De Trump à Reagan en passant par Bastiat

Par Damien Theillier, professeur de philosophie.

Alors que le choix d’une grande partie des républicains américains semble se porter résolument sur le candidat Donald Trump, beaucoup s’interrogent. Est-il un « clown populiste dangereux » comme on l’entend parfois ?
On serait tenté de le rapprocher de Jean-Marie Le Pen, tant pour sa verve anti-système et politiquement incorrecte que pour son accent mis  sur l’immigration. Mais à la différence de Le Pen, Trump n’est pas issu de la classe politique mais du monde des affaires et du show business. C’est peut-être ce dernier point qui le rapproche davantage de Ronald Reagan, ancien acteur à Hollywood. Mais là encore, la comparaison ne tient pas vraiment, d’abord parce que ce dernier a été gouverneur de Californie, mais aussi et surtout parce que ses idées étaient d’une autre pointure que celles de Trump. C’est sur ce point que je voudrais insister en m’intéressant à la formation intellectuelle de Reagan.
Beaucoup de présidents américains ont été de bons acteurs, il suffit de voir Clinton, Bush Jr et Obama. Mais plutôt que d’être un homme politique qui a appris à devenir un bon acteur, Ronald Reagan a d’abord été un acteur médiocre, puis un bon entrepreneur avant de se révéler un excellent homme politique. Il a parcouru le chemin inverse. Or peu de gens connaissent ce chemin qui a conduit Reagan, de démocrate et partisan du New Deal qu’il était au début des années cinquante, au libéral conservateur qu’on connait aujourd’hui.

L'aventure entrepreneuriale avec General Electric
Dans un livre passionnant : The Education of Ronald Reagan, Thomas W. Evans retrace les années (1954-1962) au cours desquelles Reagan a travaillé pour General Electric en tant qu’animateur de son émission de télévision sur CBS, General Electric Theater, et en tant que porte-parole de l'entreprise
L'histoire commence en Californie en 1954. Les dirigeants de General Electric sont réunis à Los Angeles pour mettre au point un programme de formation du personnel. Inspiré de la FEE (Foundation for Economic Education), ce programme est construit autour de textes d'initiation à l'économie de marché.  Les œuvres choisies sont celles de deux Autrichiens, Hayek (La route de la servitude) et Mises, de deux Anglais, Cobden et Bright, et d’un Français, Frédéric Bastiat, (La Loi et L'État).
General Electric veut diffuser le programme à travers une série d'émissions de télévision sur CBS. Ces émissions doivent allier divertissement, publicité pour l'entreprise et formation. Plutôt que de recruter un professeur d’économie, elle recrute un communicateur professionnel, capable de faire passer le message en termes simples et de lire avec intelligence et conviction les textes. Hollywood n'est pas loin, et le secrétaire général du syndicat des artistes, un certain Ronald Reagan, est choisi pour animer le show. Il démontrera aussitôt, et pendant huit années, ses talents de "grand communicateur".
On peut voir ici l'introduction de la saison 5 du show

