jeudi 19 mai 2016

GPA : l'étrange alliance des libertaires et des néoféministes

Gestation pour autrui. GPA. Derrière ce sigle largement entré dans le débat public depuis 2013 et la loi Taubira, se cache une réalité tout à fait scandaleuse : la marchandisation extrême du ventre de la femme. En substance, la GPA permettrait aux femmes d'attendre un enfant puis de le vendre sur un marché. Mais comme le rappelle Eugénie Bastié dans son excellent Adieu Mademoiselle, « ce ne sont pas les filles des néoféministes des beaux quartiers qui feront de leurs ventres des usines à bébé, mais les pauvres gamines d'Inde et d'Ukraine ». Comme pour la prostitution, la GPA est le fait des femmes si pauvres qu'elles sont réduites à louer leur dernière ressource, leur plus intime organe : leur ventre. Et d'ailleurs, les dérives sont certaines : comment être certain que la femme soit consentante ? Qui empêchera que des femmes ne soient pas réduites en esclavage ? Car, au fond, la GPA n'est rien d'autre qu'une forme nouvelle d'esclavage de la femme.
Dans Adieu Mademoiselle, Eugénie Bastié pointe les incohérences des néoféminismes sur la GPA

Certains arguent qu'une GPA "éthique" ou "altruiste" est possible et souhaitable. Suite à son autorisation au Portugal, Anne-Sixtine Pérardel, conseillère en vie affective et sexuelle, réagit très justement dans Le Figaro Vox. Elle écrit : "Qui irait «travailler» 9 mois et donner le fruit de son «travail» sans un salaire en échange? Cette manière de procéder est pire que s'il y avait de l'argent échangé. Aucune rétribution: c'est de l'exploitation! Nous avons là une forme de traite d'humains, légalisée sous couvert de gratuité et d'altruisme. Un esclavage moderne encadré par la loi."
De même, dans l'interview exclusive qu'elle a accordé au Prisme, Gabrielle Cluzel, auteur d'Adieu Simone, n'hésite pas à établir une comparaison éclairante avec les Misérables d'Hugo : "Une GPA qui fait par excellence de la femme un objet commercial, un outil de production. Du temps desMisérables, pour nourrir leurs enfants, les femmes vendaient leur dents, leurs cheveux, et louaient leur vagin (par la prostitution). Elles vendent aujourd’hui leurs ovocytes et louent leur utérus. Nous sommes revenus aux heures les plus sombres de l’Histoire de la femme. En pire, d’ailleurs, car monnayer ce qui reste biologiquement son enfant n’est pas aussi « neutre », on en conviendra, que vendre une dent. Dirions-nous de Fantine qu’elle était une femme libérée qui disposait de son corps ?". Cluzel nous apprend également qu'avec la circulaire Taubira, importer un bébé des Etats-Unis est tout à fait possible... Il y a donc urgence !

A partir de ce constat effrayant d'esclavage quasi-légal, quelque chose interpelle : comment peut-on défendre la gestation pour autrui ? C'est que, derrière la GPA, se trouve l'alliance abjecte des néoféministes et des libertaires.

Qu'ont à gagner ces deux mouvements toujours plus idéologiques et déconnectés de la réalité ?, me demanderez-vous. Ou du moins, si l'intérêt qu'ont les libéraux-libertaires pour la GPA est plus évident, le féminisme ne devrait-il pas s'y opposer par principe ? N'a-t-il pas pour objectif de défendre la condition féminine ? Enchaîner la maternité, privilège de la femme, aux lois du marché n'est-il pas antiféministe ?

