Après l'émotion, l'action




Après les attentats du 13 novembre, après le débordement d'émotion, de solidarité et d'hommage, l'inutile "pas d'amalgame" et la belle union nationale, nous avons pensé que l'heure était à la réaction. Nous avons cerné trois problèmes et cherché à les résoudre. 
Cet article se décline donc en trois parties :


1/3 Arrêtons avec l'islam intouchable

2/3 Traitons le problème de l'immigration avec courage et sans tabou

3/3 Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Arrêtons avec l'islam intouchable



Les terroristes se sont tous revendiqués comme musulmans. C'est un fait.
Bien sûr, tous les musulmans ne sont pas terroristes. Par contre, tous les terroristes sont musulmans. On aura beau dire que ce sont des faux musulmans, qu'ils salissent leur religion, qu'ils vont brûler en enfer, etc..., il n'empêche que si l'on reprend la définition d'une religion, ils sont effectivement musulmans.
La définition d'une religion comprend la notion d'adhésion. On fait partie d'une religion dans la mesure où l'on adhère à une croyance, à un dogme, et à tout ce qui en découle et en premier lieu, des règles de vie.
Les trois religions monothéistes ont dans leur texte sacré des principes devant guider leur vie. L'islam ne déroge pas à la règle, d'autant plus que la religion musulmane est très stricte et littéraliste et ne laisse donc aucune place pour l'interprétation. Un musulman qui suit les principes et règles énoncés dans le Coran va au paradis.
Penchons-nous désormais sur les principes qu'Allah aurait dictés à Mahomet.

A chaque attentat, des passages du Coran reviennent, diffusant un soi-disant message de paix, qui protégerait donc l'islam de toute accusation de violence intrinsèque. Ainsi la Sourate 5, verset 32 : "Celui qui tue un homme, c'est comme s'il tuait l'humanité. De même celui qui le sauve, c'est comme s'il sauvait tout le genre humain".




Le problème est que le Coran est un texte très ambigu. Il regorge aussi bien de message de paix que d'appels à la destruction des autres religions et des infidèles. Et de fait, le Jihad, guerre sainte, est véritablement un pilier de l'islam. Le salafisme, qui se revendique d'une interprétation très littéraliste du Coran, énonce ainsi le Jihad et la Dawa comme les deux moyens d'établir le règne du Royaume de Dieu sur terre. Or si la Dawa correspond à un prêche pacifique (le fameux dialogue), le Jihad préconise une lutte armée contre les Infidèles (en l'occurrence, nous).

De même, le témoignage de Joseph Fadelle, irakien converti au catholicisme, est édifiant sur la brutalité de l'islam. Ce jeune homme a été victime d'un attentat commis par sa propre famille qui refusait que celui-ci se convertisse. Dans Le Prix à payer, il retrace son effroyable chemin qui l'a mené aujourd'hui en France, où ses nombreuses conférences, dans lesquelles il dénonce la violence de l'islam, le mettent en danger de mort.

On peut également citer Magdi Allam, citoyen italien d'origine égyptienne, converti au catholicisme et baptisé en 2008 par Benoit XVI, qui passera le reste de sa vie sous protection policière en raison de son témoignage. Il a en effet affirmé s'être « affranchi de l'obscurantisme d'une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, la mort violente qui conduit à l'homicide et au suicide » et espère dès lors que son baptême serve d'exemple « à des milliers de musulmans convertis au christianisme obligés de cacher leur nouvelle foi par peur d'être assassinés par les terroristes islamistes alors que des milliers de convertis à l'islam vivent sereinement leur foi ». C'est plus que ce que les islamistes peuvent en supporter.

Lisons également quelques extraits du Coran qui remettent légèrement en cause le message pacifique de l'islam : "Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre" ou encore "Il m'a été ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent qu'il n'y a de dieu que Dieu" aurait dit Mahomet. Le Coran ajoute ensuite : "Et si vous êtes tués dans le sentier d’Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d’Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu’ils amassent", d'où la croyance couramment répandue chez les jihadistes que tuer des infidèles les mènera au paradis. 


