Pourtant, étrangement, nous avons fait exactement la même erreur en 2011 en attaquant la Libye. C'était une occasion rêvée pour Sarkozy, en pleine débâcle, de se vêtir des habits si prestigieux de chef de guerre. L'intervention en Libye est son intervention. Il l'a voulu, il l'a eu, mais il n'en a pas assumé les conséquences. Ce devait être ce pour quoi l'Histoire le glorifierait - Sarkozy, le défenseur des Droits de l'Homme, sauveur d'une Libye opprimée, lui apporte la paix et la démocratie. Mais ce sera ce pour quoi l'Histoire le moquera - Sarkozy l'homme dont la vision vers le futur n'excédait pas la prochaine élection.

jeudi 28 janvier 2016

Education: un mal français


  C'est le grand embarras à l'Education Nationale : la nouvelle réforme du collège, dans les cartons depuis déjà plusieurs années, a été présentée dans ses grandes lignes il y a quelques mois, et les mesures se précisent. La ministre de l'Education Nationale a réussi à liguer contre sa réforme les intellectuels de tous bords, excepté Libération. Face au tollé qu'a provoqué cette réforme, on peut faire confiance à M. Hollande pour vider les mesures de leur substance, art dans lequel il est passé maître avec la loi Alur par exemple, tout en provoquant des réactions hostiles. Notre Président a ceci de surprenant: il est capable de se mettre à dos toute une corporation, quand bien même ses projets sont flasques, comme c'est le cas ici. Le Président a déjà démantelé la section de la réforme portant sur les classes bilangues, rendant le système encore plus absurde que la disparition pure et simple de ces classes (les académies décident elles-mêmes de l'existence des classes bilangues dans leur zone). La ministre a aussi reculé sur la dictée, demandant aux professeurs des écoles de réaliser "une dictée par jour". Najat Vallaud-Belkacem, bien que la droite tire à boulet rouge sur elle, ne fait que poursuivre les orientations de ses prédécesseurs.
  Sortons du mythe: jamais, en France, n'a été instaurée une correcte égalité des chances. D'années en années s'accumulent les études sur la prévalence de différentes classes sociales dans les filières, comme celle de Muriel Darmon: Classes préparatoires. La fabrication d'une jeunesse dominante. Nous sommes l'un des pays les plus avancés du monde, dont 57% du PIB transite par l'Etat, et pourtant, nous investissons dans l'éducation moins que les Etats-Unis, la Suède, la Finlande, le Mozambique, le Ghana, rapporté au PIB. Malgré notre taux d'imposition, le deuxième plus élevé du monde, notre système économique est souvent décrié, car il entérine la reproduction sociale, pour reprendre les concepts de Bourdieu. Les réformes économiques passent, mais les réformes éducatives se gravent et marquent la population.

mercredi 27 janvier 2016

Le danger Taubira est-il vraiment écarté ?

27 janvier 2016 - Après 3 ans, 8 mois et 11 jours passés au sein du gouvernement, Christiane Taubira remet sa démission au président de la République sur fond de désaccord sur la déchéance de nationalité. François Hollande accepte sa démission.

Ce matin, Christiane Taubira, ministre de la Justice haïe et contestée par la France entière, a quitté le gouvernement. Son tweet résume tout à fait les raisons de cette démission plus ou moins pressentie , préparée en coulisse depuis samedi, mais tout de même brutale :
"Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit."
Résister à quoi ? Pour Taubira, il s'agissait de résister à la révision constitutionnelle voulue par Hollande qui incluait l'extension de la déchéance de nationalité (vous pouvez retrouver les détails de cette mesure dans mon article : Le roman de la déchéance de nationalité, ou comment Hollande s'est pris à son propre piège). 
Problème : c'était la Garde des Sceaux, opposée à cette mesure, qui devait défendre la mesure devant le Parlement. Le différend entre le gouvernement et la ministre n'a pu être résolu et Taubira a été contrainte de démissionner. Pourtant, cette démission a une portée bien plus symbolique que pratique. De fait, Jean-Jacques Urvoas, le remplaçant de Taubira est professeur de droit et semble tout à fait en mesure de porter la révision constitutionnelle. Là n'est pas le problème.
Non, la démission de Taubira consomme avant tout la rupture entre le gouvernement et les fondamentaux du Parti socialiste. C'est en ce sens que le 27 janvier restera comme la fin de la "gauche plurielle", la mort d'un Parti socialiste uni derrière son chef. C'est en quelque sorte la fin de la stratégie gouvernementale qui, depuis 2012, cherchait à faire l'union au sein du gouvernement malgré les divergences. 