L'économie en une leçon
En plus de sa présence sur les ondes, le président de GE, Ralph Cordiner, propose à Reagan de parcourir les États-Unis en tant que responsable des relations publiques. Avoir un porte-parole visible dans les différents États permettrait à GE de renforcer sa politique commerciale et de créer une culture commune d'entreprise. Reagan relève le défi et va désormais passer 12 semaines par an à visiter les usines de l'entreprise à travers le pays. Au cours de ces années il visitera 139 usines et parlera à plus de 250.000 employés de GE.
S'appuyant sur sa lecture de Bastiat notamment, il plaide pour la supériorité à la fois morale et économique de la libre entreprise. Il encourage les travailleurs à former des clubs de lecture et recommande tout particulièrement un petit livre d'un journaliste du New York Times, Henry Hazlitt, qui popularise les thèses de Frédéric Bastiat : Economics in One Lesson (voir les extraits en français ici)
D'abord publié en 1946 (traduit et édité en France aux éditions Charles Coquelin, 2006), L'économie en une leçon a été vendu à près d'un million d'exemplaires aux US et a été traduit en huit langues. En s’inspirant explicitement des idées de Bastiat, il entend démontrer que le problème des solutions économiques étatistes est de ne pas se préoccuper de leurs conséquences désastreuses à long terme.  Hazlitt commence son livre en racontant l'histoire de la fenêtre cassée de Bastiat. Il résume l'histoire en une seule leçon: « L'art de l'économie consiste à comprendre non seulement l'immédiat mais aussi les effets à long terme de tout acte ou de toute politique ; il consiste à tracer les conséquences de cette politique non seulement pour un groupe, mais pour tous les groupes » (Henry Hazlitt, L’Économie en une leçon, 1946). Hazlitt applique ensuite habilement la leçon à une grande variété de problèmes économiques : le contrôle des loyers, les lois sur le salaire minimum, les avantages présumés de la guerre, les travaux publics et le déficit budgétaire, l'inflation monétaire, les droits de douane et enfin l'épargne.
La leçon que Reagan enseigne à ses employés, à la suite de Hazlitt et de Bastiat, est qu'il n'est pas de plus grand mythe que celui-ci : les dépenses publiques relancent la croissance et l’emploi. Aucune foi au monde n'est plus tenace ni plus illusoire que la foi dans les dépenses de l'État. De tous les côtés, on les présente comme une panacée capable de guérir nos maux économiques. Ainsi Keynes avait suggéré que les dépenses publiques augmentaient la production en raison d'un multiplicateur : si le gouvernement construit un pont, les travailleurs de ce pont pourront acheter du pain, puis le boulanger pourra acheter des chaussures, etc. L'industrie privée est-elle partiellement somnolente ? On peut y remédier par les grands travaux. Y a-t-il du chômage ? Cela est évidemment dû à « l'insuffisance du pouvoir d'achat ». Et le remède est tout aussi évident : le Gouvernement n'a qu'à engager des dépenses pour suppléer ce « manque à acheter ».
Mais comme le montre Bastiat, l’intervention de l’État a des effets pervers que l’on ne voit pas. Seul le bon économiste est capable de les prévoir. Ainsi dans Travaux publics, Bastiat écrit : « L’État ouvre un chemin, bâtit un palais, redresse une rue, perce un canal; par-là, il donne du travail à certains ouvriers, c’est qu’on voit; mais il prive de travail certains autres, c’est ce qu’on ne voit pas ». C’est une illusion de croire que le gouvernement peut « créer des emplois » car pour chaque emploi public créé il détruit un emploi sur le marché. En effet, les emplois publics sont payés par les impôts. Les emplois publics ne sont pas créés, ils sont perçus. De plus, en supprimant un emploi qui répond aux besoins et aux désirs des consommateurs, on le remplace par un emploi qui sert les objectifs des seuls politiciens. Tout dollar dépensé par l'État doit nécessairement être obtenu par un dollar d'impôt ou de dette.
Si nous envisageons les choses sous cet angle, explique Reagan aux employés de GE, les soi-disant miracles des dépenses de l'État nous apparaissent sous un tout autre jour.  Car les impôts découragent la production et les richesses créées par les dépenses publiques ne peuvent compenser pleinement celles qu'auront empêché de naître les impôts prélevés pour payer ces dépenses.

