jeudi 27 juillet 2017

"On est chez nous" ou le désir de politique

Texte préalablement publié sur Boulevard Voltaire.

L’un des slogans les plus entendus aux meetings de Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle était « On est chez nous ! ». Les nouveaux gardiens du Bien furent prompt à y voir une forme de dangereuse « xénophobie » et d’impardonnable « repli sur soi », qu’ils condamnèrent sans scrupule. Pourtant, il se pourrait que ce slogan soit moins un symbole de repli identitaire et autres vilenies que la fierté de proclamer envers et contre tous la persistance d’un « nous », d’un peuple. En ce sens, ce qui est populiste correspondrait au refus d’une démocratie sans « démos » et à un désir de politique.



mardi 25 juillet 2017

L&P #18 : L'individu hypermoderne


« Notre époque n’est pas celle de la fin de la modernité, mais celle qui enregistre l’avènement d’une nouvelle modernité : l’hypermodernité. Un peu partout nos sociétés sont emportées par l’escalade du toujours plus, toujours plus vite, toujours plus extrême dans toutes les sphères de la vie sociale et individuelle : finance, consommation, communication, information, urbanisme, sport, spectacles ». C’est en ces termes que Gilles Lipovetsky le premier parlait de l’hypermodernité comme « modernisation hyperbolique » et « parachèvement de la modernité ». Aujourd’hui, le terme est fréquemment employé, plutôt de manière péjorative d’ailleurs, pour désigner notre époque : celle des réseaux sociaux et de Google, celle de l’ubérisation et de la dématérialisation en général. Et comme le terme d’ « individu hypermoderne » est plutôt utilisé pour critiquer, implicitement ou non, cet individu de la post-modernité, très peu d'études objectives n’ont été menées jusque là pour le définir, comprendre ses aspirations et tenter de dessiner son portrait-type. C’est exactement la mission que se fixe Nicole Aubert dans son nouvel ouvrage intitulé L’individu hypermoderne qu’elle a co-écrit avec de nombreux sociologues, philosophes et psychologues actuels.

L’enjeu est de taille. Il est de cerner les « effets sur l’individu de la société d’hyperconsommation dans laquelle nous vivons, marquée par le triomphe de la logique marchande et par l’éclatement généralisé de toutes les limites traditionnelles ayant jusque-là structuré la construction des identités individuelles ». Et cet enjeu est rempli à la perfection. Le livre est comme un grand tableau, chaque chapitre venant ajouter à chaque fois une nouvelle couleur, un nouveau trait. Les sociologues participant à l’ouvrage décrivent un à un la manière d’être et le comportement de cet individu : de son hyperactivité au travail à son impératif de jouissance dans ses moments libres, relatant à chaque fois les risques des évolutions qu’il subit. L’hyperconsommation, par exemple, est analysée comme une « désappropriation progressive du quotidien par les fournisseurs d’expériences de consommation que sont devenues les grandes entreprises multinationales ». L’étude s’attarde également sur la représentation et l’utilisation du corps dans une société hypermoderne, facette qu’il est nécessaire de comprendre lorsque l’on souhaite définir cet individu de l’époque hypermoderne. « L’importance donnée au corps s’inscrit principalement dans trois domaines : la santé, la beauté et la sexualité. Dans ces trois domaines, le corps doit satisfaire aux exigences de la société de consommation : performance, plaisir et bien-être et esthétisme ». On comprend alors que ces trois critères, la société hypermoderne les applique à tous les domaines qui concernent, de loin ou de près, l’individu. Trois critères essentiels, trois critères critiquables, mais trois critères que les auteurs considèrent comme matrice logique des transformations qui touchent l’individu et la société dans laquelle il évolue.

A la question : « qui est l’individu hypermoderne ? », Nicole Lambert donne finalement la meilleure réponse possible. L’individu hypermoderne est celui « qui émerge des bouleversements accomplis durant ces trente dernières années (…) centré sur la satisfaction immédiate de ses désirs et intolérant à la frustration, il poursuit cependant, dans de nouvelles formes de dépassement de soi, une quête d’Absolu, toujours d’actualité. Débordé de sollicitations et d’exigences d’adaptation permanente conduisant à un état de stress chronique, pressé par le temps et talonné par l’urgence, développant des comportements compulsifs et trépidants visant à combler ses désirs dans l’immédiat et à gorger chaque instant d’un maximum d’intensité, il peut aussi tomber dans un « excès d’inexistence », lorsque la société lui retire les supports qui lui permettent d’être un individu au sens plein du terme ». Si la société hypermoderne est telle que la décrit l’auteur, alors l’individu hypermoderne y est en danger, puisque plus la société approchera le stade ultime de l’hypermodernité, plus la figure de l’individu s’effacera et ce dernier cessera d’exister - ou du moins de vivre puisqu’il n’existera que comme tableau de valeurs. "L'individu hypermoderne" n'est qu'une partie du titre. Après la lecture de l'ouvrage, on aurait volontiers embelli le titre : "L'individu hypermoderne : un individu en danger".