samedi 23 janvier 2016

Le mensonge Sarkozy

"J'ai abaissé la fonction présidentielle" C'est sûrement le seul aveu sincère de Nicolas Sarkozy qu'il livre dans son dernier livre La France pour la vie, qui parait lundi prochain chez Plon. C'est aussi la justification de ce livre, sa raison d'être. Ou plutôt sa raison de ne pas être. Jamais un Président de la Vème République ne s'était livré à un tel reniement de son bilan quinquennal. Jamais un ancien homme n'avait développé tant de mensonge et d'hypocrisie.



Une pitoyable auto-flagellation

Fidèle à sa tradition de révolutionnaire de droite - oxymore -, Sarkozy bouleverse une fois de plus la vie politique française. En 260 petites pages, Sarkozy renie tout son quinquennat et admet la médiocrité dont il a fait preuve durant cinq ans. A propos du "casse-toi pauvre con", "Une bêtise que je regrette". Pour le séjour sur le yacht de Vincent Bolloré après son élection : "une erreur de jugement incontestable". Au sujet de l'immigration : "j'aurais dû en faire davantage". Quant aux 35 heures, "j'aurais dû en faire davantage". Enfin pourrait-on soupirer avec un ouf de soulagement. Mais l'usage répété du conditionnel passé n'en fait pas un saint. Pire, en reconnaissant ses erreurs, Sarkozy nous montre une fois de plus son incompétence. Pourquoi ne l'as-tu pas fait alors ? Pourquoi n'as-tu pas appliqué le programme pour lequel tu avais été élu ? a-t-on envie de lui demander! Une fois de plus, Sarkozy se moque des Français, mais cette fois sur un nouveau mode : l'autoflagellation.
Ce retournement inattendu mais stratégique est d'autant plus malhonnête qu'il y a encore quelques mois il défendait son bilan et affirmait qu'il avait tenu toutes ses promesses de campagne de 2007, ce qui provoquait les moqueries du Petit Journal :


mercredi 20 janvier 2016

Comment réformer l'Union Européenne ? (Partie 1)




 
« L’Europe circulaire », cette expression de Valéry Giscard d’Estaing, auteur du livre Europa : la dernière chance de l’Europe, décrit parfaitement la situation actuelle de l’Union Européenne. Par opposition à l’ « Europe en ligne droite », celle-ci n’avance pas et meurt à petit feu. En effet l’intégration européenne s’est arrêtée à mi-chemin, elle a été poussée trop loin pour sauvegarder la pleine souveraineté des États, mais pas assez pour bénéficier entièrement des avantages de l’intégration économique. Si certains prônent une marche arrière, sortie de l’euro voire de l’Union Européenne, je reste fermement convaincu qu’avancer et le meilleur moyen de résoudre les problèmes actuels du vieux continent.

dimanche 17 janvier 2016

Peut-on lutter contre le terrorisme ?

