dimanche 30 avril 2017

Le catholicisme et le Front national sont-ils incompatibles ?

Le but de mon propos n’est nullement d’identifier le catholicisme et le Front national. Ce serait absurde dans la mesure où le premier est une religion, quand le second est un parti politique. Nul raison donc de défendre une théocratie, un régime politique religieux puisque depuis le « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu » (Lc 22, 25), l’ordre temporel et l’ordre spirituel sont nettement séparés dans la doctrine chrétienne. A l’inverse, certains demanderont de quel droit l’Église s’immisce dans la vie politique ; ne devrait-elle pas se cantonner à son « domaine de compétence », à savoir la religion ? Jean Madiran répond simplement que « toute activité volontaire est soumise à la morale, toute activité politique volontaire est soumise à la morale politique, et les évêques sont parfaitement dans leur rôle lorsque, dans toute l’étendue de la morale politique, ils jugent, approuvent, réprouvent les actes et les idées ». Comme chaque citoyen, l’Église peut donner son opinion sur l’action politique – en l’occurrence, une opinion fondée sur deux millénaires de réflexions anthropologiques et morales.

Non, l’objet de ce papier est de répondre à cette question : y a-t-il une incompatibilité fondamentale entre l’enseignement de l’Église et le programme du Front national ? Ou plus directement : peut-on être catholique et voter Front national ?


A voir la constance avec laquelle l’épiscopat français attaque le Front, on pourrait en douter. Ainsi Mgr Olivier Ribadeau-Dumas estimait dans La Croix « un certain nombre de ses idées sont clairement en opposition avec l’Évangile et avec la vision chrétienne de la société ». Dans un article paru dans la revue jésuite Projet intitulé « Aux chrétiens tentés par le Front national », l’argument-massue, censé priver durablement les catholiques de toutes vélléités concernant le parti de Marine Le Pen, était formulé ainsi : « Comment être d’accord avec un programme politique si amanifestement hostile aux étrangers ? ». Tel est le reproche premier adressé au FN : sa volonté de restreindre l’immigration, d’expulser les clandestins et d’appliquer la préférence nationale, apparemment contradictoire avec la parole du Christ « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34). 

Notons en premier lieu que le véritable enseignement de l’Église sur l’immigration n’est nullement la préconisation d’un accueil inconditionnel et illimité des étrangers. L’Église au contraire a une position juste, réaliste et responsable, posant que le droit à l’immigration ne peut être limité que pour des motifs graves et objectivement fondés relevant du bien commun. Il est évident que le FN ne souhaite pas limiter l’immigration pour d’autres motifs que le bien commun national. Entrent en jeu ici des considérations de quantité et de qualité. L’immigration est d’abord une « question de taille », selon le mot du philosophe Olivier Rey. Accueillir un million de migrants comme l’a fait notre voisin allemand est objectivement irresponsable. Benoît XVI rappelait bien le devoir qu’ont les migrants de s’intégrer à leur pays d’accueil (« Les immigrés ont le devoir de s'intégrer dans le pays d'accueil, en respectant ses lois et l'identité nationale. »). Mais dans le cas de l’Allemagne, comment intégrer rapidement une telle quantité d’immigrés ? La réponse est bien simple : c’est impossible. Non pas qu’aucun migrant ne se soit intégré, mais que certains se sont si peu intégrés qu’ils ont causé deux catastrophes nationales, nuisant considérablement au bien commun national, à savoir les agressions sexuelles de Cologne et l’attentat de Berlin. A ces considérations sociales, ajoutons la préoccupation économique : si les immigrés allemands trouvent probablement du travail – mal payé et dans des conditions de travail indignes, au plus grand bonheur du patronat allemand -, imaginons un instant ce que serait l’arrivé d’un million de migrants dans un pays comme la France qui compte cinq millions de chômeurs. Ce n’est pas possible. La question de la quantité se double d’ailleurs d’une question de qualité, là encore relative à l’intégration, condition du bien commun national. Il n’est nullement « raciste » ou « xénophobe » d’affirmer que l’intégration d’individus partageant les mêmes repères culturels que les citoyens de son pays d’accueil – ou au moins un socle commun qui peut être basé tant sur la langue que sur la religion, le mode de vie… - est plus aisé que celle de migrants dont la culture diffère radicalement. Bien sûr qu’il n’existe pas de lois scientifiques quant au taux de réussite de l’intégration de tel ou tel groupe d’immigrés, mais on constate des tendances : certains groupes humains ont plus de facilité à s’intégrer que d’autres. Personne n’est inintégrable, mais les prédispositions à l’intégration diffèrent entre les groupes d’individus. Tous les Portugais catholiques ne s’intégreront pas nécessairement mieux que les Afghans musulmans, mais on observe que d’une manière générale ils ont plus de facilité.