Les défenseurs de l'islam (qui sont souvent aussi des détracteurs du christianisme) objecteront que la Bible comporte aussi des passages violents. La différence réside dans l'interprétation qu'en a fait Jésus lorsqu'il est venu sur terre. Ainsi, le Nouveau Testament (qui ne comporte absolument aucun appel à la violence) consiste en une interprétation de l'Ancien Testament. Cessons donc de comparer l'islam et le christianisme. L'une est intrinsèquement pacifique, l'autre intrinsèquement violente.

D'autres préfèrent attendre que l'islam, comme le christianisme, parvienne à maturité. Il est vrai que le christianisme a connu des obstacles majeurs et que son évolution n'est ni linéaire ni totalement pacifique. Les massacres lors des guerres de religion, tout comme l'Inquisition, ont existé.

Y a-t-il donc une différence avec l'islam ?
Oui. Le fait est que le christianisme a toujours eu une autorité terrestre supérieure : le Pape - ce que l'islam n'a pas. Et ce n'est sûrement pas le ridicule Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), créé par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur qui va mettre un terme au terrorisme, aider l'islam à s'adapter au XXIème siècle et à se franciser comme le souhaitait son créateur. Eric Zemmour le rappelle tristement dans Le Suicide français :

"(Sarkozy) a donné à l'islam la protection d'une religion d'Etat, sans aucune contrepartie. (...) Après ce loupé historique, les sujets de querelles s'accumuleront : polémiques autour du port du voile à l'école, débats autour de l'identité française, exigences islamiques à l'hôpital, à l'école, dans l'entreprise, dans les cantines scolaires ou pénitentiaires."

Philippe de Villiers dresse comme son ami Zemmour un constat alarmiste : l'islamisation de la France est en marche. Dans son excellent dernier livre, intitulé Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, il fait preuve d'une extrême lucidité quant aux tabous qui touchent aujourd'hui à l'islam et aux erreurs de Sarkozy :

"On a livré au public un impeccable syllogisme. Certes, l'islam radical existe. Mais l'islam modéré ne demande qu'à le vaincre. Il faut donc encourager l'islam modéré. L'islam radical est plutôt dans les caves. L'islam modéré est plutôt dans les mosquées. Il faut donc sortir des caves et construire des mosquées. En développant ainsi l'islam, on fera reculer le terrorisme, "dont les musulmans sont les premières victimes" .
Aujourd'hui on constate que c'est le plus souvent dans les mosquées, au contact de certaines prêches de feu extrémistes que se forme la nébuleuse des terroristes, ainsi endoctrinés au jour le jour."

Evidemment, ce discours absolument pas "moralement correct" lui attirera des ennuis de la part de toute la "bien-pensance". Il objectera que "la christianophobie est une opinion ; l'islamophobie, un délit". C'est cela le terrorisme intellectuel, décrit par Jean Sévillia dans son ouvrage du même titre. Désormais, la pensée unique tend à devenir totalitaire.



Le problème de l'islam est extrêmement préoccupant. Il est temps que nos dirigeants prennent la question à bras le corps. Regrettons au passage que le débat sur la place de l'islam soit aspiré par la crainte du Front national. Entre la peur de faire le jeu du Front national et celle d'être accusé d'islamophobe par la "bien-pensance" française, le débat sur l'islam est paralysé. Dommage pour un problème devenu aussi capital à long terme à cause de l'immigration.




  Traitons le probleme de l'immigration avec courage et sans tabou




              Comme le dit Pierre Manent: « le politiquement correct est la langue des gens qui tremblent à l'idée de ce qui pourrait arriver s'ils arrêtaient de se mentir ». Les criminels sont parmi nous, nous le savons, mais nous refusons d'y penser. Et dès que nous fermons les yeux, ils ouvrent le feu. Nous sommes responsables de la peur qui nous envahit, parce que nous accueillons ceux qui nous terrorisent et parce que nous permettons et amplifions leur action.
Deux hommes recherchés par la police française dans le cadre des attentats ont été enregistrés en Grèce comme demandeurs d'asile cette année, a annoncé la police grecque samedi. Est-ce vraiment une surprise?