"Le néoféminisme n'a pas peur des contradictions, bien au contraire, il s'y complaît avec délice"


C'est que, explique Bastié tout au long de son livre, le néoféminisme n'a pas peur des contradictions, bien au contraire, il s'y complaît avec délice. Ainsi, Najat Vallaud-Belckacem, symbole du néoféminisme dans toute sa splendeur et sa misère, veut abolir la prostitution, mais se déclare étrangement favorable à la GPA. En 2010, elle assimile la GPA à « un don altruiste », ajoutant avec dédain : « quant à l'argument de la dignité, il a fini par s'émousser ». A peine deux ans plus tard, devenue le ministre du Droit des Femmes, comment justifie-t-elle ses attaques contre la prostitution ? Par la « dignité humaine ». Citant cet exemple typique du « najatisme », Bastié conclut : « Un nouveau deux poids deux mesures qui traduit la victoire du féminisme clitoridien, centré sur la jouissance et la hantise du viol, sur le féminisme utérin, centré sur la grossesse et la maternité ».

Saluons tout de même cette opposition à la prostitution, véritable fléau social. De plus, cette opposition a fait voler en éclat l'alliance entre certaines féministes et les libertaires. L'affiche des seconds, lors de la Gay Pride lyonnaise 2014, « Droit des trans, PMA, IVG, GPA, prostitution : nos corps, nos choix », n'ayant pas plu aux premières.

La Gay Pride lyonnaise, symbole de l'intersectionnalité

La GPA est une autre contradiction affligeante du néoféminisme. Aujourd'hui, la technique menace le privilège de la femme qui était de pouvoir donner la vie. Demain, les enfants seront peut-être fabriqués dans des usines à bébé, similaires à celle du Meilleur des Mondes, l'oeuvre prophétique d'Huxley. C'est en tout cas la direction vers laquelle nous semblons embarqué, à savoir le transhumanisme (voir à ce propos l'excellent article : Transhumanisme : quand le paradis sur terre devient l'enfer immédiat).

"Aujourd'hui, la technique menace le privilège de la femme qui était de pouvoir donner la vie. Et demain ? Les enfants seront "fabriqués" dans des usines à bébé ?"


Mais les néoféministes, loin de s'insurger contre cette « violence intolérable faite aux femmes », dixit Bastié, préfèrent défendre la GPA au nom de la sacro-sainte « convergence des luttes ». La jeune et brillante journaliste consacre plusieurs chapitres à dénoncer cette idéologie, qui semble désormais guider les néoféministes. Selon elle, ce n'est plus la défense de la condition féminine qui inspire et anime les mouvements néoféministes, mais la défense de toutes les minorités. Ainsi, outre le fait qu'elles assimilent à tort les femmes à une minorité, elles n'hésitent pas à négliger les véritables préoccupations des femmes, pour se battre pour d'autres horizons : les trans, les inters, les gays, les musulmans, les migrants... Un peu à l'image de la gauche, le féminisme est ainsi devenu «intersectionnel».

Elles défendent donc la GPA au nom des homosexuels, qui n'ont pas la capacité biologique d'avoir un enfant. Car, ajoute Bastié, c'est aussi cela le but de l'alliance entre le féminisme intersectionnel et le libéralisme libertaire : « délivrer la femme de sa malédiction puisque “son malheur c'est d'avoir été biologiquement vouée à répéter la Vie”, comme l'écrivait Simone de Beauvoir. A la science de la délivrer de ce fléau ». Et tant pis, si cela doit déposséder la femme de son privilège maternel.

"Les néoféministes, loin de s'insurger contre cette violence intolérable faite aux femmes, préfèrent défendre la GPA au nom de la sacro-sainte convergence des luttes"




Pour les libéraux-libertaires, la GPA est une aubaine, une occasion en or d'étendre la main-mise du marché sur une des dernières cellules humaines qui ne lui appartenait pas : le ventre de la femme. La maternité serait en quelque sorte réduite à un simple contrat entre deux particuliers. Le marché, enfin triomphant, ferait irruption dans l'acte le plus sacré de l'humanité : le don de la vie.

"Pour les libéraux-libertaires, la GPA est une aubaine, une occasion en or d'étendre la main-mise du marché. Il ferait irruption dans l'acte le plus sacré de l'humanité : le don de la vie."


