lundi 13 février 2017

Un Président devrait faire ça, selon Bruno Mégret


Avec son dernier récit d’anticipation, Bruno Mégret nous livre avec Le Temps du Phénix (Editions Cité Libre) un très grand ouvrage politique, fruit d’une longue expérience du monde politique et d’une pensée résolument dissidente – dissidence qu’illustrent parfaitement les quelques réactions dans les média traditionnels. Le retraité de la vie politique depuis 2008 imagine l’élection présidentielle d’un candidat de la droite nationale en 2017 et dresse le tableau de son action jusqu’en 2022. Vif, percutant voire haletant par moment, Le Temps du Phénix est essentiellement un message d’espoir. Lucide sur le malaise multiforme qui touche la France, il ne désespère pas : la politique, si affaiblie soit-il, peut encore rénover la France. Contenu dans le titre de l’ouvrage, le thème de la renaissance est martelé inlassablement par Mégret. Plus qu’une renaissance, on pourrait même l’apparenter à une résurrection, tant la pensée de l’ancien numéro 2 du FN est empreint de messianisme.
Mais à l’inverse du messianisme électoraliste qui consiste à promettre monts et merveilles pour ne finalement rien changer une fois l’Élysée – messianisme dont Nicolas Sarkozy est l’archétype –, le Président imaginé par Mégret est un véritable réformateur, dans la lignée des Napoléon et des De Gaulle. Mieux que réformateur, il est, nous le verrons au cours de ce papier, un Législateur, au sens rousseauiste du terme. Le ton est donné dès la prise de fonction du Président, au cours de laquelle il prononce un serment inattendu aux accents très gaullistes : « Aujourd’hui, investi président de la République, je m’engage à servir la France, à défendre ses intérêts, son identité, sa grandeur. Je m’engage à servir le peuple français pour assurer son bien-être, son avenir et son rayonnement. Je m’engage à exercer ma fonction sans esprit de parti, avec équité et honneur, dans le respect des institutions de la République et des valeurs de la nation ainsi que dans la fidélité à l’histoire de France ». Ce faisant, il s’inscrit bien dans le « populisme du peuple », que Vincent Coussedière a distingué dans Éloge du populisme de la « démagogie populiste » : si le premier correspond à la réaction du peuple qui refuse d’être anéanti par le rouleau compresseur mondialiste, donc à une conservation de soi, la seconde désigne la tentative de récupération partisane du premier. Rompant avec les fantasmes multiculturels visant à détruire tout ce qui s’apparenterait à une « identité » et à délégitimer la souveraineté, le Président se fait défenseur de la « cause du peuple ». Tout au long des 320 pages, c’est le combat pour l’identité et la souveraineté qui nous est narré.

Bien que le récit ne débute qu’au moment de l’élection, on imagine que la campagne qui a précédé fut mouvementée et surprenante, probablement semblable à celle imaginée par Geoffroy Lejeune dans Une élection ordinaire, se terminant sur l’élection surprise d’Eric Zemmour, ou même à la dernière élection américaine. Une fois élu et investi, le nouveau Président s’attache à appliquer au pas de course son programme. La configuration des réformes qu’il entreprend est classique : présentation de la réforme, contestation massive orchestrée par les tenants de l’ancien système (opposition, média traditionnels, syndicats et autres associations), puis passage en force de la réforme. Aux détracteurs des réformes qui l’accusent de coups de force, le Président pose bien l’alternative : « le déclin ou la renaissance ». On retrouve dans les réformes entamées les grands piliers de la pensée de Bruno Mégret. La loi « Démocratie & Liberté » redonne du pouvoir au pouvoir, en compensant le pouvoir des média et des magistrats, trop politisés : « Le Président aimait à poser la question : « Qui un homme politique redoute-t-il le plus dans l’exercice de son mandat, l’électeur, le juge ou le journaliste ? ». « C’est d’abord le journaliste, ensuite le juge. L’électeur vient en dernier », répondait-il avec malice ». Réaffirmer le pouvoir politique, légitime car élu, face à la caste médiatico-judiciaire, tel est le volet « Démocratie » de la loi, complété par un second volet « Liberté » consistant en l’abrogation de « toutes les lois récentes cherchant à contraindre nos compatriotes à un mode de vie politiquement correct souvent qualifié de « citoyen » » ainsi que des « lois répressives qui leur imposaient une pensée unique » (lois mémorielles et lois instaurant des délits d’opinion). « Sur ces différentes questions, le président estimait qu’il fallait traiter les Français en adultes responsables. Rien ne l’irritait plus que l’action des gouvernements précédents qui entendaient régenter la vie quotidienne des Français en leur indiquant ce qu’ils doivent manger ou boire, comment ils doivent se laver, trier leurs ordures, quels transports ils doivent prendre, ce qu’ils doivent penser de l’immigration, de l’homosexualité ou du « genre » des enfants ». Cette refondation de la nation passe également par des mesures visant à restreindre l’immigration et à créer les conditions d’une assimilation des populations immigrées souhaitant rester en France, par la lutte contre l’immigration clandestine, la suppression du droit du sol et l’institution du principe de préférence nationale et européenne. Le but affiché est « d’interrompre le processus de désagrégation de la nation française qui risquait d’éclater en communautés ethniques et religieuses antagonistes ». 