« Nous vaincrons le terrorisme » ont proclamé ensemble les plus grands chefs d'États de la planète tout au long de l'année. 126 attentats terroristes meurtriers ont en effet marqué 2015 , sur tous les continents. Il n'est donc pas étonnant que la réponse occidentale soit très fortement relayée dans les médias. Cependant, il est légitime de se demander si elle est réellement en adéquation avec la réalité de la situation actuelle. À l'heure où les idées extrémistes se propagent dans un monde sans aucune barrière, peut-on affirmer pouvoir vaincre le terrorisme, alors même qu'il apparaît que nous ne disposons d'aucune arme efficace pour faire face à cette situation inédite dans l'histoire de l'humanité. Peut-on lutter ?



Le crépuscule des idoles syndicalistes


Mercredi 13 janvier, un jugement d'une ampleur nationale a été rendu à Amiens, celui des huit anciens salariés de l'entreprise Goodyear, condamnés à deux ans de prison, dont neuf mois ferme, pour avoir séquestré deux patrons de l'usine pendant 30 heures. Ce qui ressemble à un procès ordinaire, banal, n'en est pas un. Il est même historique, car il rend compte d'une très forte évolution de la perception du syndicalisme dans la société française. Comme le dit l'avocat des condamnés, "c'est la première fois que des peines de prison ferme sont prononcées contre des syndicalistes". Une grande partie de la gauche s'en est offusqué, accusant le gouvernement (en effet, c'est le parquet, lié au gouvernement, qui a requis une peine si lourde). Pourtant, ce procès n'est qu'un corollaire de ce crépuscule syndicaliste, de ce déclin inexorable dans le cœur des Français, à l'heure de la compétitivité et de la gauche dite "réformiste".

Le pays de "la lutte finale"


samedi 16 janvier 2016

Une sortie de l'euro est-elle envisageable ?

L'Europe est en crise, c'est une évidence, admise par tous.
A ce propos Louis de Brondeau préconisait dans son article L'Europe va-t-elle avancer ? d'accélérer l'intégration politique et donc de tendre vers un renforcement fédéral. A cette solution, je dis non, clairement non : la France doit sortir au plus vite de l'Union européenne. Une série d'articles va défendre cette solution, qui, comme vous le savez, est aussi celle proposée par le Front national et la gauche radicale. 

Au-delà de toute considération politique, identitaire, culturelle et diplomatique, mon propos d'aujourd'hui s'attachera à montrer les bienfaits d'une sortie de la zone euro d'un point de vue purement économique. Seuls quelques bases en économie sont nécessaires à comprendre le propos qui va suivre, ainsi qu'une once de bon sens. 

A entendre les défenseurs de la monnaie unique - espèce qui, pressentant l'extinction inéluctable de leur rêve devient manifestement agressive et dogmatique -, une sortie de la zone euro instaurée en 1999 serait une catastrophe économique. Je ne le pense pas.


Etape 1 : la dévaluation

mercredi 13 janvier 2016

Le mystère Poutine


      Il est craint par ses opposants, vénéré par son peuple. Ses ennemis ne le comprennent pas, ses alliés non plus d’ailleurs. Il agit en solitaire depuis longtemps déjà, mais son génie politique continue de nous surprendre. A la tête de la Russie officiellement depuis mai 2012 pour son troisième mandat, certains le disent maitre du Kremlin depuis plus de vingt ans. Il y a chez lui une part de mystère, savamment entretenue, qui rend souvent peu lisibles ses motivations profondes. Vous l’aurez compris, il s’agit bien de Vladimir Poutine. Un passé pour le moins louche, une ascension secrète et efficace, un personnage énigmatique aux décisions inattendues et parfois contradictoires : enquête sur le mystère Poutine.