« Nous ne pouvons pas faire de distinctions dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l'adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? C'est faire un distinguo qui est choquant », lançait Pierre Bergé, égérie de l'ultralibéralisme, en 2013. Ainsi, se cachant derrière une prétendue liberté, les libéraux-libertaires souhaitent rendre de nouveau légal l'esclavage. Après tout, le triomphe du marché n'a pas de prix.

En réalité, ce n'est pas autre chose que défend le philosophe libéral Damien Theillier dans nos colonnes. Dans son article exclusif pour Le Prisme De la bonne façon de combattre le relativisme et le nihilisme, il écrit :

« L’une des leçons à retenir de la lecture des grands textes libéraux de Tocqueville, de John Stuart Mill, de Benjamin Constant, c’est que les excès de la liberté se combattent par la liberté : liberté d’association, liberté économique, liberté d’éducation et liberté de parole. Il y a des personnes qui font un mauvais usage de leur liberté, soit. Mais la bonne réponse aux erreurs et aux vices (je ne parle pas des crimes ici), c’est d’abord d’ouvrir l’espace public de la discussion afin de laisser émerger des critiques, des arguments, des raisons. La vérité finit toujours par triompher, si on la laisse se confronter librement à l’erreur et le vice se combat par l’augmentation de la responsabilité individuelle.
Le nihilisme est d’abord une forme de vice, c’est-à-dire une négation de soi et des devoirs que nous avons envers nous-mêmes. Des comportements comme la bestialité et le sado-masochisme, la prostitution et la toxicomanie sont nocifs pour la personne qui les pratique, quand bien même certains y trouvent un intérêt. Mais si la raison peut réprouver ces comportements nihilistes, tant qu’ils n’impliquent pas l’usage de la force de coercition contre autrui, la loi n’a pas à leur opposer la force punitive : incarcération ou contravention.
[…] Nous devons tolérer le fait qu’il y ait une pluralité d’éthiques personnelles, de spiritualités, de modes de vie, y compris si cela nous choque. Cela ne signifie pas que toutes les éthiques se valent et que nous pourrions rester indifférents à ce qui est contraire à nos convictions morales et religieuses. À chacun de les défendre. Mais précisément, la seule manière légitime de le faire c’est d’en persuader les autres, d’user de la parole et de la raison et non de la violence. »

Comment un libéral-libertaire peut-il dénier aux homosexuels d'avoir recours à la GPA puisque cela supposerait de restreindre leurs désirs individuels ? En d'autres termes, au nom des Droits de l'Homme, tout se légitime. Damien Theillier justifie donc ici l'ouverture de la législation pour répondre aux droits des minorités. Paradoxalement, il s'oppose au nihilisme mortifère écrivant : « Si je suis un partisan inconditionnel du libre marché, je n’en conclus pas pour autant que l’accroissement des possibilités de consommation, permises par ce libre marché, nous oblige à adopter un mode de vie matérialiste ou nihiliste. Il y a beaucoup d’actions légales du point de vue du droit, que nous pouvons regarder comme illégitimes au regard d’une éthique de vie personnelle exigeante. »

C'est justement cette défense inconditionnelle du libre marché qui est nécessairement en contradiction avec ses principes moraux. Autoriser la GPA au nom de la liberté des individus à disposer de leur corps, c'est fermer les yeux sur ce qui se passe de scandaleux autour de soi. En somme, c'est irresponsable.

Son “refus d’imposer par la force une quelconque vérité à autrui” est hautement problématique et automatiquement relativiste. Comment admettre que chacun a le droit de faire ce qu'il veut dans les seules limites du respect d'autrui sans admettre qu'il n'existe pas de morale universelle ?