Projet reconnaît à juste titre l’importance de l’intégration : «[la France d’aujourd’hui s’est faite] par l’apport successif aux souches initiales d’autres populations et d’autres cultures qui se sont intégrées dans le creuset national, adoptant sa langue et sa culture politique. Nous savons combien de Français d’origine étrangère ont participé et continuent d’apporter leur contribution à notre développement économique, social et culturel ». Mais plus loin, il préconise l’intégration plutôt que l’assimilation. Sauf que l’intégration demande un socle commun, un fond culturel que partagent tous les Français, dont « la langue et la culture politique » font bien entendu parties. Inculquer aux immigrés ces repères culturels ne s’appelle-t-il pas l’assimilation ? Il me semble que l’Église n’a jamais milité pour le multiculturalisme, idéologie prônant la dissolution des nations et des identités dans un ensemble où les individus seraient « libérés » des normes sociales et culturelles. Il reste à prouver que ce paradis terrestre assure à l’individu une liberté authentique. 

Le Front national se pose en dernier rempart de la nation, ce que lui reproche aussi la revue jésuite, qui écrit : « Le patriotisme est un maître mot du Front national, il ne saurait en avoir l’apanage. N’est-ce pas plutôt le nationalisme et la préférence nationale qu’il proclame ? Ce nationalisme qui porte en germe les violences et les conflits : nous ne le voyons que trop, aux portes mêmes de l’Europe. » Si elle a raison de souligner que le Front national est un parti nationaliste, on aimerait avoir les arguments qui soutiennent l’affirmation que le nationalisme porte en germe les violences et les conflits. Il est d’usage de faire du terme « nationalisme » un repoussoir suffisant qui ne requiert aucune autre explication ni justification. Le nationalisme, c’est mal, un point c’est tout. Le FN lui-même, sous l’impulsion de Philippot, semble vouloir toute référence au « nationalisme » au profit du « patriotisme ». Pour revenir au nationalisme, on voit mal ce que ses détracteurs lui reprochent à moins de vouloir l’identifier imprudemment au nazisme ou au fascisme, erreur historique majeure. C’est la même disqualification morale qui est à l’œuvre lorsqu'on fait du FN un parti d’extrême-droite. S’il est vrai que son positionnement est à droite des Républicains censés constitués la droite actuelle (donc au sens strict à droite de la droite), le FN n’est assurément pas plus proche des idéologies nazies ou fascistes que ne le sont les autres partis français. Marion Maréchal-Le Pen explique ainsi : « [Parmi les caractéristiques du fascisme], il y a l'antiparlementarisme, l'autoritarisme et la doctrine basée sur la race. Nous ne répondons à aucun de ces critères. Moi je ne me considère ni d'extrême droite, ni fasciste et je trouve que c'est de la paresse intellectuelle de la part des adversaires. C'était une recommandation de Staline d'ailleurs aux communistes français, de dire : 'Traitez vos adversaires de fascistes'. On se base sur la morale et ainsi ça permet d'éviter d'aller sur le fond politique. » Classer le FN version 2017 à l’extrême-droite est d’ailleurs moins vrai que jamais, tant le positionnement idéologique du parti a évolué. Mais il semblerait que les préjugés concernant le FN – racisme, fascisme, anti-républicanisme, clichés que nous traitons dans notre article FN : pourquoi tant de haine ? – restent profondément ancrés dans l’inconscient collectif catholique...