Sous la direction de Nicole Aubert, L’individu hypermoderne, 456 p., 18,00€, Editions érès.


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Il faut penser pour vivre et non pas vivre pour dépenser.

















"Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite" Charles Péguy

mardi 18 juillet 2017

L&P #17 : Patrons en France


« De toute façon, les patrons sont tous des salauds », concluait une étudiante en 2006, à la suite d’un débat télévisé. L’étudiante n’est d’ailleurs pas la seule à le penser : aujourd’hui, en France, être chef d’entreprise est mal perçu. L’éthique protestante, selon Weber, est bien plus favorable au capitalisme que la tradition catholique : c’est donc dans ses propres moeurs que la France doit trouver les causes d’un tel mépris - du moins d’une méfiance - à l’égard du capitalisme et de son héraut : l’entrepreneur. A ce propos, il convient de s’entendre sur le terme générique de « patron » employé dans le titre de l’imposant ouvrage dirigé par Michel Offerlé sur les Patrons en France. Patron vient du latin patronus, issu de « pater », et qui signifie donc le protecteur. Dès lors, dans une organisation telle qu’une entreprise, le patron est celui qui détient le pouvoir hiérarchique soit en raison de l’organigramme : il est alors chef d’entreprise ; soit en tant que mandataire social : il est alors président-directeur général ou gérant. Dans les deux cas, le patron, c’est « quelqu’un qui est garant des fonds qu’on lui a confiés et dont le métier est de les faire fructifier », comme le définit bien un des chefs d’entreprise interviewés.

Patrons en France, c’est le recueil de trente-six entretiens portant sur des thèmes très différents et réalisés avec des personnes dont la position hiérarchique et le statut social varient beaucoup. Panorama fidèle de tous les types de patrons qui peuvent exister en France et de tous les types de parcours qu’ont chacun d’entre eux, l’ouvrage est saisissant d’authenticité et les réponses aux interviews, bien que parfois maladroites, nous rapprochent sensiblement de ces personnes que nous connaissons mal et que nous avons trop vite tendance à décrier. Ce nouveau visage du patron est celui d’un humain, conscient de son devoir et preneur de risques, qui répète que « ce qui fait le patron, c’est l’insatisfaction », que « si on aime l’argent, on ne réussira jamais ! » ou encore que « créer quelque chose, créer une entreprise, c’est déjà lutter contre la peur ». Le patron, c’est d’ailleurs aussi celui qui se méfie des hommes politiques parce qu’il estime qu’ils « n’ont pas l’ombre d’une idée de savoir comment un société conduit sa stratégie ». Finalement, le patron français d’aujourd’hui semble s’inspirer, d’une part, de l’entrepreneur schumpéterien, ce héros audacieux et génial qui est toujours à l’origine de la dynamique d’une économie et, d’autre part, de l’homme d’affaire riche et insolent, côté odieux qui fait partie des principales raisons de la critique populaire dont souffrent les chefs d’entreprise aujourd’hui.

Cette gigantesque expérience sociologique révèle en fait un paradoxe fondamental qui se trouve au coeur des tensions sociales qui s’exercent aujourd’hui : les Français aiment profiter de la production que dirige un patron mais n’aiment pas le voir rémunéré. En réalité, ce n’est pas tant le salaire ou le fait d’être parfois exploités qui révoltent le plus ceux qui obéissent au patron, mais c’est cette bien-pensance et cette aisance qui font dire à l’un d’entre eux : « l’idée, c’est pas d’être millionnaire, c’est de se faire plaisir et de faire tourner une boîte et qu’on s’en tire et qu’on vive agréablement ». Ce qu’on reproche au patron, ce n’est pas l’argent qu’il gagne - qu’il a d’ailleurs sans doute mérité -, c’est son rapport à l’argent ; ce n’est pas son manque d’humanité - ils en ont même de plus en plus -, c’est son manque de valeurs. Le chemin de l’entreprise est pavé de bonnes intentions. Patrons, « méfiez-vous des bonnes intentions » - disait La Bruyère.


Sous la direction de Michel Offerlé, Patrons en France, 664 p., 25,00€, La Découverte.