Son dégoût de l'Etat l'empêche de voir le profit qu'on peut en tirer : la loi, si elle est juste et qu'elle découle de la loi naturelle, peut orienter les citoyens vers le Bien. J’ai développé dans Relativisme, nihilisme et autres maux de notre société une défense de la loi naturelle, véritable moyen de lutter contre les maux de notre société et d’atteindre le bien commun. Au contraire, si la loi est soumise à la “tyrannie de la majorité” et à la dictature de la volonté générale, elle a une incroyable capacité de nuisance. Dans le cas de la GPA, le libre débat public, tant vanté par Damien Theillier, risque fort d'aboutir à son autorisation, auquel cas la morale aura perdu.

10 commentaires:

  1. Article très intéressant, auquel néanmoins je souhaiterais apposer une nuance: il s'avère que certaines féministes sont contre la GPA, j'ai eu l'occasion de travailler avec elles. Je pense qu'il ne faut pas tomber dans le piège du "toutes les féministes sont pour la GPA". Au contraire!
    Elles sont, je crois, nos meilleures alliées stratégiques pour l'abolir, malgré leurs contradictions. "Grâce" à leur étiquette "féministe". Nous avons juste à nous déguiser un peu pour qu'elles nous acceptent dans la lutte...
    Renseignez vous sur Marie-Anne Frison-Roche, juriste internationalement reconnue, féministe contre la GPA, que les marchés ProGPA cherchent à avoir dans leur camp...

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  2. J'aimerais rectifier une erreur faite dans cet article à mon propos. Je ne suis en aucun cas un libertaire, comme vous le laissez entendre en me rangeant dans le camp de Pierre Bergé (qui est tout sauf un libéral comme vous vous plaisez à le dire, entretenant une fois de plus la confusion). Je défends les mêmes objectifs que vous : le droit à la vie dès son commencement, les droits de l'enfant à avoir un père et une mère. Nous nous opposons sur les moyens, pas sur les fins. Vous pensez qu'il faut rétablir un Etat paternaliste et autoritaire et que la délibération publique n'a pas lieu d'être, puisque de toute façon le débat est clos à l'avance. Personnellement, je ne crois pas à la viabilité de ce modèle. Il a fait faillite depuis bien longtemps et nous a conduit tout droit ou nous sommes aujourd'hui : la décivilisation.

    Selon moi la déstructuration de la famille est bien le fruit d’un étatisme débridé, qui a monopolisé la solidarité et la transmission de la culture, qui a confisqué l’épargne des ménages et des entreprises par le biais de la fiscalité, de la manipulation de la monnaie (donc de l’inflation) pour dépenser l’argent à notre place. C’est là qu’il faut voir la source de la mentalité hédoniste et nihiliste actuelle. Absence d'autonomie = absence de responsabilité personnelle = hédonisme (vivre l'instant présent et tout relativiser).

    Ainsi ce que vous déplorez n'est que la conséquence de vos prémisses : l'autorité de l'Etat a d’abord été confisquée par des conservateurs, avec l'appui de l'Eglise. Puis elle a été confisquée par des socialistes qui à leur tour veulent imposer leur modèle à l'ensemble de la société pour la remodeler. Au fond, vous voulez faire la même chose mais remplacer les socialistes par des conservateurs, ce qui ne peut mener qu’à une nouvelle lutte pour le pouvoir. C'est un cercle vicieux sans fin. Renoncer aux formes passées du pouvoir, aux fausses théories du contrat social et aux philosophies collectivistes et est la seule manière.

    Damien Theillier (www.nicomaque.com)

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  3. Il existe bien une morale universelle : ne pas faire violence à autrui - et cela comprend ne pas chercher à lui imposer une morale personnelle ! Ce que font effrontément toutes ces bonnes âmes moralisatrices qui dénoncent la "marchandisation", le transhumanisme et autres épouvantails. En d'autres temps, nul doute qu'elles auraient brûlé sans pitié sorcières, hérétiques, apostats, adultères ou homosexuels... Je ne m'étonne plus du succès du fondamentalisme religieux dans le monde dit civilisé.