Par cette préoccupation essentielle de la nation comme communauté de mœurs, tant ethniques que religieuses, le Président du Temps du Phénix apparaît comme le grand Législateur, tel que le décrit Rousseau dans Du Contrat social (II, 12). Après avoir distingué entre lois politiques, lois civiles et lois criminelles, il indique : « A ces trois sortes de lois, il s’en joint une quatrième, la plus importante de toutes ; qui ne se grave ni sur le marbre ni sur l’airain, mais dans les cœurs des citoyens ; qui fait la véritable constitution de l’État ; qui prend prend tous les jours de nouvelles forces ; qui, lorsque les autres lois vieillissent ou s’éteignent, les ranime ou les supplée, conserve un peuple dans l’esprit de son institution, et substitue insensiblement la force de l’habitude à celle de l’autorité. Je parle des mœurs, des coutumes, et surtout de l’opinion ; partie inconnue de nos politiques, mais de laquelle dépend le succès de toutes les autres : partie dont le grand Législateur s’occupe en secret ». On doit notamment à Coussedière, dans son second ouvrage Le Retour du peuple, d’avoir souligné l’importance des mœurs dans l’institution du peuple selon Rousseau. Il explique qu’aujourd’hui, dans le monde libéral-libertaire post-68, c’est bien l’unité de mœurs qui est mise à mal et, par là, l’idée même de commun. Or le politique suppose bien une communauté, aujourd’hui mise à mal par le communautarisme et l’individualisme, les deux facettes d’une seule et même pièce. En prenant acte avec Coussedière de la nécessité de l’union de la république et de la nation (« le lien civique [national] parachève et renforce le lien communautaire [national]. La république renforce renforce le sentiment d’appartenance à une même nation »), on comprend que cette double refondation requiert, pour lutter contre la dissolution du commun et l’anarchie des mœurs, de rendre à nouveau désirable la culture française – ce qui a pour conséquence de faire naître chez les immigrés le désir de s’assimiler. C’est donc à cette « partie dont le grand Législateur s’occupe en secret » que se consacre activement le président, notamment en faisant de la politique familiale une priorité, en abrogeant le mariage gay ou en restaurant l’éducation. Ainsi, en 2021, après quatre ans d’action en ce sens, il indique que « le fait que l’État ait rétabli son autorité, que la fierté nationale ait été réveillée et que la France connaisse une forme de renouveau, la rend naturellement plus attractive pour ceux qui ont la possibilité d’en faire partie ». De même, après avoir réussi à restreindre fortement l’immigration, c’est tout naturellement qu’il parvient à créer – là où Sarkozy se prenant pour Napoléon avait échoué – un consistoire musulman, véritable acte de naissance d’un islam de France. Mais une telle réussite dans la lutte contre l’islamisation-immigration ne va pas sans une affirmation déterminée et sans ambiguïté de l’identité française, par exemple, en rompant avec la repentance historique et en promouvant la langue française contre la multiplication des anglicismes. Mais il est surtout un ferveur défenseur du christianisme (« Le christianisme demeure une composante de notre identité nationale. Il suffit d’observer notre territoire parsemé d’églises et de chapelles dont les lieux portent souvent le nom de saints, sans parler de notre calendrier qui s’égrène au rythme des fêtes chrétiennes ») et on admirera l’habileté qu’il a de rompre avec une vision de la laïcité entendue comme restriction des religions dans la sphère publique et comme traitement égal des religions – une telle laïcité ne faisant que renforcer l’islam en affaiblissant encore un peu plus le christianisme.