           Aveuglé par une aide humanitaire subite, le mauvais élève français a copié son voisin allemand. Par une générosité excessive et intéressée qu'elle regrettera, le 6 septembre 2015, Angela Merkel a annoncé que l'Allemagne accueillerait 800 000 demandeurs d'asile cette année, quatre fois plus qu'en 2014. Plus raisonnable, le président Hollande en demande 24 000. Les pays font leurs courses sur le marché syrien, mais le panier français est sur le point de craquer. Pourquoi ? Tout simplement parce que la France, à la différence de l'Allemagne, ne sait pas fermer ses frontières et ne peut plus accueillir de migrants. Ce doux rêve des socialistes d'un pays accueillant et ouvert a laissé place au cauchemar d'une réalité qu'ils nient de peur de devoir faire face à une situation qui ne leur conviendrait pas. 


             En 2005, Richard Castéra, inspecteur général de l'administration, se voit confier par le ministre de l'intérieur une mission d'évaluation des « capacités d'accueil de la France et de ses besoins ». En 2006, il rend un rapport d'étapes dans lequel il estime que la France doit accepter le fait que ses capacités d'accueil ne lui permettent pas d'intégrer dans de bonnes conditions les flux migratoires qu'elle admet chaque année. À une période où des masses humaines traversent les continents et franchissent les mers en quête de l'eldorado, l'immigration zéro est une utopie. Cependant, encadrer, réguler et limiter les flux migratoires est possible. Nous essayons de les limiter, mais ne les encadrons toujours pas. Nous ouvrons nos frontières en sachant pertinemment que nous courons le risque de faire entrer des terroristes. Alors, lorsque des attentats comme ceux de vendredi arrivent, nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes, ou du moins à la politique migratoire du gouvernement actuel.

               Pour Abdul Basit Haroun, conseiller du gouvernement libyen, le danger est avéré : l’État islamique dissimule bel et bien des terroristes parmi les migrants. « Ils se tiennent à l’écart des autres et n’ont absolument pas peur à bord des bateaux », a-t-il confié au micro de BBC Radio 5, précisant tenir ses informations directement des passeurs. Quelques semaines plus tôt, Gilles de Kerchove, coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, dressait le même constat : « Nous devons être vigilants. Il est relativement facile de pénétrer dans l’Union européenne quand on se mêle au flux de migrants ». « Il peut y avoir des terroristes qui se cachent parmi les migrants », a admis en début de semaine Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN. « Il est important que l’UE agisse maintenant en ce qui concerne les réseaux criminels, le contrôle des frontières et l’immigration. » Ses craintes n’ont pas tardé à se vérifier. Abdelmajid Touil, un Marocain arrivé en Italie trois mois plus tôt sur une embarcation clandestine, a été interpellé, soupçonné d’être lié à l’attentat du musée du Bardo à Tunis, qui avait fait 21 morts. Le ministre de l’Intérieur Angelino Alfano se félicite, l’opposition est scandalisée : « Incroyable que ce gouvernement, au lieu de nous défendre de ces coupeurs de gorge, ait transformé le pays en une plateforme pour les terroristes », s’indigne Daniela Santanche, de Forza Italia. Bien-sûr, ce n’est pas le seul moyen pour les terroristes d’entrer en France, mais c’est de loin le plus pratique, le plus rapide et le plus sûr.

            Pour lutter contre ce phénomène, la Commission européenne prevoît d'aider les pays d'Europe face à l'arrivée des migrants. L'Italie, la Grèce, la Grande-Bretagne et la France devraient en bénéficier. Selon Christian Estrosi, maire de Nice, la bonne solution serait de stopper les flux de migrants car « nous n'avons pas les moyens de les accueillir et les loger avec la dignité nécessaire ».