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  4. Je suis entièrement d'accord avec le commentaire de Damien Theillier. Si le collectivisme a toujours échoué à moraliser la société et à protéger les plus faibles, c'est parce que le collectivisme tend à déresponsabiliser les individus. Il devient alors facile de se défausser de toute responsabilité morale en invoquant l'Etat ou le "droit à". Au contraire, une liberté absolue implique de devoir affronter, pour chacun, les conséquences de son comportement. C'est ainsi que les Etats devraient arrêter de créer des droits qui n'existent pas et de se mêler ainsi de la vie privée et familiale des gens ; il n'y aurait pas moins, comme dans toute société, des comportements qui finiraient par être mis au ban de la société, mais cela se ferait spontanément, pas en raison de principes idéologiques. On y gagnerait tous.

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  5. Bonjour,
    Je pense que dans cette phrase se trouve le coeur du problème et l'imprécision de votre analyse:
    "Autoriser la GPA au nom de la liberté des individus à disposer de leur corps, c'est fermer les yeux sur ce qui se passe de scandaleux autour de soi. En somme, c'est irresponsable."

    Un libéral, ou un libertarien, mettant la liberté individuelle au coeur du système social ne peut-être que contre la GPA et l'IVG dans une certaine mesure car la liberté de l'individu en gestation est bafouée.
    Pour ma part, je place aux environs de 5 à 8 semaines de gestation le stade de transformation de l'embryon au stade de foetus. Il y a a partir de là un individu à mes yeux.
    Le coercitif est l'ennemi juré du liberal/libertarien, si il ya individu, alors l'IVG est coercitive, et la GPA aussi.

    Vous faites l'erreur, commune, de mélanger "défense inconditionnelle du libre marché" et défense des libertés individuelles.
    Un libéral/libértarien ne défend pas le marché, il defend les modèles emergeants de la liberté individuel distribuée. Le libre marché fait parti de ces phénomènes.
    L'individu et sa liberté sont donc le coeur de cette philosophie, et a cet égard, il n'ya aucune contradiction entre defense du marché et morale:

    Morale et Ethique >
    Defense des libertés individuelles >
    Refus du coercitif et defense du volontarisme >
    Défense du marché libre comme émergence de ces prémices.

    Vous observerez dans cette chaine logique qu'il n'est pas possible de defendre le marché libre (emergence) si il y comportement coercitif.

    Je ne vois aucune incohérence dans les propos de Mr Theillier.

    La GPA n'est donc aucunement un escalvage moderne de la femme, mais bien du foetus. Et c'est l'absence du choix de ce nouvel etre (coercition) qui est le problème.

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  6. A mon avis votre article loupe complétement le sujet, parce qu'il est centré autour de la femme, que par hypothèse vous désignez comme incapable de prendre sa vie en main, une mineure juridique en somme, "comme au bon vieux temps".

    Le seule problème avec la GPA, ce n'est pas la GPA, c'est l'enfant. Nul n'a le moindre droit de vendre un être humain, encore moins un enfant qu'il soit né, en gestation, ou même simplement planifié. Le libéralisme est le droit de propriété SAUF sur le corps des autres, puisque chacun est propriétaire de son corps et que cela est inaliénable.

    L'humanité a toujours et partout pratiqué l'esclavage, ou des formes adoucies comme le servage, quiconque promeut le traitement d'un autre comme objet de droit et non comme sujet de droit ne peut se prétendre libéral, et s'il le crois, il scie la branche sur laquelle il est assit.

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  7. Il est triste de voir que l'auteur de cet article, certainement par aveuglement idéologique/dogmatique pratique d'étranges amalgames évidemment totalement farfelus. Les libertariens, en tout cas, sont en pratique le PIRE cauchemar des libertaires et autres "ultra-libéraux".

    En conclusion, cet auteur devrait peut-être savoir de quoi il parle tant hélas il se ridiculise de A à Z...

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  8. En effet, il y a des distinctions à faire entre libéraux classiques, néo-libéraux, libertaires et libertariens, sans quoi on brasse du vent.