De General Electric à Barry Goldwater
Cette expérience au sein du monde entrepreneurial et la formation intellectuelle qu'il a pu acquérir a été décisive pour Ronald Reagan et le conduira quelques années plus tard à se présenter aux élections comme gouverneur de l'État de Californie, première étape de sa carrière politique. Devenu très tôt un inconditionnel de Bastiat, dont la pensée continuera à inspirer son action politique, il déclarera en 1975, dans un entretien au magazine Reason, alors qu'il est gouverneur de Californie : « I’m an inveterate reader. Bastiat and von Mises, and Hayek and Hazlitt. I’m one for the classical economists… »
Mais revenons au livre de Thomas W. Evans. Il s'achève avec l'année 1964. Cette année-là, après 8 ans passés à transmettre les enseignements de Bastiat à travers tout le pays, Reagan soutient la campagne présidentielle du candidat républicain conservateur Barry Goldwater. Il prononce le 27 octobre à la télévision un discours resté célèbre : « A Time for Choosing ». Parlant au nom de Goldwater, Reagan y défend la nécessité d’un « small government ». Extrait :
« Soit nous croyons en notre capacité d’auto-gouvernement, soit nous abandonnons la révolution américaine et nous admettons qu’une élite intellectuelle peut, dans une capitale lointaine, planifier notre vie pour nous mieux que nous-mêmes. (…) Les Pères Fondateurs savaient qu’un gouvernement ne peut pas contrôler l’économie sans contrôler les gens. Et ils savaient que lorsqu’un gouvernement se propose de faire cela, il doit user de la force et de la coercition pour arriver à ses fins. Donc nous sommes arrivés au temps du choix. »
L’engouement des américains est tel qu’il se traduit par le versement d’1 million de dollars pour la campagne de Goldwater. Remarqué par des membres influents du parti républicain, Reagan se laisse convaincre d’entrer en politique. On connait la suite : il est élu comme gouverneur de Californie en 1966 et finalement à la présidence en 1980, remportant une victoire écrasante dans 49 Etats.