La théorie des 5 Poutine

Vladimir Fédorovski, écrivain et ancien diplomate russe de 65 ans, publiait en 2014 : Poutine, l’itinéraire secret. Pour expliquer l’itinéraire secret du Russe, Fédorovski développe la thèse des 5 Poutine. Selon lui, Poutine utilise une sorte de « technique de l’espionnage » au sommet de l’Etat. 
« Le premier Poutine, évidemment, c’est le James Bond repensé à la russe qui a travaillé autrefois dans le contre-espionnage et puis dans l’espionnage au sein du KGB. C’était encore lorsqu’il était en Allemagne de l’Est, il s’occupait du ministère des Affaires Etrangères Ouest allemand dans les années 80. »
« Et puis, quand je l’ai connu, deuxième Poutine, le plus agréable peut-être. En 89 jusqu’à 96, il était maire adjoint de Saint-Petersbourg et c’était un bon gestionnaire. Si vous voulez le comprendre, il faut regarder cette période. C’est un homme qui a travaillé avec tout le monde : le KGB, les démocrates, la mafia, les hommes d’affaire, les Britanniques et surtout les Allemands. »
« Puis troisième Poutine, peut-être moins agréable, c’est le crépuscule de Boris Eltsine quand il y avait au moins 20 milliards par an qui sortait illégalement de Russie. C’était la corruption omniprésente et totale, et il faut dire à ce moment là, il est chef des services secrets d’Eltsine, alors il couvre la magouille. »



lundi 11 janvier 2016

La VRAIE gauche va-t-elle se réveiller ?

La gauche va mal, c'est indubitable. Depuis la victoire de 2012, le Parti socialiste a enchaîné trois déroutes électorales successives. Pire, c'est toute la gauche qui semble pris dans cet engrenage maudit. L'addition des voix de gauche varie entre 34 et 36 % lors de ses trois dernières élections, contre 44% au premier tour des élections présidentielles de 2012. Inquiétant.

Le pathétique état de la gauche française

Plus inquiétant encore est la profonde désunion que laisse transparaître la gauche. Le politologue Thomas Guénolé, professeur à Sciences Po et Assas, met ainsi en perspective le nouveau clivage économique qui structure la gauche française : d'une part, la gauche libérale, libre-échangiste et acquise aux thèses néo-libérales de la relance par l'offre, en quelque sorte une synthèse d'un progressisme sociale et d'une sociale-démocratie, incarnée par Valls et Macron et désormais mise en oeuvre par Hollande ; d'autre part, la gauche radicale protectionniste et néo-keynésienne dont le porte-drapeau était Arnaud Montebourg, avant son retrait de la vie politique. Ces deux orientations politiques déchirent aujourd'hui et expliquent le phénomène des "frondeurs". Ces derniers reprochent avant tout au gouvernement actuel sa proximité avec les idées libérales de la droite. Ils se revendiquent de la gauche radicale et originelle dont le retour fait fureur en Europe comme le montre les phénomènes Podemos et Syriza.

Le phénomène de la gauche radicale espagnole, Podemos.

jeudi 7 janvier 2016

Aujourd'hui comme hier, Charlie excite les excités, ou le syndrome Zidane


Pour les détracteurs de Charlie, les rédacteurs de ce journal "n'ont rien compris". Je retourne le compliment à Elie Collin, et je dis: ce sont les excités qui n'ont pas compris. Je ne trouve pas d'autre terme (désolé) plus proche de la réalité; "détracteur" serait trop faible, et finalement trop éloigné. Qui sont ces excités ? Ce sont ces millions de gens, en France et dans le monde, chaque semaine le nez dans la couverture de Charlie, bouffis de rage devant les blagues vaseuses de Riss, Luz, Coco, et toute la bande. Comme les enfants, "ils ne marchent pas, ils courent", réagissent, enragés, mordus par la bestiole Charlie. Ces excités sont atteints du "syndrome Zidane", ou "coup de poing dans la figure par le pape François" (voir ici). A ceci près que Charlie Hebdo ne s'attaque pas à des individus (hors personnages publics, naturellement), et n'est donc pas condamnable tant qu'il respecte cette règle.

mercredi 6 janvier 2016

Un an après, Charlie n'a rien compris

Il y a un an, deux terroristes musulmans attaquaient Charlie Hebdo, tuant douze personnes. La mort de plusieurs dessinateurs français semaient la consternation. Des dessins fleurissaient sur le Web, défendant que "le crayon ne peut-être une arme de destruction massive". Certes, on ne peut tuer avec un crayon, mais ce n'est pas pour autant une arme inoffensive. Et Charlie Hebdo nous le rappelle tristement cette semaine avec son numéro spécial. Sa capacité à répandre la haine ne semble pas érodé. En somme, ils n'ont rien compris.