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mardi 11 juillet 2017

L&P #16 : Ce que penser veut dire


« Qu'importe ce que je fais ! Demandez-moi ce que je pense. », écrivait Jules Renard dans son Journal du 12 avril 1890. Et c’est ce même Jules Renard qui écrivait quelques années plus tard : « Penser ne suffit pas : il faut penser à quelque chose. » Alain de Benoist serait sans doute d’accord avec la première : le moment de la pensée est l’instant suprême dans la mise en mouvement d’un corps, la renaissance de l’agir humain. Mais il ne serait certainement pas d’accord quant à dire que penser ne suffit pas. « Penser tout court est un travail. C’est le travail de la pensée : penser la nature de l’homme, penser les lois de l’univers, penser l’essence du politique, le sens de la technique, le sens du moment historique, le sens de notre présence au monde ». Voilà ce que penser veut dire.

Pour nous aider à penser, Alain de Benoist nous expose différents auteurs qui ont participé à l’avancée de la pensée au cours des siècles : de Rousseau, le « révolutionnaire conservateur » à Raymond Abellio, « homme du souterrain ». Si l’auteur reprend de grands auteurs classiques tels que Goethe, Heidegger, Arendt ou Baudrillard, il nous en fait aussi découvrir certains, moins connus mais tout aussi pertinents, tels qu’Arthur Koestler, Michel Villey ou Jean Cau. Le chapitre le plus passionnant reste, sans aucun doute, celui sur Marx que l’auteur maitrise à la perfection. Allant à l’encontre de toutes les erreurs et les contre-sens faits sur Marx, Alain de Benoist écrit : « Marx dénonce en fait toutes les approches « essentialistes » de la réalité humaine. S’appuyant sur la philosophie de Hegel, il décrit le capital, non comme une chose, mais comme un rapport social. » C’est ici que réside tout l’intérêt de la pensée de Marx. Il poursuit : « C’est la source de sa critique impitoyable de l’idéologie des droits de l’homme, qui va beaucoup plus loin que celle de bien des auteurs « réactionnaires ». Marx ne se borne pas en effet à montrer le caractère « formel », et donc illusoire, des libertés proclamées par la théorie des droits. Il montre aussi que l’homme dont la Déclaration des droits de 1789 proclame les droits n’est que l’homme séparé de l’anthropologie bourgeoise libérale, et que la valeur individuelle qu’elle défend n’est en dernière analyse que la valeur marchande. L’homme des droits de l’homme s’identifie à l’Homo oeconomicus ». Celui qui aime penser aime nécessairement Marx : la pensée marxiste est une pensée révolutionnaire pas seulement en ce qu’elle contient de révolutionnaire, mais parce qu’elle propose une voie profondément opposée à la doxa, au moment où écrit Marx comme aujourd’hui.

Il convient également de s’arrêter sur le chapitre dédié à Jean-Claude Michéa. L’auteur de Notre ennemi, le capital conquit progressivement les intellectuels français, à commencer par Alain de Benoist qui voit dans Le complexe d’Orphée une réponse originale à la crise politique que connaît la gauche aujourd’hui : « la gauche s’est coupée du peuple parce qu’elle a très tôt adhéré à l’idéologie du progrès, qui contredit à angle droit toutes les valeurs populaires. » Et l’auteur résume ainsi, et de la manière la plus efficace, la thèse principale de Michéa : « Il est en effet tout aussi illusoire de croire qu’on peut être durablement libéral sur le plan politique ou « sociétal » sans finir par le devenir aussi sur le plan économique (comme le croient la majorité des gens de gauche) ou qu’on peut être durablement libéral sur le plan économique sans finir par le devenir aussi sur le plan politique ou « sociétal » (comme le croient la majorité des gens de droite). En d’autres termes, il y a une unité profonde du libéralisme. Le libéralisme forme un tout. » Finalement, une fois parvenu à la fin du livre de Benoist, on comprend que penser, ce n’est pas lire et comprendre tous les auteurs. La pensée ne repose pas sur une somme de connaissances, mais bien plus sur une disposition de l’esprit, une capacité à se défaire d’une conviction profonde pour se nourrir d’un auteur.


Alain de Benoist, Ce que penser veut dire, 384p., 19,90€, Editions du Rocher.