L’élection de 1980 : le défi d'une Amérique en crise
Reagan, en arrivant au pouvoir hérite de cinquante années de croissance ininterrompue du pouvoir étatique sous l’emprise de l’ingénierie sociale. En effet, l’extension de la sphère d’activité du gouvernement fédéral, inaugurée en 1933 par l’élection de Roosevelt à la Présidence des États-Unis, s’est poursuivie jusqu’à Jimmy Carter, en passant par John Kennedy et Lyndon Johnson. Du « New Deal » à la « Great Society », le modèle dominant chez les intellectuels, dans les médias et jusque dans la Cour suprême est keynésien. Il faut ajouter à ce tableau la contestation des valeurs morales traditionnelles sur les campus et le désastre de la guerre du Vietnam. Bref, au moment où Reagan accède à la présidence, la société américaine est en proie à une profonde crise d’identité.
En annonçant sa candidature, il avait prévenu : « nous allons défendre les principes de l’autodiscipline, de la morale et surtout de la liberté responsable de chaque individu ». Le 20 janvier 1981, Ronald Reagan est investi comme quarantième président des Etats-Unis, après avoir été gouverneur de la Californie entre 1966 et 1974. Écoutons un extrait de son discours d’investiture à la présidence des États-Unis. Il commence par cette phrase célèbre : « In this present crisis, government is not the solution to our problem; government is the problem ».
« Dans cette crise actuelle, l’État n’est pas la solution à notre problème ; l’État est le problème. De temps en temps nous avons été tentés de croire que la société est devenue trop complexe pour être contrôlée par la discipline de chacun, que le gouvernement par une élite était supérieur au gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Eh bien, si personne parmi nous n’est capable de se gouverner lui-même, alors qui parmi nous a la capacité d’en gouverner un autre ? »
Seize jours après avoir pris ses fonctions, le 5 février 1981, il fait le point sur l’état de l’économie dans son « Adresse au pays » et propose ses premières réformes. Le texte est un peu long mais il mérite d’être cité tant il rappelle la situation de la France aujourd’hui :
« Bonsoir,
J’ai demandé ce temps de parole, ce soir, pour vous offrir un compte-rendu de l’état de l’économie de notre pays. Voici quelques jours, on m’a présenté un rapport que j’avais demandé aux fins de disposer d’un bilan complet de notre situation économique. Vous n’aimerez pas ce rapport, je ne l’ai pas aimé non plus, mais nous devons regarder la vérité en face, et nous remettre au travail pour améliorer les choses. Et que ce soit clair, nous pouvons tout remettre en ordre.
Je ne vais pas vous noyer sous la masse des statistiques, des chiffres et du jargon économique qu’on trouve dans le rapport, mais essayer de vous expliquer où nous en sommes, comment nous en sommes arrivés là et comment nous pouvons nous rétablir.
En préliminaire, cependant, je vais vous donner quelques « points saillants » du rapport. Le budget fédéral est hors de contrôle, et nous faisons face à un déficit croissant, 80 milliards de dollars pour l’exercice budgétaire qui s’achève le 1er octobre de cette année. Le déficit est plus élevé financièrement que le budget fédéral tout entier ne l’était en 1957. Tout comme les 80 milliards de dollars que nous payons en intérêt sur la dette nationale chaque année.
Voici vingt ans, en 1960, le registre des salaires de notre gouvernement représentait moins de 13 milliards de dollars. Aujourd’hui, la somme s’élève à 75 milliards de dollars. Au cours de ces vingt années, notre population ne s’est accrue que de 26,3%. Le budget fédéral, lui, a augmenté de 529%.
(…) En 1960, les taux d’intérêt pour les prêts d’accession au logement s’élevaient à 6%. Ils sont deux fois et demi plus élevés aujourd’hui, et atteignent 15,4%. Le pourcentage de notre revenu global que le gouvernement fédéral prélevait en taxes et impôts en 1960 a, depuis, doublé. Et enfin, 7 millions d’Américains sont prisonniers de cette indignité humaine et de cette tragédie personnelle qu’est le chômage.
(…) En 1960, notre dette nationale s’élevait à 291 milliards de dollars. Le Congrès, en 1971, a décidé de plafonner à 400 millions de dollars notre capacité nationale d’emprunt. Aujourd’hui, la dette s’élève à 931 milliards de dollars. Le plafond de notre capacité d’emprunt a été relevé 21 fois au cours des dix dernières années, et je dois demander aujourd’hui un autre relèvement du plafond, car sans cela, notre gouvernement ne pourra plus fonctionner au-delà du mois de février. Et je ne suis là que depuis deux semaines…
(…) Une réponse aux déficits pourrait être d’augmenter les impôts de façon que le gouvernement n’ait pas besoin d’emprunter ou d’imprimer de la monnaie. Mais pendant toutes ces années où le gouvernement n’a cessé de grossir, nous avons atteint, et même dépassé, les limites de ce que notre peuple peut supporter en matière de charge fiscale. (…) Certains disent qu’il faudrait faire glisser la charge fiscale vers les entreprises ; or, les entreprises, ne paient pas d’impôts. Oh ! Ne vous faites pas de fausses idées : bien sûr que les entreprises sont imposées, et elles le sont tellement que les prix qui résultent nous excluent des marchés mondiaux. Mais les entreprises incorporent leurs coûts de fonctionnement, dont les impôts font partie, dans le prix des produits qu’achète le consommateur. Seuls les gens paient les impôts, tous les impôts. Le gouvernement se contente d’utiliser les entreprises d’une façon sournoise pour parvenir à collecter davantage d’impôts.
(…) Au cours des décennies passées, on a parlé de la nécessité de réduire les dépenses gouvernementales aux fins de pouvoir ensuite diminuer le fardeau fiscal. (…) Mais on a toujours dit que les impôts ne pouvaient être diminués tant que les dépenses n’étaient pas réduites. Nous pouvons reprocher à nos enfants de trop dépenser, et ce jusqu’à en avoir une extinction de voix : nous pouvons aussi remédier à la situation en diminuant la quantité d’argent que nous leur donnons. Il est temps de comprendre que nous sommes arrivés à un tournant. Nous sommes face à une calamité économique de proportions incroyables, et le vieux traitement habituel ne peut plus nous sauver. (…) Nous devons accroître la productivité, et cela veut dire remettre les Américains au travail. (…) Nous avons déjà décidé le non-remplacement des employés du gouvernement qui prennent leur retraite ou démissionnent. Nous avons ordonné une coupe dans les dépenses consacrées aux voyages du gouvernement, réduit le nombre de consultants travaillant pour le gouvernement, gelé l’achat d’équipements de bureaux, entre autres (…).
(…) Le 18 février, je présenterai un programme économique détaillé au Congrès, et ce programme donnera chair et consistance aux grandes lignes que je viens de tracer. J’y proposerai des coupes dans les budgets de presque tous les ministères du gouvernement. (…) Dès que les chefs de cabinet prendront la charge de leurs ministères, ils traqueront les gaspillages, les extravagances et les frais généraux inutiles qui, une fois supprimés, pourront permettre les réductions ultérieures. Tout en faisant cela, nous devons avancer dans la direction d’une baisse générale des impôts. Je demanderai une réduction de 10% de tous les impôts sur le revenu pour les trois prochaines années. Des propositions seront soumises visant à simplifier les formalités administratives des entreprises, et pour leur permettre aussi de disposer du capital pour créer des emplois.
(…) Nos coupes dans les dépenses ne se feront pas au détriment des vrais nécessiteux. Nous chercherons, cela dit, à éliminer les avantages sociaux accordés à ceux qui ne sont pas vraiment dans le besoin. Comme je l’ai dit plus haut : le 18 février, je présenterai de façon détaillée cet ensemble économique de coupes budgétaires et de réformes fiscales à une session jointe du Congrès, ainsi qu’à vous. Notre système est fondamentalement bon. Nous pouvons, avec compassion, continuer à assumer nos responsabilités envers ceux qui, sans que ce soit leur faute, ont des difficultés et ont besoin de notre aide. Nous pouvons pleinement assumer les autres responsabilités légitimes du gouvernement. Nous ne pouvons continuer plus longtemps le gaspillage qui se fait aux dépens de ceux qui travaillent et de nos enfants. »
(Source : Les écrits personnels de Ronald Reagan, traduction Guy Millière, Editions du Rocher)