En outre, cette refondation de la nation s’appuie aussi sur une rénovation de l’État. Ainsi, lors d’un entretien télévisé lors de son premier 14 Juillet, « il expliqua qu’il voulait moins de lois mais des lois qui fussent respectées. Moins de règlements qui fussent compris et acceptés. Il affirma sa volonté de restaurer l’autorité de l’État ». Il aura l’occasion de restaurer le pouvoir de l’État au gré des émeutes et des attentats, qui jalonnent son mandat. Si la présidence de cet homme élu à l’arraché est si compliquée, c’est bien parce que les forces anciennes se liguent à chaque occasion contre lui. On admirera le courage et la constance de cet homme d’État visionnaire, aux épaules bien taillées pour les institutions de la Vème République et qui n’hésite pas à glisser à propos de sa faible popularité tout au long de son mandat : « Par les temps qui courent, il n’y a que deux types de gouvernants : ceux qui sont impopulaires parce qu’ils ne font rien d’efficace et ceux qui sont impopulaires parce qu’ils agissent réellement. Les premiers sont oubliés, les seconds restent dans les mémoires et… deviennent populaires. ». Transparaît bien la vision de la politique de Bruno Mégret dans certaines réflexions informelles que livre le président telles que « Nous avons essayé de rendre possible ce qui est nécessaire. C’est tout l’objet du politique. » ou, lorsqu’on lui demande son projet en cas de réélection en 2022, « Je voudrais que nos compatriotes retrouvent la foi dans leur nation, qu’ils se sentent à nouveau français et heureux de l’être, conscients d’appartenir à une communauté qui les épanouit et les enrichit. » Une telle expression de la recherche du bien commun nationale apparaît remarquable, à l’heure d’une conception de la politique au service du bien-être des individus, abstraction faite d’une quelconque idée du collectif. Or seule une préoccupation du bien commun, du bien du peuple – entendue comme globalité et non comme agrégat d’individus aux intérêts inconciliables si ce n’est par la main invisible du marché – peut redonner sens et noblesse à l’action politique.

Logiquement, une telle recherche du bien commun et la si profonde compréhension des moyens pour y parvenir en font un diplomate hors pair. Et c’est là le second niveau de la politique menée par ce président imaginaire : les relations internationales. Conformément à la phrase de Coussedière « le peuple français est menacé de se décomposer à l’intérieur, à force de ne laisser subsister aucun pouvoir spirituel capable de donner forme à ses mœurs, à l’extérieur à force de perdre sa souveraineté et son indépendance », il accorde une attention et une énergie identiques aux politiques extérieure et intérieure, par nature intimement liées. Il profite habilement de la dynamique de rénovation de l’État-nation pour se projeter dans la refondation de l’Europe, apparaissant comme l’acteur le plus décisif de la construction européenne depuis Schumann. Au lieu de la fuite en avant proposée par nombre d’eurolâtres, il mène la réforme de l’Union européenne par un génie diplomatique exceptionnel. Dès les premières pages, on sent sa méfiance envers la rupture avec l’Union européenne proposée par l’aile Philippot du FN. « Il considérait qu’à l’époque du choc des civilisations, face à la Chine, à l’Inde, aux États-Unis ou au monde musulman, la France seule ne pouvait plus rien. Il estimait donc que l’avenir passait par l’Europe à condition qu’elle changeât de nature et d’objectif. Il voulait que l’Union se préoccupât d’indépendance, d’identité et de puissance ». La vision géopolitique du président est obsédée par ce concept de puissance. Il fait le pari qu’une réorganisation de l’Union européenne peut rendre du pouvoir à la France, tout en espérant que cette nouvelle configuration conférera à l’Union un pouvoir véritable pour peser dans le nouveau monde multipolaire. Pour résoudre cette tension et accroître