Reprenons la « Note doctrinale sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique » offerte aux fidèles en 2002 par le cardinal Ratzinger alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, texte malheureusement magistralement ignoré de l’épiscopat français mais auquel l’abbé Grosjean a consacré son Mémoire. Ratzinger présente les « principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis » : refus de l’avortement et de l’euthanasie, respect des droits de l’embryon humain, protection de la famille fondée sur le mariage monogame et entre personnes de sexe différent, garantie de la liberté d’éducation des enfants, protection sociale des mineurs, et libération des victimes des formes modernes d’esclavage, droit à la liberté religieuse, et développement d’une économie au service de la personne et du bien commun, respect de la justice sociale, de la solidarité et de la subsidiarité, sauvegarde de la paix. En 2007, devenu pape, il énumère les principes non-négociables devant le Parti populaire européen, la droite européenne, les réduisant à trois : « protection de la vie dans toutes ses phases ; reconnaissance et défense de la structure naturelle de la famille – union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – ; protection du droit des parents à éduquer leurs enfants ».

Dès lors, il convient de réajuster les paramètres de la discussion sur la compatibilité entre le Front national et le catholicisme. Le FN respecte-t-il ces critères et spécialement les deux premiers principes non-négociables particulièrement clivants ? La récente passe d’arme entre Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot sur l’avortement montre qu’une partie importante du parti de Marine Le Pen y est opposé, à contre-courant de l’opinion générale pour qui l’avortement constitue un droit fondamental. On ne retrouvait nulle opposition de la sorte dans le programme d’un François Fillon qui pourtant se dit opposé à l’avortement « en conscience ». Mais la conscience n’est-elle pas le critère essentiel de choix politique ? Jean-Marie Le Pen, lui, était opposé l’avortement mais l’épiscopat français, souhaitant absolument se démarque de toute proximité idéologique avec le fondateur du FN, ne trouva d’autre moyen que de mettre en doute sa parole : Jean-Marie Le Pen était opposé à l’avortement pour une mauvaise raison. Laquelle ? Il s’y oppose non pas parce qu’il défend la vie, mais parce qu’il s’agit de sauvegarder la nation. Ce reproche lui est adressé sur la base d’un slogan frontiste « Tuer l’enfant, c’est tuer la France ». Mais ce slogan diffère-t-il vraiment du mot de Saint Jean-Paul II « Une nation qui tue ses propres enfants n’a pas d’avenir » ?

Sur l’opposition au mariage homosexuel, là encore le FN se place comme l’un des partis les plus en adéquation avec la Note du cardinal Ratzinger. Certes le Front national ne fit pas bloc contre la loi Taubira, certes Marine Le Pen ne se rendit à aucune Manif pour Tous, mais Marion Maréchal-Le Pen ou le SIEL, mouvement proche du Front, furent à la pointe de la contestation. Contre Macron, Le Pen se pose en seule défenseure authentique du mariage entre un homme et une femme, en proposant d’abroger la loi Taubira. Se pourrait-il que le million de défenseurs de la famille et de la filiation descendu dans la rue contre le mariage gay en 2013 renie leur combat soudainement en votant pour un candidat libéral-libertaire, promouvant la PMA pour les couples lesbiens ? La Manif pour Tous dans un communiqué n'a-t-elle pas qualifié Macron de "candidat ouvertement anti-famille" faisant "passer l'argent avant l'humain" ? Enfin, comment nier que, comme l’indique le baromètre d’Alliance Vita, institut pro-vie, il n’y a aucune comparaison possible entre Le Pen et Macron sur les sujets sociétaux, auxquels l’Église porte tant d’attention ?


