lundi 2 janvier 2017

VP #2 : Qu'attendre de 2017 ?

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2016 fut l’année du retour du peuple. On ne l’attendait pas, et pourtant, des États-Unis au Royaume-Uni, c’est, selon l’expression de Vincent Coussedière, le « populisme du peuple » qui s’est fait entendre. Trop longtemps ignoré – et ce, même lorsque les élites politiques daignaient le consulter comme en 2005 –, le peuple s’est réveillé. Il a refusé le projet qu’on lui avait concocté. Heureusement pour lui d’ailleurs, car ce projet ne visait pas autre chose que son étouffement, son écrasement, sa dissolution. Le projet des élites populophobes vise la mort du peuple économiquement par l'approfondissement de la mondialisation néolibérale (libre-échangisme), politiquement par la fin des frontières, préliminaire de la dissolution des nations (mondialisme), socialement par l’application de l’idéologie multiculturelle et immigrationniste (multiculturalisme) et identitairement par la substitution à la majorité d’un nouveau peuple issu de l’alliance de toutes les minorités, érigées en nouveaux sujets aliénés à émanciper (déconstructionnisme). Ses théoriciens principaux s’appellent respectivement Milton Friedman, Jacques Attali, Michel Foucault et Judith Butler. Ils portent ce projet à quatre faces répondant au doux nom de « libéralisme libertaire ».
Face ce redoutable ennemi, les peuples aux quatre coins du monde ont eu la présence d’esprit de se réveiller à temps pour ne pas mourir. Mais en refusant dans les urnes ce projet qu’on leur avait vendu comme bon et inéluctable – bon car inéluctable –, les peuples ont sauvé la démocratie. Ils ont rappelé qu’en démocratie, rien n’était jamais décidé par avance. Ils ont mis un terme à trois décennies de délire utopiste quant à une « Fin de l’Histoire », qui devait se caractériser par la paix et la prospérité mondiales.
Étant entendu que la démocratie nécessite un État souverain, vouloir diviser (par la construction européenne ou toute autre régionalisation de type supranational) ou vendre (aux multinationales) la souveraineté revient à contester la démocratie. En ce sens, il est à souhaiter que la sauvegarde de la démocratie par le « populisme du peuple » se prolonge cette année encore.
En effet, 2017 étant une année à élections présidentielles et législatives en France, il est essentiel que ce double combat pour la souveraineté et pour l’identité (et donc pour la démocratie) se perpétue. Un deuxième – si ce n’est un troisième – « quinquennat pour rien » serait assurément regrettable. Ne croyons pas pour autant que 2017 sera l’année de tous les changements ni qu’elle verra l’avènement d’un Messie à l’Élysée et d’un paradis politique sur l’Hexagone. Il est parfaitement inutile d’attendre un nouveau Messie. Déjà parce qu’Il est déjà venu, mais encore parce que le mythe de l’homme providentiel est un leurre qui mène toujours à la frustration des électeurs. Seul dépend de nous l’élection d’un prochain Président de la République plus ou moins avisé. Aucun candidat ni parti n’étant parfait, il n’est toutefois pas question d’abandonner le dialogue d’idées, condition sine qua non de la recherche de la justice et du bien commun.

Je souhaiterais d’ailleurs terminer sur cette question du dialogue. Une élection – et d’autant plus lorsque l’enjeu est important comme cette année – n’est rarement un moment de cohésion nationale, de fraternité et de paix. Or c’est bien cette dernière que nous devons toujours chercher à construire. Là encore, ce n’est pas un optimisme béat qui me pousse à écrire ces lignes et cette recommandation, mais un sentiment de malaise à la vue de la violence du débat politique, laquelle ne peut que nuire à la démocratie. Nous ne devons pas considérer comme un ennemi personnel l’adversaire, l’opposant, l’étranger – au sens où l’entend Stendhal : « L’étranger n’est pas celui que sépare de nous le hasard d’une rivière ou d’une montagne. Mais celui dont les principes, les vœux et les sentiments sont en guerre avec vos principes, vos vœux et vos sentiments. » Bien au contraire, pensons que cet étranger a toujours quelque chose à nous apporte – ne serait-ce que son expérience personnelle, laquelle est infiniment précieuse parce qu’unique. Cette sollicitude, condition de l’établissement d’un dialogue paisible et fructueux, n’est bien sûr pas évidente ni simple. Elle demande de sortir de nous-mêmes et de nos préjugés hâtifs, de remettre en cause en permanence notre pensée, de refuser toute fixité intellectuelle. Mais c’est justement cette dynamique, ce mouvement, qui porte du fruit et nous permet de nous rapprocher modestement mais certainement de la vérité.

Joyeuse et sainte année à tous !


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