        Il ajoute:  « Surtout quand nous ne pouvons pas répondre à des centaines de milliers de Français en termes de chômage et d'emploi. Et, dans ces migrants, on le sait, il y a des terroristes de Daech qui s’infiltrent. L'Europe devrait prendre des mesures de fermeté et d'immigration avec un blocus aérien et maritime. Et elle devrait s'attaquer aux passeurs qui affluent dans la corne de l’Afrique ».

             Stoppons le débat stérile de l'amalgame, du patriotisme excessif ou du racisme omniprésent et retrouvons ce qui concerne tous les Français : la sécurité. La solidarité éphémère et provisoire des Français va laisser sa place à une action réfléchie et, on l'espère, conséquente. Prenons le problème migratoire, non pas comme la chasse gardée d'un Front National dangereux, mais comme l'unique porte de sortie d'une situation que nous devons traiter avec sérieux. Arrêtons de nous faire peur inutilement et, au lieu de sans cesse réagir, cette fois-ci, agissons. Effaçons l'influence intéressée de nos voisins et oublions pour quelques instants notre haine infondée pour Marine Le Pen et son parti. Bien qu'étant particulièrement en avance sur le débat migratoire, il est regrettable que l'immigration soit inévitablement associé à l'image d'un parti fasciste et autoritaire, alors que la question concerne tous les politiques. Il est évident que sur le long terme, ces « réfugiés politiques » acquerront la citoyenneté française. Révisons cette facilité de faire de nos bourreaux des Français lambdas, limitons les flux migratoires que nous ne saurions accueillir. Pour éviter de nouveaux évènements terribles comme ceux de vendredi, il nous faut prendre le mal à sa racine. Si nous hébergeons des terroristes, si nous subissons des attentats, il existe une raison à cela. La France doit revenir là où tout a commencé, là où elle a laissé feu islamiste brûler,  pensant l’avoir éteint.



Réagissons à l'intérieur, comme à l'extérieur


Nous étions prévenu. 

De "Ce que je veux dire aux Français, c'est que nous sommes en guerre" (Manuel Valls) à "Notre politique extérieure doit intégrer le fait que nous sommes en guerre." (Nicolas Sarkozy) en passant par "la France et les Français ne sont plus en sécurité" (Marine Le Pen), la classe politique nous ont tous sans exception rappelé que nous sommes en guerre. Une guerre n'implique-t-elle pas un certain nombre de risques ?
Donc pourquoi sommes-nous surpris d'être attaqué ? Le principe d'une guerre est d'anéantir un adversaire. Nous savions donc pertinemment qu'attaquer l'Etat islamique en Syrie nous faisait courir des risques. Bien entendu, cela n'enlève rien à la barbarie des attentats. 
Après Charlie Hebdo, on a disserté sur l'atteinte à la liberté d'expression, fierté du pays des Lumières et de la démocratie. Après l'Hyper Cacher, on a parlé d'antisémitisme. Cessons de nous voiler la face. 
Les attentats du 13-Novembre nous montrent de manière terrifiante qu'ils ont bel et bien déclaré la guerre à la France. Or la plupart des terroristes étaient pourtant français. Le constat en est d'autant plus terrifiant : nous sommes attaqués par des individus à qui nous avons accordé la nationalité. Celle-ci, qui devrait avoir pour but de les intégrer, de les faire aimer la France, n'a plus d'impact sur eux. Rien ne sert de nier : certains musulmans possédant la nationalité française haïssent la France de toute leur force et travaillent dans l'ombre pour la détruire. Refuser cette réalité ne leur laisse que plus de temps pour se préparer. Il est temps d'agir