Il n'en fallait pas plus pour ranimer les divergences provoquées par l'attentat à Charlie Hebdo.

Pour un numéro exceptionnel tiré à un million d'exemplaires, la rédaction semble s'être surpassé dans l'art de la bêtise. Comme si un an après, ils n'avaient toujours pas compris qu'attaquer la religion de manière systématique et insultante n'était pas une réponse adéquate au fondamentalisme.
Nous ne pouvons que ressentir une profonde tristesse devant cette une. Elle réussit tout de même l'exploit d'attaquer une fois de plus toutes les relations - à ce que je sache - les meurtriers de janvier dernier étaient musulmans.

mardi 5 janvier 2016

Pour un existentialisme national


Petite mise en garde liminaire: il ne s'agit pas bien sûr ici de promouvoir une idéologie que tout individu devrait adopter, pas d'ériger un courant philosophique en leitmotiv totalitaire; ce serait un contre-sens. Cet article est d'abord et surtout une réponse au déclinisme, à la perte d'idéal, à l'angoisse qui saisissent les Français. C'est le premier ressort psychologique, qui se vit au niveau de la Nation, comme à celui de l'individu; les Français ont peur de perdre leurs valeurs, leurs points de repère traditionnels, que le "délitement", dont on nous rebat les oreilles, soit réel ou fantasmé. De là naît la montée du Front National: la peur du déclin entraîne le repli, comme une sorte de position fœtale de la France, qui a peur de couler, de perdre sa puissance. Les vieilles haines renaissent. Les crispations ancestrales muent, deviennent plus insidieuses. Le racisme change de forme: il devient moins frontal, mais se manifeste à travers des raisonnements comme: Il est basané, donc il est immigré, donc il est étranger, qu'on entend ou applique instinctivement tous les jours.

dimanche 3 janvier 2016

Le roman de la déchéance de nationalité

Ou comment Hollande s'est pris à son propre piège

    Le 13 novembre, la France connaissait la pire attaque terroriste de son histoire. Devant l'ampleur de ce 11-Septembre français, François Hollande, chef de l'État français, sortait de la torpeur dans laquelle il semblait plongé depuis le début de son quinquennat. La sieste était finie, il était temps pour lui de montrer ce dont il était capable. Il enchaîna les rencontres avec les plus prestigieux chefs d'État pour ce que la presse appela affectueusement son "marathon diplomatique". Il appela à créer une grande coalition militaire qui viendrait à bout de l'État islamique. Seulement, le marathon diplomatique se solda par un échec tant les divergences entre les grandes puissances étaient grandes, aussi bien sur le plan stratégique qu'idéologique. Mais cet échec ne fut rien par rapport à celui de sa politique intérieur dont les attentats venaient de révéler les dysfonctionnements. 
    Les terroristes n'auraient pas être en liberté, ils n'auraient pas du pouvoir se déplacer librement entre la Syrie et la France, ils n'auraient pas du avoir de tels armes. L'accumulation de conditionnel nous fait mesurer à quel point la politique sécuritaire de la France avait échoué. Aux grands maux, les grands moyens, avait du se dire François Hollande. Alors, le Corrézien parvenu un peu hasard au sommet de l'État décida de sortir l'artillerie lourde et de frapper très fort pour marquer les esprits et les enquêtes d'opinion : il annonça l'extension de la déchéance de nationalité le 16 novembre dans son grand discours devant le Congrès réuni à Versailles.