simultanément la puissance de la France et celle de l’Europe, il mise sur la coopération et la solidarité des nations du Vieux Continent. Créant une alliance militaire indépendante émancipée de la tutelle américaine, réorganisant le fonctionnement de l’Union autour de la notion de confédéralité, faisant de l’euro un instrument de croissance pour toute l’Europe, et non seulement pour l’Allemagne, mettant en place un protectionnisme européen pour lutter contre le libre-échangisme sauvage, le président passe son mandat à convaincre les États et les peuples, puisant pour ce faire dans le fonds commun de l’Europe. Mégret, qu’on sent ici influencé par les idées du GRECE et de la Nouvelle Droite, dont il a été proche, imagine ainsi un discours de son personnage porte de Brandebourg. « Il souligna l’importance du patrimoine que partagent les Français, les Allemands et tous les Européens, énumérant les grands hommes, les découvertes, les inventions, les idées, les œuvres d’art qui constituent l’héritage commun des peuples du continent. Il demanda que l’on cessât de se prosterner devant les autres et de s’excuser d’être ce que l’on est, considérant qu’il fallait au contraire éprouver une grande fierté pour tout ce que les Européens ont apporté à l’humanité, la science et la technologie, la raison et la liberté, le goût de l’équilibre et de l’harmonie, l’art et la démocratie. Affirmant que le monde avait besoin d’une Europe forte, il incita ceux qui l’écoutaient et, au-delà, tous les Européens, à retrouver la conscience de leur commune identité ». Se dégage ici l’image d’un Législateur européen menant les peuples continentaux par-delà leurs différences pour instituer une nouvelle Europe. Celle-ci repose nécessairement, l’a bien compris Mégret, sur la souveraineté et l’identité, « car, pour les nations, le sentiment de puissance conduit à la grandeur et au dépassement ». La construction d’un Centre Charlemagne, « monument dédié à la civilisation européenne », servant à « affirmer et populariser l’idée d’un patriotisme européen », près de Versailles va dans ce sens. Tirant le bilan de sa politique européenne, le président explique dans un passage plein d’optimisme « Nous avons rendu à notre continent les instruments de la puissance, et nous devons faire de notre Union la première des puissances, non pas dans une démarche hégémonique mais dans le souci de faire rayonner les valeurs de notre civilisation, celles qui assurent le respect de l’homme et de sa liberté, celles qui expriment l’équilibre et l’harmonie, celles qui conduisent à repousser les limites et à se dépasser soi-même ». Il assure que ce renforcement de la puissance de l’Europe ne se fait pas au détriment de la France, mais au contraire lui est bénéfique : « Si notre nation toute seule est en effet impuissante à l’échelle de la planète, l’Europe, dans sa nouvelle configuration, peut jouer un rôle déterminant sur la scène mondiale. C’est dire l’importance de notre pays car c’est lui qui a changé l’Europe et, quand la France change l’Europe, l’Europe peut changer le monde ». Mais en justifiant la poursuite de la construction européenne – certes d’une autre manière, mais dans un but identique : la création d’une Europe politique –, Mégret ne cède-t-il pas à la thèse téléologique, selon laquelle la mondialisation est bonne et inéluctable – bonne car inéluctable – et que l’humanité marche naturellement vers son unification politique et culturelle ? Les derniers grands événements géopolitiques du XXIème siècle, du 11 septembre 2001 au référendum de 2005 en passant par le Brexit, montrent pourtant que la mondialisation libérale n’est nullement une fatalité et que l’Histoire n’est jamais écrite d’avance. L’heure n’est plus à la suppression des frontières et à l’avènement de vaste entité politico-économique, mais plutôt aux retours des souverainetés nationales et aux résistances au rouleau compresseur culturel mondialiste.