Onze attentats auraient été déjoués depuis janvier. Ce nombre nous effraie et nous rend fier en même temps. Nous sommes effrayés parce que, aujourd'hui plus que jamais, le danger terroriste qui plane sur la France est grand. Mais nous sommes aussi fiers de la compétence de nos services de police. 
Néanmoins, l'action intérieure de nos services de renseignement, de notre police, de notre gendarmerie, de notre armée est-elle pour autant suffisante ? 
Les attentats du 13 novembre nous prouvent que non. Interrogeons-nous sur les solutions qu'il conviendrait d'apporter à ce problème. Une interrogation persiste ainsi quant au traitement à réserver aux milliers de "fiches S" (pour sûreté d'Etat) qui sont actuellement en liberté en France. alors que les plus radicaux appellent à tous les emprisonner, un contrôle 24h/24 semble plus envisageable malgré la charge que cela représenterait pour la police. 


Un "Patriot Act" français ?

La multiplication du nombre de terroristes potentiels dans notre pays pose un grave problème de sécurité. L'état d'urgence proclamé par François Hollande, vendredi soir, ne pourra se prolonger éternellement. Il est temps de faire passer notre sécurité devant une infime partie de notre liberté. Ainsi, une loi sécuritaire sur le modèle du Patriot Act, adopté aux Etats-Unis après le 11-Septembre. En effet, ne peut-on pas considérer que le 7-Janvier puis le 13-Novembre sont les 11-Septembre français ?

Evidemment, les détracteurs de cette loi seraient nombreux. Celle-ci impliquerait une réduction de nos libertés, une certaine contrainte. Mais il faut savoir ce que nous voulons. Concrètement, en plus de régler leur sort aux imams salafistes qui prêchent en toute impunité le jihad, cette loi doit avoir plusieurs buts : 

- faciliter l'incarcération des potentiels terroristes (qui sont plusieurs milliers à l'heure actuelle sur notre territoire). Cette partie ne veut néanmoins pas dire qu'il est nécessaire de se doter d'un équivalent français de la prison américaine de Guantanamo, symbole de la toute-puissance des Etats-Unis, soucieux de respecter le droit international qu'ils ont participé à fonder... quand ça leur chante. 

- renforcer les contrôles aux frontières. Le problème de l'immigration, qui a été replacé sur le devant de la scène à cause de la crise des migrants est très préoccupant et je vous propose de retrouver nos solutions dans cet article : Traitons le problème de l'immigration avec courage.

- renforcer la législation pénale sur le terrorisme. Le problème à résoudre est le suivant : les peines pour les membres de cellule terroriste sont trop faibles et donc pas efficaces. Ainsi, Louis Caprioli, ancien responsable de la lutte antiterroriste DCRI affirmait en 2013 que 
"Les principaux suspects sont jugés pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", et condamnés à six, sept ou huit ans de prison. En prenant en compte les remises de peine, ils ressortent généralement deux ou trois ans après le procès, soit quatre ou cinq ans après leur arrestation." 
Ridicule et préoccupant. 

Notons également que ma déchéance de nationalité proposée par François Hollande est plus symbolique que réellement efficace. En effet, quel est l'impact sur les déchus sachant qu'au départ ils aiment si peu la France qu'ils complotent dans l'ombre pour l'attaquer ? Comptons donc sur Christiane Taubira, qui malgré sa volonté de vider les prisons françaises (ce qui dénote tout de même une réelle incompétence, conjuguée à une irresponsabilité choquante), devrait tout de même être forcé de réagir.




Notre réponse extérieure doit être ferme mais juste 

Après les attentats, nombreux sont ceux qui ont appelé à se venger au travers d'une réplique immédiate, sanglante, en intensifiant les frappes contre l'Etat islamique. Cette réaction, compréhensible devant le choc émotionnel vécu par certains, est injuste et irréfléchie


Injuste car une intensification immédiate des frappes se ferait malheureusement à l'aveugle, ce qui aurait la désastreuse conséquence d'augmenter le nombre de "bavures". Ce mot est un euphémisme pour masquer une terrible réalité que l'on sous-estime fortement : les dégâts collatéraux des frappes sont nombreux et de nombreux civils périssent non sous les armes de l'Etat islamique, mais bien sous les bombes occidentales. Ainsi, doit-on sacrifier des vies civiles syriennes dans le but de protéger des vies françaises ? Les Syriens auraient-ils moins de valeur que les Français ? 



