dimanche 17 janvier 2016

Peut-on lutter contre le terrorisme ?

« Nous vaincrons le terrorisme » ont proclamé ensemble les plus grands chefs d'États de la planète tout au long de l'année. 126 attentats terroristes meurtriers ont en effet marqué 2015 , sur tous les continents. Il n'est donc pas étonnant que la réponse occidentale soit très fortement relayée dans les médias. Cependant, il est légitime de se demander si elle est réellement en adéquation avec la réalité de la situation actuelle. À l'heure où les idées extrémistes se propagent dans un monde sans aucune barrière, peut-on affirmer pouvoir vaincre le terrorisme, alors même qu'il apparaît que nous ne disposons d'aucune arme efficace pour faire face à cette situation inédite dans l'histoire de l'humanité. Peut-on lutter ?





Jamais nous n'avons vécu pareille situation depuis les guerres saintes entre l'Orient et l'Occident. L'homme occidental est aujourd'hui coupable d'être ce qu'il est. Les caractéristiques essentielles de son existence en font de lui un homme plus que jamais en péril. Il semble en effet que notre culture ne saurait résister indéfiniment à la difficulté rencontrée par les gouvernants pour allier la sécurité des citoyens et la préservation de leurs libertés individuelles. Ces dernières sont au fondement de notre civilisation moderne et définissent nos principes démocratiques et un mode de vie axé autour de l'économie de marché. C'est sans doute la prédominance de la sphère économique et d'une culture individualiste sur la structuration de la société mais aussi et surtout sur l'éducation, les formations intellectuelles, ou encore sur les liens sociaux de l'individu même qui facilite le travail de l'extrémisme dans le monde. Un « vide idéologique », grandissant dans les pôles « développés » de la planète s'installe et contribue à attirer une population de plus en plus diversifiée vers les idéologies extrémistes comme le jihadisme, sans distinction d'origine ethnique ou sociale. C'est donc un phénomène mondial que nous devons désormais affronter, celui du jihadisme. Ce dernier met ainsi au défi tous les systèmes politiques de la Russie autoritaire à la France démocratique en passant par l'Arabie saoudite monarchique. Comment nous protéger ?


"C'est sans doute la prédominance de la sphère économique et d'une culture individualiste sur la structuration de la société mais aussi et surtout sur l'éducation, les formations intellectuelles, ou encore sur les liens sociaux de l'individu même qui facilite le travail de l'extrémisme dans le monde." 


À voir la facilité déconcertante avec laquelle les islamistes ont mis fin aux jours des 224 passagers d'un avion de ligne russe le 31 octobre dernier dans le nord du Sinaï, il est légitime de penser que le combat est loin d'être gagné. Là où le progrès permet aux touristes d'effectuer le trajet entre l'Égypte et Moscou en 8 ou 9 heures, il éprouve les pires difficultés devant des méthodes aussi archaïques qu'une bombe cachée dans une bouteille de soda. Le terrorisme s'exporte, et nos défenses apparaissent fragiles. Mais si les capacités militaires des grandes puissances restent supérieures à celle des groupes terroristes, la problématique se trouve davantage sur la connaissance de l'ennemi, sur ses techniques de combat au sens le plus large du terme. Car en effet dans ce rapport de forces inégales, tantôt à l'avantage des uns, tantôt des autres, il apparaît que l'action des États face au terrorisme a toujours une longueur de retard, ou plutôt que les terroristes ont toujours une longueur d'avance. Est-ce la même chose ? Pas réellement et il est bon d'analyser les choses en ce sens: les jihadistes connaissent mieux leurs ennemis que les occidentaux ne les connaissent eux. Qui prévoyait en effet qu'un avion pourrait servir de bombe avant le 11 septembre 2001 ?

Du 11-Septembre 2001 date l'entrée dans l'ère du terrorisme moderne.
"Il existe une contradiction entre une politique de l'immigration et une incapacité à intégrer les citoyens de demain ; entre la promotion d'un pays multiculturelle et l'exclusion de certaines communautés ; entre la laïcité de l'État et la tolérance de la haine envers des communautés religieuses"


La riposte occidentale doit évidemment être militaire, sur des zones où comme au Mali en 2013 ou en Irak et en Syrie aujourd'hui, des groupes terroristes s'emparent de pays entier tout en se livrant à des crimes contre l'humanité comme jamais le monde n'en n'avait connu depuis le génocide du peuple juif il y a soixante-dix ans. Mais la clé du problème est également et surtout aujourd'hui au cœur de nos sociétés. Les terroristes sont désormais des enfants de nos systèmes, et pointent du doigt tout en les combattant leur impuissance et leur défaillances. En France notamment, elles prennent souvent la forme de contradictions. La contradiction entre une politique de l'immigration et une incapacité à intégrer les citoyens de demain ; la contradiction entre la promotion d'un pays multiculturelle et l'exclusion de certaines communautés ; la contradiction entre la laïcité de l'État et la tolérance de la haine envers des communautés religieuses (Cf. Un an après, Charlie n'a rien compris). Il s'agit en effet de comprendre à quel point la perte de l'importance donnée aux racines de la France, et de l'Europe plus largement, c'est-à-dire historiquement une proposition judéo-chrétienne, au profit de l'idolâtrie de l'individu pour lui-même, pousse les pays dans des voies sans issues. Certains de leurs propres « citoyens » ont désormais comme seule et unique mission de faciliter l'autodestruction de leurs nations. Le pays des Droits de l'Homme et du Citoyen, la France, est ainsi le premier du monde en 2015 en terme de journalistes tués hors zones de combat. La démocratie vacille, ses valeurs l'abandonnent.


Et si 2015 n'était qu'un entraînement ?

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