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mercredi 5 juillet 2017

L&P #15 : La nouvelle servitude volontaire



« Sur quel réseau social faut-il être ? Quel outil faut-il savoir manier ? Quelle profession menace de disparaitre ? Quel métier a le vent en poupe ? Quel équipement acheter ? Dois-je prendre un Uber plutôt qu’un taxi ? Acheter chez Amazon ou chez mon libraire ?… ». La société hyperactive qui est la nôtre commande à chaque individu d’agir vite et de réfléchir peu. Pris dans la course folle du progrès, nous perdons de vue l’essentiel. Si, comme le disait Sauvy, « l’homme moderne est un marcheur qui n’atteint jamais l’horizon », c’est parce que l’homme ne regarde pas cet horizon : il se regarde marcher. Il suit, tête baissée, la voie que trace pour lui la science. Déjà en son temps Nietzsche avait compris que : « la seule vraie liberté qu’a l’homme, c’est de choisir ses chaines ». C’est de choisir le chemin qui le mènera le plus lentement à sa perte. C’est ce que critique Philippe Vion-Dury, journaliste spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et de technologies, dans son nouveau livre intitulé : La nouvelle servitude volontaire. L’expression « servitude volontaire » est empruntée à Etienne de La Boétie qui, dans son Discours de la servitude volontaire, affirmait que tout pouvoir ne pouvait dominer durablement sans le consentement d’une partie des gouvernés. L’objet de ce livre est de montrer que nous avons, sans le savoir, consenti à être gouvernés et que nous ajoutons tous les jours un maillon de plus à nos chaînes.


« Renoncer à la maîtrise de nos vies par nous-mêmes, c’est accepter le contrôle de nos existences par des tiers ; contrôle doux, subtil, emprise plus incitative que répressive, dont la force réside dans son apparente inoffensivité. Alors que toutes les pensées vont à « Big Brother vous surveille », c’est davantage un « Big Mother veille sur vous » qui s’annonce ». Voilà la définition de cette « nouvelle servitude volontaire ». L’auteur engage une enquête détaillée où il étudie minutieusement le fonctionnement de cette nouvelle société, d’abord pensée dans la Silicon Valley, et qui repose sur la règle des trois V : volume, variété, vélocité. Cette société est avant tout celle de l’anticipation. « La numérisation d’un nombre croissant de nos activités a accouché d’un monde de signaux, d’une société informationnelle. Nos activités, nos préférences, nos relations sociales, nos achats, nos désirs deviennent des données qu’il est possible et aisé de collecter. Leur croisement permet ensuite de dresser une connaissance complète de notre être - passé, présent et futur - afin de mieux exploiter toutes les opportunités que nous offrons et gérer tous les risques que nous présentons. » Cette capacité à anticiper les choix d’un agent montre à quel point le comportement humain obéit à des lois - et à quel point il est facile de les utiliser contre lui. Dès lors, cette société devient un lieu de manipulation. Cette manipulation se traduit notamment, selon l’auteur, dans le domaine de l’assurance, là où la « main invisible des assureurs » guide et gouverne les individus : « Dans un système assurantiel individualisé, la protection est dynamique puisqu’elle peut varier à tout moment en fonction d’une multitude de facteurs. L’individu n’aura plus droit au confort de la sécurité s’il ne devient pas un partenaire efficace et responsable (…). Au sein de cette société atomique et sécuritaire, l’individu est appelé à être l’entrepreneur de sa vie, à suivre un impératif managérial de gestion de risques ». Il devient alors une machine, un algorithme parmi d’autres.


A la fois conséquence des deux premières caractéristiques de nos sociétés modernes et nouvel aspect de la servitude volontaire, le contrôle intégral qui règne aujourd’hui sur les individus inquiète l’auteur. Il essaie alors de dresser une image de l’avenir, de deviner à quoi peut ressembler le monde selon la Silicon Valley. « La société est sommée de se plier aux nouvelles règles de la post-Histoire, aboutissement d’un processus qui s’est déployé indépendamment des volontés humaines. Mystique rationalisatrice, idéologie du progrès, sens de l’histoire, salut par la science, échec du politique, objectivité du technicien : autant d’arguments convoqués pour jeter la société tout entière dans les bras de solutions technologiques qui répareront les dysfonctionnements d’une machine sociétale que personne ne comprend plus. » Puisque la Silicon Valley n’est que le relai du capitalisme libéral, l’auteur précise - à juste titre - que celui qui critique la vallée ou Wall Street critique le libéralisme même : « Ce sont les économistes qui, les premiers, ont résumé les hommes à des particules élémentaires se conformant comme mécaniquement aux ordres de leur intérêt rationnel. Ils ont ainsi enclenché le processus de déshumanisation indispensable à l’abandon du gouvernement des hommes au profit d’une administration des choses ». Le constat est sombre, l’analyse est brillante, la conclusion de l’auteur est sans appel : le libéralisme - c’est-à-dire la servitude volontaire - est un totalitarisme, puisque il repose sur un contrôle intégral qu’il cache derrière son extrême inverse : une liberté totale. « Au lieu d’enseigner à l’individu comment se comporter, il faut agir sur l’environnement, les représentations sociales, les libertés ou les contraintes, afin de pousser l’individu à se comporter de la manière souhaitée. « Conduire les conduites » sans intervenir sur le sujet lui-même ».


Philippe Vion-Dury, La nouvelle servitude volontaire : enquête sur le projet politique de la Silicon Valley, 256 p., 20,00€, FYP éditions, 2016.


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