Irréfléchie car elle occulte un certain nombre de réalités d'ordre géopolitique. 

Premièrement, nous ne pouvons battre l'Etat islamique sans l'aide de partenaires. Sa destruction passe nécessairement par la formation d'une coalition élargie (par rapport à notre coalition actuelle qui s'essouffle dangereusement). Ainsi, l'alliance d'une part avec la Russie, et d'autre part avec l'Iran est essentielle. Ces deux pays connaissent bien mieux le terrain que les Occidentaux et ont une puissance de feu non-négligeable. (Si vous voulez approfondir cette question du Moyen-Orient, je vous invite à visiter notre article : Le Moyen-Orient, terrain de jeu des grands.) Cette alliance est d'autant plus vitale que l'armée française est actuellement limitée en terme de moyens. Or une guerre coûte extrêmement cher et nos moyens financiers sont limités - même en cas de hausse du budget de la Défense, ce qui est de toute façon compliqué vu l'actuelle morosité financière française (Voir notre analyse du problème de la dette : La dette, notre épée de Damoclès ?)


Deuxièmement, notre intervention en Syrie ne doit pas être dissocié d'une vision de long-terme : que sera l'après-Etat islamique ? Il est primordial d'éviter un deuxième Irak, c'est-à-dire d'éviter que la Syrie se retrouve si affaiblie qu'un conflit de ce type pourrait se reproduire dans cinq ans. Qui osera nier que l'intervention unilatérale américaine en 2003 a favorisé la naissance de l'Etat islamique ? En renversant Saddam Hussein, Georges Bush a déstabilisé le pays, et même la région toute-entière. 

Or l'après-Etat islamique s'annonce particulièrement compliqué. Les crimes commis par Bachar Al-Assad lors de la guerre civile semblent le décrédibiliser. Les rebelles modérés sont en voie de disparition, emportés par la guerre ou radicalisés dans des organisations jihadistes, type Front al-Nosra. Il est donc temps que les puissances impliquées dans la coalition décident d'une solution qui favoriserait l'intérêt des Syriens et non un quelconque intérêt personnel. 


Bien entendu, cela peut sembler utopique tant les intérêts des membres de la coalition divergent. Ainsi, dans son éditorial dans The New York Times, Olivier Roy résume très habilement l'actuel divergence stratégique. 
"Jusqu’à maintenant, aucun autre Etat ne traitait Daesh comme la principale menace stratégique dans le monde aujourd’hui. Au Moyen-Orient, les principaux acteurs ont d’autres adversaires qui leur semblent plus importants." dit-il avant d'énumérer les autres préoccupations des Etats.
Finalement, la France semble bien seule dans la guerre engagée contre l'Etat islamique, alors que les Américains, encore traumatisés par le souvenir de l'Irak, refusent la perspective d'envoyer des troupes au sol. L'alliance avec une Russie elle aussi touchée en plein cœur par les attentats aériens semble être un pas important vers une coalition anti-Etat islamique. Il semblerait que nous nous dirigeons à grand pas vers une coalition France-Etats-Unis-Russie-Iran, qui pourrait tout à fait, dans le cas où elle coopérerait efficacement, anéantir l'Etat islamique rapidement. 