    Pour info, cet article très bien fait sur le sujet : http://www.institutcoppet.org/2015/11/02/on-peut-etre-libertarien-et-enracine-par-philippe-fabry

    Ainsi que la vidéo du même auteur Philippe Fabry : C'est quoi un libertarien ? https://www.youtube.com/watch?v=h-WHCMd7JHc

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  9. Je cite : "Pour le libertarien que je suis, il est autorisé d’interdire, dans le cadre du droit de propriété : les libertariens reprennent l’idée libérale selon laquelle la propriété et la liberté ne sont qu’une et même chose (la définition classique « le droit de faire ce que l’on veut avec ce que l’on a » s’applique uniformément aux deux, c’est donc qu’il s’agit de la même chose).

    Mais pour nombre de mes contemporains, dont Charles Beigbeder, quelqu’un qui prône la privatisation du mariage et le droit de consommer librement quelque substance que ce soit est « libertaire ». En vérité, c’est une confusion, là encore. Car le libéral pur, ou libertarien, prône ces libertés dans le cadre du droit de propriété, alors que le libertaire le prône en dépit du droit de propriété ; pour le libertaire, cela répond effectivement à une volonté de détruire la société existante, dans le sillage des anarchistes du XIXe siècle comme Bakounine, alors que pour le libertarien, il ne s’agit que de respecter le droit de propriété des gens.

    Que l’on me permette d’éclairer la différence entre libertaires et libertariens avec l’exemple du mariage homosexuel.

    Remontons pour cela un peu dans le temps : 10 août 1792, la révolution, par le coup d’Etat de la Commune Insurrectionnelle, bascule aux mains des Jacobins, qui ne sont pas des libéraux mais des constructivistes voulant utiliser la puissance de l’Etat pour construire la République de leurs rêves – comme avant eux Oliver Cromwell en Angleterre, comme après eux Lénine et Staline en Russie, Hitler en Allemagne.

    Dès le 20 septembre, les Jacobins nationalisent le mariage en créant l’Etat civil : c’est l’apparition du mariage civil. Le but, pour ces anticléricaux, pour le coup prônant le déracinement de la « table rase », était de casser l’Eglise et son influence sur les moeurs. Désormais, le mariage serait dans la main de l’Etat, et les prêtres qui voudraient marier des gens non mariés devant un officier d’Etat civil seraient arrêtés. Ces dispositions sont toujours valable dans le droit français : les Français qui veulent se marier, avant d’aller voir Monsieur le Curé, le Rabbin, l’Imam ou le prêtre ordonné sur Internet d’une église groupusculaire, doivent d’abord aller demander la permission du seigneur Etat, comme les serfs modernes qu’ils sont.

    Revenons au mariage homosexuel : les libertaires, qui pour le coup sont au pouvoir, l’ont mis en place sur la base de ce mariage civil nationalisé. C’est-à-dire qu’est imposé à tous les Français une conception unique du mariage, et cette conception implique soit l’hétérosexualité, soit l’homosexualité. Et tant pis pour vous si vous considérez qu’un mariage est entre un homme ou une femme, le gouvernement pense le contraire. C’est là typiquement la conséquence d’une conception libertaire ; ce n’est pas du tout libéral.

    Au contraire, les purs libéraux, les libertariens, appellent quant à eux à la privatisation du mariage, un mariage débarrassé de la main de l’Etat, qui permettrait aux catholiques, juifs, musulmans d’organiser le leur, suivant leurs règles, donc réservé aux hétérosexuels, et aux autres d’organiser des unions qu’ils seraient libres d’appeler « mariage » sans avoir pour autant le pouvoir d’imposer aux tenants d’une conception plus restrictive ce point de vue.

    Résumons ce premier point : confondre libéraux et libertaires, ou considérer que les libertaires sont des libéraux extrémistes, est une profonde erreur. Les libertaires ne sont tout simplement pas des libéraux. Cherchant à imposer leur vision de la liberté par l’Etat, ce ne sont qu’une autre catégorie de constructivistes."

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