Conclusion
La « révolution Reagan » n’a pas été le fruit d’un miracle ou d’un hasard, elle a été inspirée notamment par un économiste et écrivain français du XIXe siècle, Frédéric Bastiat. Cette idée, qu’il faut démystifier l’État et réhabiliter la responsabilité individuelle, Reagan la tient directement de lui. Toute la pensée économique et politique de Reagan s’inscrit dans l’héritage intellectuel de Bastiat. Dans La Loi, le célèbre ouvrage de l’économiste français (1850), on peut lire : « Jetez les yeux sur le globe. Quels sont les peuples les plus heureux, les plus moraux, les plus paisibles? Ceux où la Loi intervient le moins dans l’activité privée; où le gouvernement se fait le moins sentir; où l’individualité a le plus de ressort et l’opinion publique le plus d’influence; où les rouages administratifs sont les moins nombreux et les moins compliqués; les impôts les moins lourds et les moins inégaux; les mécontentements populaires les moins excités et les moins justifiables; où la responsabilité des individus et des classes est la plus agissante ». Et Bastiat d’ajouter : « Il faut le dire: il y a trop de grands hommes dans le monde; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s’occuper d’elle. »
À la Maison Blanche, les discours de Reagan seront souvent faits par d’autres, mais dans ses conférences de presse et en direct, les thèmes et les textes de Bastiat apparaîtront toujours, en particulier : le caractère spoliateur de l’impôt sans contrepartie ou le caractère bienfaisant de la propriété privée. Reagan a-t-il été toujours fidèle à Bastiat ? Non, bien sûr. La dette nationale américaine a beaucoup augmentée sous son double mandat, en grande partie du fait de l’ampleur des investissements dans le secteur de la défense. En dépit de cela Reagan a réduit les dépenses intérieures, il a privatisé un certain nombre de services publics et a réduit fortement le fardeau fiscal pesant sur des pans entiers de l’économie américaine, faisant baisser le chômage et générant une croissance durable. Et, chose remarquable, il a accompli cela malgré le contrôle de la Chambre par les Démocrates et, pour une partie, du Sénat.

À lire :
Frédéric Bastiat, La Loi
Frédéric Bastiat, L’État
La Loi résumée en 5 thèses, par Damien Theillier
Extraits de L’économie en une leçon de Henry Hazlitt (le texte intégral ici)


Voir aussi l'interview de Damien Theillier  pour Le Prisme suite à cet article.

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