En dehors de toute considération sur la possibilité même de l’institution d’un peuple européen, se pose, en parallèle, le problème de la fin de la puissance. A quoi sert la constitution d’une telle puissance ? Plus exactement, il semble que Mégret déplore les effets de causes qu’il ne remet pas en cause. Par exemple, il saisit bien le danger de la dissolution des mœurs sous l’effet du libéralisme sociétal, mais fait la promotion du libéralisme économique – certes modéré : il libéralise le travail par « le contrat de travail unique de flexisécurité, l’abandon de la semaine de trente-cinq heures et la suppression du SMIC ancienne version » et, surtout, engage l’accélération de la robotisation de la France, pour en faire le leader mondial. Ce manque de radicalité – au sens strict du terme : le traitement global et systématique des problèmes, à partir de leurs racines ; la compréhension des effets à partir de leurs causes – est également perceptible dans l’absence complète de préoccupation pour l’écologie, réduite à la transition énergétique, d’ailleurs toujours au service de la puissance. Mais, en simplifiant la question, on en arrive à l’étonnant paradoxe suivant : à quoi sert d’engager des politiques natalistes si c’est pour que les enfants évoluent dans un environnement gravement pollué puis s’aliènent une fois parvenus à l’âge de travailler ? Comme pour le programme frontiste pour la prochaine élection présidentielle, on ne peut regretter que ce problème de cohérence, qui naît probablement d’une compréhension partielle de la modernité, comme système tant théorique (illimitation des désirs et toute-puissance de l’homme) que pratique (destruction de la morale, de la nature et, in fine, de l’homme par le transhumanisme). Il semble qu’il manque à Mégret le questionnement fondateur du politique, formulé par Hans Jonas : « Si la tâche de la politique consiste à transformer le monde en une demeure convenable à l’homme, se pose la question : qu’est-ce qu’une demeure convenable à l’homme ? ». Si une nation fière d’elle-même et enracinée est bien sûr une condition essentielle d’une bonne politique, l’habitabilité du territoire paraît tout autant déterminante. In fine, se pose donc la question de la fin de la puissance. Celle-ci ne vaut que si elle n’est pas son propre but et qu’elle se place au service de l’homme. Plutôt que de faire du recouvrement de la puissance le critère d’évaluation de la politique, mieux vaudrait se demander, trivialement, si la politique menée est au service de l’homme. Or, que ce soit la libéralisation du travail, le renouveau de l’Europe politique, la promotion de la robotisation ou la transition énergétique, nombre de mesures ne semblent pas orientées vers le développement intégral de l’homme et de tous les hommes – seule mesure d’évaluation du politique.

Enfin, on ne peut que relever le caractère admirable du comportement du Président. A l’heure de la transformation de la politique en spectacle et de la personnalisation du pouvoir – dont Macron est l’archétype –, Mégret prend le contre-pied de la « peopolisation » de la politique en présentant un Président sobre et efficace. Sobre parce qu’il protège absolument sa vie privée, mettant fin à la confusion entre le public et le privé, entamée dans les années 1960 et perpétuée par les mariages de Sarkozy et les adultères d’Hollande. Efficace parce qu’il préfère agir que promettre, décider plutôt que parler. Si l’on s’en tient aux travaux d’Alexandre Havard, théoricien du « Leadership Vertueux », le Président inventé par Mégret a les deux attributs essentiels du « leader » : magnanimité et humilité. « Le leader a un rêve, un rêve qui donne invariablement naissance à une vision et à une mission. C’est la vertu de magnanimité qui lui confère cet état d’esprit élevé. Mais le leadership ne consiste pas simplement à « penser grand ». Un leader est toujours un serviteur : un serviteur de ses collègues, de ses employés, de ses enfants, de ses concitoyens, un serviteur de l’humanité toute entière. L’essence du service est l’humilité. […] La magnanimité est à l’origine des nobles ambitions, l’humilité canalise ces ambitions vers le service des autres. », écrit Havard dans Le Leadership Vertueux. Dans Le Temps du Phénix, le Président est assurément un grand leader politique, porteur d’un rêve – le renouveau de la France – et mettant tout en œuvre pour le réaliser. En se mettant pleinement au service du bien commun de son pays et de ses compatriotes et en négligeant les intérêts partisans court-termistes, le tout sans éclat ni soif de gloire ou de reconnaissance, il redonne à la politique toute sa noblesse. Si la fin du livre se termine à quelques minutes du résultat des élections de 2022, laissant planer un suspens déchirant, il est évident que Bruno Mégret en Président s’est hissé au niveau des plus grands politiques, il est de la trempe de ceux qui ont su « faire France ».

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