On voit donc que le FN n’est pas plus éloigné des préceptes de l’Église que les autres partis. Pourquoi dès lors persistent les attaques de l’Église de France ? Historiquement, on peut dater du début du XXème siècle la confrontation entre « l’extrême-droite et l’Église » - l’expression, erronée, est le titre d’une enquête de Xavier Ternisien, à laquelle Jean Madiran a magistralement répondu. A supposer qu’il y ait une filiation entre l’Action française et le Front national – ce qui est contestable, surtout au vu des mutations idéologiques du FN – la condamnation du premier est censée impliquer celle du second, explique Ternisien. Sauf que la condamnation de l’Action française par l’épiscopat français puis par le pape Pie XI est loin d’être évidente. Au nom de son incroyance, Charles Maurras fut accusé d’instrumentaliser l’Église. Pour incroyant qu’il était, il demeure l’auteur de ces lignes que peu de politiques se disant croyants seraient prêts à écrire : « Sans Dieu, plus de vrai ni de faux ; plus de droit, plus de loi. Sans Dieu, une logique rigoureuse égale la pire folie à la plus parfaite raison. Sans Dieu, tuer, voler sont des actes d’une innocence parfaite ; il n’y a point de crime qui ne devienne indifférent ». Mon but n’est pas de réhabiliter Maurras – j’en serai incapable tant sa pensée est complexe et diverse – mais de montrer que la condamnation de Maurras par l’Église n’est pas évidente. Or les attaques de l’Église de France contre le FN sont assurément moins virulentes. Donc, il n’y a absolument rien d’évident dans ces critiques à l’égard du parti de Marine Le Pen.

Je ne dis pas que le FN est un parti parfait, loin de là. Il ne sert à rien de rêver à un parti idéal, qui serait la copie conforme des exigences de la Doctrine sociale. Devant tant de partis imparfaits, une réflexion en conscience est nécessaire pour choisir le plus justement possible ; mais il serait irrespectueux de biaiser cette réflexion par une disqualification a priori sur des bases erronées. Plutôt que de combattre le FN sur ses vues à propos de l’immigration, il semble plus instructif d’interroger, par exemple, sa conception intransigeante de la laïcité ou son programme économique keynésien et protectionniste.

D'ailleurs, le dernier alibi des catholiques anti-frontistes qui est de condamner le parti lepéniste au nom du pape François, réputé « sans-frontiériste » et « pro-migrants ». Sauf que cette divergence apparente masque une réelle convergence sur d’autres sujets, parmi lesquels l’antilibéralisme et la défense du peuple. Dans un article pour Causeur, Thibaud Collin met ainsi en exergue la proximité intellectuelle entre le FN et le pape François, lequel a fortement été influencé par la « théologie du peuple ». Le philosophe écrit : « Alors le pape est-il « populiste », ce qui ne serait pas étonnant vu la place que tient le péronisme dans la mentalité argentine ? A cette question que lui pose son proche collaborateur, le Père Spadaro, il fait cette réponse sibylline, riche de présupposés philosophiques et politiques: « Il y a un mot très maltraité: on parle beaucoup de populisme, de politique populiste, de programme populiste. Mais c’est une erreur. Le peuple n’est pas une catégorie logique, ni une catégorie mystique. (…) Le peuple est une catégorie historique et mythique. Le peuple se construit dans un processus, avec un objectif et un projet commun. L’histoire est construite de ce processus de générations qui se succèdent à l’intérieur d’un peuple. Il faut un mythe pour comprendre le peuple. » En reprenant ici le langage de Georges Sorel lui-même influencé par Bergson, le pape manifeste que la politique ne se limite pas à la gestion mais exige de l’intuition. Il faut sentir le peuple pour le guider. Il faut lui proposer une vision à laquelle s’identifier pour mobiliser ses énergies vers le bien commun. L’imaginaire politique du pape est loin de la technocratie procédurale. » Le discours du pape pour la seconde rencontre mondiale des mouvements populaires le 9 juillet 2015 au Pérou est un autre exemple volontiers « populiste » et antilibéral, dont on retiendra la splendide formule : « La globalisation de l’espérance, qui naît des peuples et s’accroît parmi les pauvres, doit remplacer cette globalisation de l’exclusion et de l’indifférence ! ». Si l’on peut déplorer l’absence de vision écologiste dans le programme frontiste – défaut systématique de toute la droite –, il faut reconnaître la cohérence de sa lutte contre les deux versants du libéralisme, économique et culturel et de ses dénonciations du mondialisme progressiste, lequel a trouvé en Emmanuel Macron sa plus parfaite incarnation. N'y a-t-il pas une alliance objective entre le FN et le pape François sur la question du rapport à la mondialisation et à l'argent-roi, questions cruciales pour tout catholique soucieux des générations futures ? A l'inverse, un abîme sépare le pape lorsqu'il s'exclame "L’argent corrompt! Il n’y a pas d’autre issue. Si vous choisissez ce chemin de l’argent, à la fin, vous serez un corrompu. L’argent a ce pouvoir séducteur de vous entraîner lentement vers votre perdition. C’est pourquoi Jésus est tellement catégorique: vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. Vous ne pouvez pas: c’est soit l’un, soit l’autre. Et ce n’est pas du communisme, c’est l’Évangile pur! Ce sont les paroles de Jésus!" et Emmanuel Macron qui confie sur BFMTV "J'ai très bien gagné ma vie, je l'assume totalement, j'en suis fier".