Mettons aussi fin à nos alliances idéologiquement incorrect : l'Arabie saoudite et le Qatar sont nos ennemis. Dans une tribune publiée dans Le Monde d'hier, deux spécialistes du Moyen-Orient, Sophie Bessis, historienne, et Mohamed Harbi, historien du FLN, dénonçait la "cécité volontaire" de l'Occident et appelaient la France à "mettre un terme à ses relations privilégiées avec l'Arabie saoudite et le Qatar, les deux monarchies où l'islam wahhabite est la religion officielle, tant qu'elles n'auront pas coupé tout lien avec leurs épigones jihadistes, tant que leurs lois et leurs pratiques iront à l'encontre d'un minimum décent d'humanité." Même écho dans une tribune du "Plessis", groupe de haut fonctionnaire, qui dans une tribune du Figaro Vox, appelle à "reconsidérer nos relations avec des pays qui jouent un rôle trouble et foulent aux pieds nos valeurs, tels que l'Arabie saoudite." L'exemple d'Ali al-Nimr, le jeune saoudien de confession chiite condamné à mort dont le sort est toujours en suspens, est édifiant et devrait nous interroger : comment une démocratie comme la France (et Dieu sait à quel point nous en sommes fier) peut-elle traiter avec un pays qui n'hésite pas à décapiter ses opposants, même les plus pacifiques ?

Un problème subsiste : les guerres coûtent extrêmement cher et nous sommes économiquement très faibles. Ainsi, on ne peut que saluer l'initiative de notre Président qui s'apprête à demander à l'Union européenne une aide financière, en vertu de l'article 42.7 du traité de Lisbonne pour la première fois de l'histoire. Le 14 novembre, La Tribune s'interrogeait :
"Comment l'Europe peut-elle continuer à donner des leçons à la France sur le respect des critères de Maastricht après les sanglantes attaques terroristes de Paris qui ont fait près de 130 morts? Ce débat, les Français y ont droit. Car ils viennent de payer très chèrement le prix du sang, la France ayant choisi de faire la guerre au terrorisme international au Mali, en Irak et en Syrie notamment. Contrairement à d'autres pays. Mais la guerre a un prix. Pour 2015, le surcoût des opérations extérieures (OPEX) devrait s'élever à 1,2 milliard d'euros et celui des opérations intérieures (OPINT) à 180 millions. Mais ça, c'était avant les attaques du vendredi 13 novembre."
Autant dire que, si un assouplissement de la règle des 3 % de déficit est vital, l'aide européenne l'est tout autant.




En guise de conclusion

               Il est vrai que les attentats de vendredi ont touché tous les Français. Mais au-delà de l’émotion, nous ont-ils fait réfléchir? Il le faut, car si se rassurer entre nous par des formules inévitablement identiques est naturel, mettre fin à notre source de tristesse et d’angoisse est nécessaire. Nous aurons exposé, dans cette réflexion commune sur les évènements tragiques de vendredi, les questions qui s’imposent sur notre façon de penser et d’agir contre le terrorisme meurtrier. 
             Il s’agissait d’abord de briser le mythe de l’amalgame qui s’avère, attentat après attentat, erroné plus que jamais. Comme nous le précisons dans L'islam ne doit pas être intouchable, ce mythe nous ralentie, nous contraint et nous aveugle. Les terroristes sont des musulmans, nous savons contre qui nous battre. Puis, la question, polémique et débattue, de l’immigration devait être éclaircie. Traitons le problème de l’immigration avec courage et sans tabou rappelle que deux migrants que nous avons voulu accueillir se sont révélés être de djihadistes de l’Etat Islamique et ont participé au massacre du Bataclan. Cette nouvelle humiliante nous incite à remettre en cause notre politique migratoire trop naïve et incontrôlable. Des perspectives d’action concluent cette réflexion en proposant des solutions à l’intérieur du pays pour assurer une meilleure sécurité aux Français, ainsi qu’à l’extérieur: là où le vrai problème réside et là où il pourra être résolu. L’émotion des Français doit les pousser à réfléchir. Les prévenir ne suffit pas, comme des enfants, pour prendre conscience de la situation, ils ont besoin de se sentir personnellement concernés. Dommage. Espérons qu’ils retiennent la leçon.




Elie Collin et Augustin Talbourdel

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