Ainsi, le fait que bon nombre de catholiques voire d’ecclésiastiques pratiquent une sorte de « Tout sauf Le Pen », embrassant par là allègrement l’air du temps et négligeant la vertu de prudence, est hautement regrettable. Le vote est un acte personnel, toujours hautement périlleux, qui requiert sans doute patience, réflexion et prière. L’actuelle diabolisation haineuse et condamnation a priori d’une candidate que plusieurs millions de Français ont choisi ne permet guère à l’électeur chrétien d’effectuer sereinement un tel acte. Marine Le Pen est critiquable, Emmanuel Macron aussi. L’enjeu dès lors est de choisir en conscience le candidat qui s’attachera avec le plus de constance et de courage à la recherche du bien commun, de la justice et de la paix. 

2 commentaires:

  1. Quel bel article qui a au moins le mérite de montrer clairement la prise de position de son auteur.
    "J'étais un étranger et vous m'avez accueilli" me semble être une phrase de l'Evangile particulièrement appropriée pour parler de l'immigration. Je dénonce le procédé qui consiste à susciter la peur pour nous expliquer qu'on ne peut plus accueillir personne. L'auteur semble parfois tomber dans cet éceuil quand il évoque par exemple la situation de l'Allemagne et qu'il conclue avec une rhétorique implacable: " Imaginons un instant ce que serait l'arrivé d'un million de migrants dans un pays comme la France qui compte cinq millions de chômeurs. C'est impossible." Et avec une telle démonstration, en s'appuyant sur le principe de responsabilité prôné par la doctrine sociale de l'Église, le jeune journaliste en vient à affirmer la compatibilité entre le FN et le catholicisme. Qui a dit qu'il fallait accueillir un million de migrants ? Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas accueillir un million de migrants qu'on ne peut pas en accueillir du tout. Chercher toutes les raisons pour ne pas mettre en œuvre l'accueil de l'exilé n'est pas évangélique. C'est de l'auto-justification. Ce qui est vraiment conforme à l'Évangile, c'est de chercher à mettre en application de manière responsable et réaliste les invitations de Jésus-Christ :"J'étais nu, vous m'avez habillé, j'avais faim, vous m'avez donné à manger, j'étais un étranger, vous m'avez accueilli". Il n'est pas certain que le FN se place dans une telle perspective...
    Pour appuyer son propos d'une "alliance objective" entre l'Église et le FN, l'auteur en vient même à citer le Pape François. Quelle conversion ! La joie de Pâques l'aurait-elle à ce point transformé? Passons sur ce détail et rappelons-lui que si le Pape François à refusé de se prononcer sur la présidentielle française, il reste néanmoins très attaché à l'accueil du frère en difficulté et à la construction européenne qui sont comme des signes de l'avancée du Royaume...
    Concluons en redisant que la peur n'est jamais bonne conseillère et que la méfiance n'est pas un guide fiable. Il est heureux que ce brillant jeune journaliste évoque la conscience et le jugement prudentiel pour aider au discernement. Je prie pour que de nombreux chrétiens, guidés par la lumière de l'Évangile, se lèvent pour le mettre en pratique dans le monde politique, sans compromissions, avec courage et responsabilité. P. Cédric+

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  2. Merci pour cet éclairage qui remet le débat en perspective et ne se limite pas à l'habituel psittacisme incantatoire. L'apparent rejet du FN de la part de certains ecclésiastiques vient d'une mauvaise interprétation de la nécessaire charité. Il est donc intéressant d'en revenir à sa définition par les Pères de l'Eglise: https://www.lerougeetlenoir.org/contemplation/les-contemplatives/la-charite-n-est-pas-un-humanisme
    On se rend alors compte que le FN est le moins éloigné de la DSE sur ce point...

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